Ninja Turtles 2 (Critique | 2016) réalisé par Dave Green

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Synopsis : “Michelangelo, Donatello, Leonardo et Raphael sont de retour pour affronter des méchants toujours plus forts et impressionnants, aux côtés d’April O’Neil, Vern Fenwick et d’un nouveau venu, le justicier masqué hockeyeur Casey Jones. Après son évasion de prison, Shredder associe ses forces à celles d’un savant fou Baxter Stockman et de deux hommes de main aussi bêtes que costauds, Bebop & Rocksteady. Leur objectif : lancer un plan diabolique pour régner sur le monde entier ! Alors que les Ninja Turtles s’apprêtent à défier Shredder et son nouveau gang, ils doivent rapidement faire face à une menace tout aussi grande : le célèbre Krang !”

Souvenez-vous… qu’est-ce qu’on raconte là, c’était il y a seulement deux ans. Et on pense bien savoir que vous ne vous êtes toujours pas remis du film Ninja Turtles. Vingt quatre ans après la sortie du film Les Tortues Ninja, qui lancera par la suite une trilogie, dans un élan de bonté et d’ambitions démesurées, la société Paramount Pictures a décidé de relancer la franchise avec un film en live-action. Dans la veine des films Marvel et des divers blockbusters à l’américaine, les tortues faisaient leur grand retour dans une production explosive financée en partie par Michael Bay et réalisée par Jonathan Liebesman à qui l’on devait déjà des films comme World Invasion : Battle Los Angeles ou encore La Colère des Titans. Malheureusement, comme pour tout bon “Yes Man” qui se respecte, on a ordonné au metteur en scène de faire du Michael Bay et de réaliser un film inspiré par celle qui a rapporté des milliards à la société productrice, à savoir la saga Transformers. Un film grand public, misant énormément sur le spectaculaire et le grand spectacle au détriment du fun et de l’amusement. Michael Bay sait le faire, il a le talent pour faire du divertissement sérieux, mais suffisamment spectaculaire pour divertir malgré un sens aigu du patriotisme. Ce qui n’est pas le cas de Jonathan Liebesman, qui a donc fait de ce Ninja Turtles, un film sans âme qui se cherchait et ne trouvait jamais le ton juste entre humour et grand spectacle. Deux ans après, voici Ninja Turtles 2. Les Tortues Ninja sont toujours quatre, Michael Bay est toujours là en tant que producteur. Au revoir Jonathan Liebesman et bonjour au jeune Dave Green, dont c’est seulement la seconde réalisation. La question qui se pose maintenant est : est-ce que l’insouciance et la jeunesse de ce metteur en scène ont réussi à faire oublier un premier opus raté ?

Difficile de répondre à cette question, tant à l’instar du premier opus, ce Ninja Turtles 2 reprend les codes du divertissement à grand spectacle à l’américaine. Ce qui prime dans ce genre d’œuvres cinématographiques est le grand spectacle. Il faut mettre en avant les explosions, les cabrioles des personnages, et ce, peu importe le scénario et sa possible débilité. Néanmoins, cette suite réussit à faire quelque chose que n’arrivait pas le premier opus à cause d’un scénario borné par la volonté d’introduire les tortues, ainsi que les différents personnages secondaires dans un monde toujours plus sérieux et réaliste. Ce n’est ni plus ni moins, qu’un sens plus prononcé du surréalisme et de la non-prise au sérieux des événements. Les Tortues Ninja est une franchise qui conte aux spectateurs l’histoire de quatre tortues, ainsi que d’un rat, qui suite à l’absorption d’un produit chimique, vont se transformer et devenir de véritables ninjas. Une histoire tout bonnement improbable, qui ne peut être prise au sérieux ou ancrée dans un film à l’ambiance sérieuse, dénuée d’humour et de second degré. Josh Appelbaum et André Nemec, les deux scénaristes du film, l’ont bien saisi et ont choisi de ne plus se prendre au sérieux. Les incohérences sont multiples, les facilités incalculables et les personnages se ridiculisent davantage à chaque nouvelle ligne de dialogue. Allant même jusqu’à se ridiculiser entre eux, donnant lieu à des scènes de jeu improbables, mais drôle entre les tortues et les humains. C’est cette cohérence dans le non-sens et le surréalisme le plus absurde qui va donner à ce Ninja Turtles 2 une atmosphère décomplexée et en faire un divertissement qui s’assume tel quel, toujours plus proche du ton que possédaient les diverses séries animées.

