Problemos réalisé par Eric Judor [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Jeanne et Victor sont deux jeunes Parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu…la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée…à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ?”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Une fois n’est pas coutume, c’est Éric sans Ramzy que l’on retrouve dans ce nouveau long-métrage. Les deux comparses font chambre à part de temps à autre et ce n’est pas plus mal. Mis à part l’exception La Tour Montparnasse Infernale, jolie parodie du film d’action Die Hard (John McTiernan, 1988), les films réalisés et/ou scénarisés par le duo comique n’étaient pas de franches réussites. Tantôt drôles, tantôt grotesques, de simples films à sketchs aux scénarios dénués de fond ou aux messages bien cachés derrière l’aspect comique des situations. Chacun des deux comiques dispose de son exception. D’un côté Hibou pour Ramzy Bedia, de l’autre Platane pour Éric Judor. Un film, une série, deux projets où ils ne partageaient pas la tête d’affiche. De cette même manière, Problemos vient embellir la filmographie d’Éric Judor. Rarement ses derniers temps, une comédie où se mêlent situations burlesques et absurdes, n’aura été aussi intelligente et sensée. Une comédie “délicieusement débile”. Rares sont les fois où, un journaliste de chez Télérama n’aura été aussi proche de la vérité, mais il a ici, visé juste. Problemos est, à l’inverse du film La Tour de Contrôle Infernale, une comédie où les personnages sont débiles, mais ne sont pas utilisés ou prit pour tels. Problemos, dispose d’un véritable scénario. D’un scénario malin et intelligent, qui va utiliser d’une base scénaristique sérieuse pour peindre une satire jubilatoire.

Vous contemplez l’avenir de l’humanité…ou presque

Partir d’une ZAD et de la confrontation entre deux cultures (membres de la ZAD et la jeune famille parisienne), pour aboutir sur une comédie satirique apocalyptique aussi hilarante qu’intelligente. Voilà ce que propose Problemos réalisé par Éric Judor. Un contenu finalement simple, mais en aucun cas simpliste. Brillamment écrit par Blanche Gardin et Noé Debré, le long-métrage pose un regard bienveillant et jamais méprisant envers chacun de ses personnages. Et ce, qu’ils soient Parisiens ou membres de la ZAD. Chaque personnage va apporter au scénario et à l’histoire de ce film, sa patte humoristique. Plus ou moins intelligents, ils vont tous et toutes contribuer à l’avancement progressif de l’histoire. C’est le fondement même de la communauté d’une ZAD, que l’on retrouve au travers du scénario, et plus globalement : du film. Un scénario qui ne se moque pas, même s’il exagère certains stéréotypes (situations, caractères et dialogues) afin de faire rire. Une comédie sociale avec du fond, mais une comédie avant tout. Éric Judor, même si metteur en scène, n’est pas excessivement au centre du cadre. Il l’est au démarrage de l’histoire afin que le spectateur puisse s’identifier à lui et ait un point d’ancrage pour s’immerger au mieux et au plus rapidement dans l’histoire. Mais va rapidement s’estomper pour laisser place aux autres, à la communauté à laquelle il va se mêlée avec sa famille. Même si factuelle et sans grande surprise, Problemos est joliment réalisé et bénéficie de décors agréables à regarder. Un plus indéniable.

Naturaliste dans son esthétique, factuel dans sa réalisation et son montage, Problemos est indéniablement une comédie de qualité grâce à son scénario et à son casting. Remarquablement écrit, avec son lot de rebondissements bien placés afin de relancer l’histoire et de vannes au cordeau et remarquablement déclamées, avec le ton et la rythmique parfaite. Un casting aux acteurs complémentaires, dont la qualité d’interprétation (des acteurs investis) fait plaisir à voir.

[usr 3,5]


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