Noces réalisé par Stephan Streker [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir. “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Noces est un film indépendant, une production à quatre pays (Belge, Luxembourgeois, Pakistanais, Français) dont on a entendu que très peu parlée lors de sa sortie. Comment rivaliser face aux grosses pointures en terme de production, face à des Split ou encore John Wick 2 ? Les grosses productions l’emportent toujours, il suffit de voir le peu d’écrans qui proposent Fences réalisé par Denzel Washington (film de niche très lent et long, à la mise en scène théâtrale). Cependant, ses quelques récompenses ont permis au film de Stephen Streker de faire résonner son nom et de lui permettre une visibilité un peu plus forte. Les retours sont dithyrambiques, certains parlent d’un drame puissant lorsqu’ils évoquent ce Noces. Si l’expérience c’est avéré être plus mitigé nous concernant, Noces reste cependant une œuvre à la qualité globale indiscutable. Vu plus d’un mois avant l’écriture de ce court papier, il va être difficile d’entrer dans les détails et d’effectuer une analyse de l’œuvre. Mais il en reste des bribes, des morceaux de séquence, des incarnations et un choc qui nous sont restés en mémoire. C’est en ça que l’on reconnaît si un film est réussi ou non, sans pour autant être un chef-d’œuvre ou un navet inégalable. Si le film est resté partiellement ou complètement en mémoire, c’est qu’il a ce quelque chose qui lui permet de sortir des rangs. Noces a ce petit quelque chose, ces deux petites choses en l’occurrence, que sont : Stephen Streker et Lina El Arabi.

Déjà vu, mais néanmoins haletant, touchant et sensible

Stephen Streker est un réalisateur belge, qui a également officié en tant que scénariste sur ce film. Un Belge de naissance pour mettre en scène une histoire où la culture qui va être mise en avant, développée et utilisée, est la culture pakistanaise. Même s’il ne faut pas généraliser, c’est sur le papier une véritable audace de la part du scénariste que de se risquer à une culture qui n’est vraisemblablement pas la sienne. Sauf qu’il est un scénariste de talent, un professionnel qui connaît son sujet et celui qu’il souhaite utiliser dans son film. La culture pakistanaise est traitée avec respect et ne va à aucun moment être pointé du doigt comme elle l’aurait pu l’être. Au travers du prisme de cette culture, Stephen Streker va s’attaquer à un sujet plus large qui est celui des traditions et plus précisément, des traditions d’antan qui font plus de mal que de bien. Un sujet délicat sur lequel le scénariste nous pousse tous et toutes à nous questionner, sans pour autant le remettre complètement en question. Un scénario prévisible dans les grandes lignes, conventionnel dans sa structure narrative, mais au combien intéressant et habile dans l’écriture de ses personnages et de leurs choix de vie. Ce qui nous amène à la prestation absolument remarquable de l’actrice Lina El Arabi. Elle incarne à la perfection le rôle de cette jeune femme tiraillée entre les traditions et la modernité. Un questionnement sans fin qui se transcrit avant tout par des expressions, une façon de se mouvoir et un regard. Elle nous captive et porte le film sur ses frêles épaules. Un jeu d’actrice sensible, doux et léger au premier abord, mais également brut et difficile vis-à-vis de ce que subit intérieurement le personnage. Une grande actrice en devenir, s’en est certains. Noces, une histoire conventionnelle et sans surprises, mais haletante grâce à un questionnement intéressant sur les traditions et à des acteurs et actrices habités par des personnages hautement caractérisés.

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