Pépite n°1 : “A desert road, from Vegas to Nowhere…”

Suricate-Chronique-1


 

Vicente Villamón (https://www.flickr.com/photos/villamon/)
Vicente Villamón (https://www.flickr.com/photos/villamon/)

Quand ces premières notes résonnent à la radio, on ne peut s’en empêcher de penser à un café isolé, perdu en plein désert où une machine à café semble poser quelques soucis.

Un café dans lequel vit une population bigarrée et particulière. Un café comme zone de refuge pour les âmes esseulées. Un café où la rencontre avec l’autre est finalement le seul moyen de sortie.

Quand en 1987, Percy Adlon réalise Out of Rosenheim, littéralement loin de Rosenheim, il ne se doute pas que ce film porté par les compositions de Marianne Sägerbrecht, CCH Pounder et Jack Palance deviendra le succès planétaire dont les notes de musique hantent encore les esprits.

En 1988, Marianne est une actrice allemande dont la renommée n’a pas dépassé ses frontières.

CCH Pounder a une carrière qui se résume à des films de seconde zone, si on excepte une apparition dans L’honneur des Prizzi (avec Jack Nicholson et Kathleen Turner, mis en scène par John Huston).

Quant à Jack Palance, il n’a plus tourné depuis 1982…


Et la magie opéra…

Affiche Bagdad CaféSorti en 1987 en Allemagne, le film rencontre un joli succès mais c’est lors de sa présentation en France (distribué par Mk2) et aux USA que le déclic magique se produit : enchantant tous les publics partout où il est proposé.

« Magique » tel est le mot qui règne à l’intérieur de ce Bagdad Cafe : la musique entêtante de Bob Teslon interprétée par Jevetta Steele, la lumière qui joue sur le spectateur pour le bercer et l’entraîner dans un monde de marginaux finalement prêts à ouvrir leur porte et leur cœur. Et magique comme cette boîte de tours de prestidigitation que possède Jasmine dans sa valise et qui va enchanter le public de routiers qui ne s’arrêtaient plus au Bagdad.

Car c’est bien là l’histoire du film, abandonnée sur le bord de la route par son mari, Jasmin n’a que pour seul bagage : sa valise avec la fameuse boîte et un passeport avec un visa de touriste.

Dans cet hôtel miteux et paumé le long de la route 66 (inutile de vous faire les présentations), c’est une Amérique des « laissés pour compte » que l’on observe. Une Amérique où le fameux rêve est très loin de la réalité : une Amérique où les exclus et les marginaux sont les étrangers, les Noirs et les vieux.

Et pourtant, une Amérique multicolore, multiculturelle où l’espoir va renaître grâce à la magie et à la réparation de la fameuse machine à café. C’est cette machine qui sera le ciment de l’amitié qui va naître au sein du Bagdad Cafe entre Jasmin et Brenda.

Et il est vrai que l’amitié va se construire entre cette Bavaroise perdue et paumée et cette propriétaire d’hôtel râleuse, antipathique et insatisfaite. Et pourtant, la chaleur de Jasmin, le soin apporté aux couleurs de la pellicule (ce jaune désertique et surtout ce parhélie qui sera le lien entre Jasmin et Rudy, le peintre).

Un parhélie ? Un phénomène optique lié au halo solaire consistant en l’apparition de deux répliques de l’image du soleil… même si normalement ce phénomène n’est visible que dans les régions polaires.
Un parhélie ? Un phénomène optique lié au halo solaire consistant en l’apparition de deux répliques de l’image du soleil… même si normalement ce phénomène n’est visible que dans les régions polaires.

Si la chanson phare du film fut pour beaucoup dans son succès, c’est aussi sa longueur (et oui le film ne dure qu’1h44), ainsi que son scénario cheminant lentement vers le bonheur (en ce sens, la représentation de magie par Jasmin et Brenda est le clou de film) qui ont permis aux spectateurs de se sentir comme dans un doux cocon protecteur alors qu’ils étaient dans une salle de cinéma.

Les récompenses pleuvent…

Récompensé par le César du meilleur film étranger en 1989 et par 7 autres prix européens, le film de Percy Adlon passa à côté de l’Oscar de la meilleure chanson (remis cette année-là à Carly Simon pour Let the river run, chanson originale du film Working girl).

Mais avait-il besoin de cela pour que sa renommée devienne mondiale ?

  • 2 354 340 entrées en France.
  • 3,59 millions de dollars au box-office.
  • Une adaptation en série télévisée de 1990 à 1992 avec Whoopi Goldberg en Brenda et Jean Stapleton en Jasmin.
  • Même les Guignols de l’Info en ont fait une parodie !
  • Et enfin, une adaptation en comédie musicale en 2005 où Jevetta Steele repris le rôle de Brenda et pu ainsi reprendre sur scène Calling you.


Et donc...

Encore aujourd’hui, Bagdad Café revêt une saveur particulière pour celles et ceux qui ont eu le plaisir de le découvrir en salles… et pour les autres, il provoque un véritable enchantement poussant à vous mener sur la route 66 dans ce café qui existe réellement et qui s’appelait autrefois le “Sidewinder Café”.

Un film universel, chaleureux, magique qui fait du bien au cœur et à l’âme.
Un film universel, chaleureux, magique qui fait du bien au cœur et à l’âme.

 

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