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Ninja Turtles 2 est un divertissement qui s’assume tel qui l’est et assume son surréalisme, allant toujours plus loin dans les blagues foireuses – ce qui va renforcer l’esprit d’équipe existant chez les tortues ninjas – et dans l’improbabilité des situations. C’est surréaliste, décomplexé et par moment très drôle. Cependant, ce n’est pas pour autant une réussite. Dans cette volonté de rendre le spectacle plus fou et décomplexé, les scénaristes en oublient pour autant une chose et pas des moindres, qui est de ne pas aller trop loin au point de ridiculiser les personnages. Acte pouvant littéralement faire sortir le spectateur du film. Les tortues sont majoritairement bien caractérisées, malgré un Michelangelo agaçant, car trop enfantin et un Donatello qui dans sa simple position d’intello du groupe va être sous-exploité et réduit à un simple stéréotype. Le problème provient plus particulièrement des méchants proposés dans cette suite, à savoir deux créatures mutantes que sont Bebop & Rocksteady, ainsi que Shredder qui fait ici son retour.

Avec ces derniers, les scénaristes cherchent à amuser la galerie et à ne surtout pas effrayer les enfants à qui s’adresse le film. Ninja Turtles est un film grand public, un film pour enfants dont l’âge se situe entre 5 et 15 ans. Les blagues et jeux de mots sont enfantins et les personnages sont des idiots. Que ce soit par leurs designs respectifs ou par leurs actes et lignes de dialogues, les méchants ne sont que les représentations d’adultes ayant un esprit d’enfants de moins de 5 ans (et encore c’est méchant pour un enfant de 5 ans qui a un esprit bien plus développé). Ils ne sont pas effrayants, se ridiculisent et même si cette volonté d’aller plus loin dans ce “ridicule”, colle avec l’esprit du film, c’est beaucoup trop. Beaucoup trop idiots, devenant affligeants même pour le spectateur qui cherche purement et simplement à se divertir. Comme disait un grand cinéaste: “Meilleur est le méchant, meilleur est le film”. Ninja Turtles 2 n’a pas le méchant qu’il mériterait et n’est pas le bon film qu’il aurait pu être.

Techniquement parlant, Ninja Turtles 2 s’affiche toujours comme un film à grand spectacle ouvert à un très (trop) large public. La direction artistique est chatoyante et colorée, offrant de belles séquences, un dépaysement garanti lors de certaines séquences bien précises. Elle mise tellement sur la luminosité et la couleur qu’elle en devient rapidement impersonnelle, fade et vide de tout choix artistique, là où un Transformers : Age of Extinction tente des choses. C’est pour vous dire. Pour sa seconde réalisation, Dave Green cherche à créer du dynamisme, à rapprocher les tortues du spectateur. Ce qui passe, à son sens par, des plans rapprochés, très proches des personnages occultant l’arrière-plan et les divers panoramas. Des plans tellement proches qu’avec un montage aussi dynamique que celui-ci, le spectateur ne voit par moment plus rien et l’action perd toute lisibilité. L’on peut dire ce qu’on veut des faiseurs hollywoodiens, mais faire un film d’action spectaculaire et lisible en permanence c’est un art et ce n’est pas aussi simple qu’on aimerait le croire.


En Conclusion :

“Le ridicule ne tue pas, mais rend plus fort.” Dans le cadre de ce Ninja Turtles 2, cet aphorisme est confirmé et prouve qu’un sens du ridicule exacerbé, qu’il soit volontaire ou non, peu enjoliver un film et plus particulièrement un divertissement pour enfant. Il est si ridicule, si assumé tel qu’il est, qu’il en devient par moment drôle et plaisant à voir. Pour une seconde réalisation, il faut dire que Dave Green et son équipe, on réussit à relever le niveau de la saga. Un niveau bien bas à cause d’un premier opus fort mauvais qui se prenait beaucoup trop au sérieux au vu de l’action et du propos surréaliste qu’il exploitait. Même si très inégal, voire mauvais sur certains points, tels que des méchants extrêmement caricaturaux et ridicules, ainsi qu’une réalisation qui compte beaucoup trop sur les plans rapprochés ne laissant pas assez d’air aux spectateurs, ce Ninja Turtles 2 est suffisamment décomplexé dans le ton et les dialogues pour réussir à divertir un tant soit peu. Il en reste un divertissement pour enfant, qui s’assume comme tel et qui plaira à ces derniers. Néanmoins, il n’ira pas au dessus de cela, laissant les plus âgés sur le carreau. Plus qu’à espérer qu’ils apprennent une nouvelle fois de leurs erreurs et dévoilent un troisième opus de qualité !

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