Piper (Critique Short Film Pixar | 2016) réalisé par Alan Barillaro

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Synopsis : “Un petit oisillon affamé s’aventure hors du nid pour la première fois. Le problème, c’est que la nourriture est enfouie sous le sable, là où les effrayantes vagues viennent balayer le rivage…”

Critique du long-métrage qu’accompagne ce Piper : Le Monde de Dory

La société américaine de production de films d’animation, Pixar Animation Studios est connue pour ces nombreux longs-métrages, souvent encensés par la critique et les spectateurs comme : “le meilleur du cinéma d’animation”. Là-Haut, Toy Story, Ratatouille, Les Indestructibles… leurs “chefs-d’œuvre” sont nombreux et contrairement aux productions Disney qui pendant un moment ont stagné qualitativement parlant, Pixar a toujours été à son sommet. Malgré quelques baisses de régimes et quelques ratés comme un certain Cars 2 pour ne citer que lui. Ça arrive, même aux meilleurs. Pixar Animation Studio c’est aujourd’hui dix-sept longs-métrages, mais c’est avant tout une histoire qui a débuté par un tout autre format qui est celui du court-métrage. Tout a débuté en 1984 avec la sortie de The Adventures of André & Wally B. réalisé par Alvy Ray Smith. Même si très anecdotique, c’est ce court-métrage d’animation qui lança la carrière du studio américain, avant que ne sorte en 1986 un certain Luxo Jr. réalisé par John Lasseter. Tout le monde connaît aujourd’hui l’histoire de la petite et de la grande lampe de bureau qui jouent avec une balle. Encore une fois anecdotique sur le papier, mais celui qui deviendra l’emblème du studio, en deviendra également une marque de fabrique. Celle d’un studio qui va au travers de ses différentes productions, chercher à donner vie à ce qui ne l’est pas forcément. Reléguer l’être humain au second plan et mettre en avant des objets ou des animaux.

Avec Pixar, le court-métrage a été pendant quelques années, le moyen parfait pour offrir aux spectateurs de nouvelles et courtes aventures avec leurs personnages favoris. La Nouvelle Voiture de Bob, Baby-Sitting Jack-Jack, Burn-E… jusqu’à ce que le studio, bien aidé par la firme Disney décide de faire de plus en plus de suites sous la forme de longs-métrages. Tout n’est pas mort pour autant et il faut bien dire que même si leurs longs métrages sont de qualité, les courts-métrages sont souvent, voire majoritairement lorsque l’on parle des créations originales, supérieurs. Lava, qui précédait la diffusion du film Vice Versa n’était pas un court-métrage parfait. Un court-métrage musical, beau et touchant grâce à sa jolie histoire d’amour contée à l’aide d’un ukulélé, mais aux personnages peu attachants. Pour la sortie du film Le Monde de Dory, Pixar revient aux fondamentaux et à ce qui a toujours fait la force du studio : la création d’une émotion par l’humour. Piper conte l’histoire d’un jeune oisillon affamé et qui va devoir aller au-delà de ses peurs afin de pouvoir obtenir de la nourriture.

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Simple en surface, en l’espace de six minutes, ce court-métrage laisse place à un scénario magnifique, porté par une tendresse folle envers son protagoniste afin de laisser place petit à petit à une jolie morale visant aussi bien les tout petits que les plus grands. Cherchant avant tout à faire sourire dans le but d’attendrir et de toucher le spectateur, Alan Barillaro (Directeur de l’animation chez Pixar pour des longs-métrages comme films Rebelle, Wall-E, Les Indestructibles…) réalisateur de ce court-métrage, va user de différentes techniques utilisées dans un registre bien spécifique : celui du cinéma comique muet. Les personnages ne parlent pas, c’est donc la mise en scène et les actions qu’ils vont réalisées qui vont devoir créer l’émotion. Plonger le spectateur à hauteur du protagoniste et développer ce point de vue unique et atypique. Grâce à un scénario rondement bien écrit, le spectateur discerne dès les premières secondes l’enjeu principal du film. De cette manière, il reste plus de cinq minutes au film pour provoquer les émotions et déboucher sur une morale. Morale qui n’est pas moralisatrice, ce qui a toujours été le cas et la force des productions Pixar, mais se contente de faire passer un message rempli d’espoir et encore une fois de tendresse. Une fin qui prône le dépassement de soi, une fin qui fait écho directement avec un certain : Le Monde de Nemo. Ainsi que celui qui n’est autre que sa suite directe, à savoir Le Monde de Dory.

Une fois l’étape du scénario dépassé, il reste l’étape du travail visuel. Faire un court-métrage demande du travail, beaucoup de travail puisque les étapes créatives sont les mêmes que pour un long-métrage, mais ça prend tout de même moins de temps. Ce qui permet aux équipes en charge de la création des courts-métrages de peaufiner leurs travaux et d’offrir ce qu’on pourrait appeler des démos techniques. Depuis quelques années, Pixar cherche à émerveiller et se servent de la technologie pour le faire. Leur style visuel a évolué, se rapprochant du photo réalisme d’année en année. Avec Piper, le bon en avant est une nouvelle fois colossal. Un rendu de l’eau stupéfiant avec un niveau de détails rarement, voire jamais atteint au cinéma. L’écume, les grains de sable, les algues, les aspérités présentes sur le sable mouillé, la densité du sable mouillé et sec, le plumage des oiseaux et oisillons… Les textures sont d’une finesse, d’une précision absolument remarquable. C’est tellement beau, tellement fin que l’on en vient à se demander si l’on ne fait pas face à une incrustation de personnages dans un décor naturel. Un travail sur les textures, qui n’est pas fait en laissant pour compte le travail sur la direction artistique.


En Conclusion :

Piper est un court-métrage d’animation qui met une claque monumentale. Doté d’un scénario malin et rondement bien écrit, permettant un attachement immédiat envers le personnage principal afin de laisser place à une jolie palette émotionnelle, il est aussi drôle que touchant. Il va vous faire sourire, vous faire rire, vous émouvoir et vous en mettre plein la vue grâce à un rendu graphique absolument magistral. Tant par un travail sur les textures et sur la physique des divers objets qui ornent l’environnement, que par le travail opéré sur la direction artistique. Un court-métrage d’une beauté magnifique dans son message comme dans son visuel. Une nouvelle perle signée Pixar qui met un gros coup derrière la tête du poisson-chirurgien bleu.

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