Patti Cake$ réalisé par Geremy Jasper [Sortie de séance Cinéma]

Synopsis : “Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une Battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Présenté à la quinzaine des réalisateurs à Cannes et acclamé au dernier festival de Sundance,  Patti Cake$  est une œuvre autobiographique. Le réalisateur, Geremy Jasper, raconte son histoire mais au féminin. Patricia Dombrowski (Danielle Macdonald) serveuse dans le quartier pauvre du New Jersey, rêve de devenir une star de Rap, comme son idole O-Z. Et elle souhaite aussi quitter la misère dans laquelle elle vit, croulant sous les dettes avec sa mère, une ancienne chanteuse de rock qui finit ses soirées noyées dans l’alcool et sa grand-mère malade, Nana.

Premier film de son cinéaste, issu du clip et de la publicité, Patti Cake$ déborde d’une énergie folle dans sa mise en scène et d’une envie de cinéma et de musique électrisante. L’ébauche du scénario date de la jeunesse du réalisateur et de ses premiers essais à la musique. La bande originale, écrite et composée par Jasper lui-même, fait partie intégrante du scénario et de la mise en scène. À l’image du récent American Honey (mis en scène par Andrea Arnold), un road-trip bombardé à la playlist rap et Rn’b, primé à Cannes en 2016, Jasper filme ses personnages en caméra à l’épaule dans les rues pauvres et sales du New Jersey. Des cadres très serrés sur leur visage, où le dialogue et le Rap s’assemblent pour créer un rythme, la composition musicale devenant la structure même de la mise en scène. L’écriture du film devient alors le terrain d’expérimentation de textes originaux, improvisés et réécrits sur le tournage par le réalisateur en fonction du jeu de Danielle Macdonald.

Patti Cakes (Danielle Macdonald) rêve pour s’échapper de sa réalité

L’actrice australienne n’ayant jamais rappé auparavant, délivre une performance musicale impressionnante, prenant l’accent du New Jersey dans le jeu et le chant. Elle porte le film à elle seule, véritable portrait féministe à l’image des femmes de la vie du réalisateur. Via des textes poétiques et une bande originale inspirée, vecteurs d’une classe sociale et d’une pop-culture, Patti Cake$ dresse le portrait d’une jeunesse multi-ethnique qui se nourrit des fantasmes de « l’American Dream ». La mise en scène fait le choix de briser la frontière entre ce rêve et leur réalité, offrant des moments de poésie gracieux et oniriques. Le premier film de Geremy Jasper est une œuvre de cinéaste marquée, stylisée, avec une identité prometteuse.

Mais malgré ses nombreuses qualités, on pourrait lui reprocher de frôler parfois l’overdose et la surenchère visuelle. Le film comporte les défauts habituels d’une première œuvre, à savoir, vouloir toujours faire plus et faire mieux, sans y arriver pleinement. Certaines scènes débordent d’effets de style qui se rapprochent plus du clip musical que du cinéma (comme la séquence d’ouverture où l’on découvre le clip du rappeur O-Z). Le parcours initiatique de Patti, aussi touchant soit-il, ne renouvèle pas le genre du récit iniatique. Le scénario reste assez prévisible dans sa structure narrative et dans la simplicité de ses personnages qui échappent de peu à certains clichés larmoyants (la relation mère-fille difficile, le chanteur de rock anarchiste qui se cache derrière une figure anti-christ afin de ne pas entrer dans le moule de la société, etc.).

Mais malgré ces quelques défauts, la qualité de sa composition musicale et le talent de son actrice, font de  Patti Cake$ une agréable surprise dans le paysage actuel du cinéma américain indépendant. Il serait donc dommage de passer à côté d’une telle œuvre.

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