Ôtez-moi d’un doute réalisé par Carine Tardieu [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père.
Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick[maxbutton id=”120″]


Six ans que Carine Tardieu n’avait pas proposé de nouveaux films ou scénarios. C’est dire si son retour est une belle surprise. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, Carine Tardieu est la cinéaste de la famille, du partage et des élans amoureux, amicaux. Sans jamais se départir d’humour, elle réussit à proposer des films bouleversants que l’on pourrait comparer à des bonbons acidulés. Agréables et doux en bouche puis il y a un petit côté piquant qui vient titiller vos papilles pour vous laisser un souvenir. Si Carine Tardieu n’est pas (pour le moment) une cinéaste qui a connu un énorme succès en salles, elle trace pourtant un sillon précis. Elle est celle qui redéfinit le film sur la famille en y apportant plant légèreté et larmes. Elle creuse un sillon, celui du film sociétal plus que social. Au contraire même…

Erwan et Juliette vont au devant d’une surprise qui risque de bouleverser leurs existences…

Pour son nouveau film, elle s’intéresse à la famille : celle qui nous a façonné, celle qui nous a construit et celle que l’on se crée. Au détour de la recherche d’une possible maladie génétique pour le bébé que porte sa fille, Erwan (subtilement interprété par François Damiens) apprend que celui qu’il appelle papa n’est pas son géniteur biologique. S’ensuit pour lui, la quête de celui qui l’aurait abandonné à la naissance. Faisant appel à une détective allumée (Brigitte Rouan hilarante pour seulement deux scènes en tout et pour tout), il le retrouve et c’est là que tout débute… notamment quand par hasard il tombe sur une jolie médecin (Cécile de France écorchée vive) dont les sentiments amoureux sont partagés mais qui se trouve être sa demi-sœur. Comment vont-ils réagir et toi faire face ? Comment vont également réagir les papas (généreux et touchants Guy Marchand et André Wilms).

Nul besoin d’aller plus loin dans l’histoire pour vous faire comprendre que bien plus que cet amour impossible, c’est une véritable réflexion sur la filiation que propose la réalisatrice d’Ôtez-moi d’un doute. Elle pose délicatement la question de savoir ce qui constitue une famille : celle qui élève ou celle qui a donné la vie ? Carine Tardieu réussit à lier ces familles au travers de la recherche du père, des pères. À la fois celui d’Erwan comme celui de l’enfant que porte Juliette (la fille d’Erwan, jouée par Alice en Lencquesaing, enceinte d’un coup de soir ou plutôt de Zorro !). Cette recherche amène à la fois les moments les plus drôles du film notamment par la présence de Didier (qu’Esteban interprète de façon totalement barrée) et également les passages les plus émouvants. Le talent de Carine Tardieu comme lors de ses précédents longs (et surtout dans Du vent dans mes mollets) est de réussir à amener le bel et franc éclat de rire pour mieux vous bouleverser la seconde qui suit et ainsi mieux vous cueillir… sans jamais que cela soit forcé : une indéniable réussite. Même si le film se laisser regarder et s’oubliera très vite, il laisse pourtant une petite musique en tête très agréable en sortant de la salle. C’est beaucoup et cents surtout ce qu’on lui demande !

En résumé, léger, tendre, émouvant aux larmes par moment, drôle dans la lignée du joli Du Vent dans mes mollets, Carine Tardieu propose un film frais porté par la candeur de ses interprètes pour nous offrir le feel-good movie idéal de la rentrée.

[usr 3]



Pour tout savoir de l’actualité du cinéma, il y a le Suricate Cinéphile le mercredi matin sur Radio Campus Lille (106,6 FM) ou www.campuslille.com

Et en écoute en cliquant sur la bannière :

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *