Montréal Dead End coordonné par Rémi Fréchette [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : « Montréal. À l’intersection St-Denis/Maisonneuve, un nid de poule s’est dangereusement agrandi. Depuis, une étrange énergie circule, transformant l’atmosphère et les gens, créant un véritable chaos dans la métropole. Des citoyens deviennent fous, d’autres se transforment physiquement en créature, la nature s’en prend aux humains… »

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Alors que le Fantasia International Film Festival s’apprête à clôturer son édition 2018 par la projection du film Mandy réalisé par Panos Cosmatos avec dans le rôle-titre Nicolas Cage, profitons de ce film un peu spécial afin de dresser notre bilan du festival. Et pour une première, on doit dire que l’on est tombé sous le charme de ce festival montréalais. 20 jours de festival, plus d’une centaine de longs métrages proposés dont majoritairement des premières canadiennes ou mondiales et le tout dans une ambiance des plus conviviales et chaleureuse. De notre côté, ce n’est pas moins qu’une quarantaine de films vus, plusieurs belles interviews de réalisées et un nombre incroyable d’hommes et de femmes talentueux.ses de découvert. Cinéastes, techniciens, spectateurs et organisateurs présents au festival partagent tous et toutes une même passion : le cinéma. Une passion fédératrice et qui rapproche, permettant au festival d’être si agréable et chaleureux. S’il propose majoritairement du cinéma de genre, on se rend rapidement compte que c’est ce même public qui est intéressé par tout un tas de genre cinématographique différent. Un public prêt à voir une romance, un drame, une comédie, un nanar, un film d’action ou encore un bon film d’épouvante terrifiant. Un public de réels cinéphiles qui à l’occasion de rencontres avec les créateurs, posent des questions intéressantes, donnant lieu à de véritables débats sur la création des œuvres. Si vous pensiez que le cinéma de genre se cantonnait à vouloir rire et se faire peur, détrompez-vous, c’est peut-être le cinéma le plus fédérateur et qui compte le pus grand nombre de passionnés et cinéphile à son bord. Puisque l’on parle de passionnés et de cinéma de genre, venons-en à ce qui nous intéresse ici.

« Homme ou Femme derrière la caméra ?  On s’en câlisse pas mal, c’est ici la vision artistique de chacun qui parle.  »

Hugo Belhassen, Audric Cussigh, Tiphaine DeReyer, Eve Dufaud, David Émond-Ferrat, Rémi Fréchette, Émilie Gauthier, Mara Joly, Julie De Lafrenière, Quentin Lecocq, Charles Massicotte, Mickael N’Dour, Jimmy G. Pettigrew, Priscillia Piccoli, Gaëlle Quemener, Loïc Surprenant, Frederick Neegan Trudel et Catherine Villeminot. Montréal Dead End c’est 18 réalisateurs et réalisatrices réuni.e.es afin de donner vie à un seul et même projet. Un projet dont l’ambition est de réaliser un film de genre unique, mais que l’on remarquera avant tout, car il est un magnifique pied de nez à ce que représente le business qu’est devenu le monde du cinéma (distribué en tout cas) aujourd’hui. S’il est épaulé par plusieurs partenaires, Montréal Dead End est un long-métrage réalisé sans budget. Pas de budget fixé ou fourni afin de réaliser chaque segment, mais bel et bien une carte blanche à chaque réalisateur.rice. Une carte blanche aussi bien financière (chaque réalisateur.rice pouvant investir ce qu’il.elle voulait dans son film), que artistique. Ce qui est aujourd’hui un luxe au cinéma. Un luxe offert grâce au fait que le film ne bénéficie d’aucune aide ou subvention. Il aurait pu en être autrement si le projet avait été subventionné. On se retrouve donc face à un Objet Filmique Non Identifié. Un film à sketches, dont aucun segment ne ressemble à un autre grâce à une palette de visions artistiques aussi riche que diversifiée.

Homme ou Femme derrière la caméra ? Première réalisation ou non ? Combien de budgets pour ce segment ou celui-ci ? On s’en câlisse pas mal, c’est ici la vision artistique de chacun (réalisateur.rice.s comme technicien.ne.s qui permettent à la création des films) qui parle. De la comédie potache à la comédie romantique, en passant par la série b assumée à l’épouvante, il y en a véritablement pour tous les goûts au sein de ce Montréal Dead End. Une diversité à l’image de la ville utilisée comme terrain de jeu par les cinéastes. Chaque cinéaste s’est emparé d’un quartier ou d’un lieu de la ville afin d’y raconter son histoire. Histoire représentative du quartier ou du lieu en question. Un régal pour les connaisseurs, québécois et montréalais qui y verront tous les clichés et caractéristiques mêmes des lieux en questions détournés afin de faire rire ou au contraire afin de faire frémir. C’est néanmoins avant tout le rire, l’autodérision et la satire qui prime sur l’épouvante malgré deux courts-métrages (La Suie du Sang réalisé par Mara Joly et le segment ayant pour décor l’île Sainte-Hélène) savamment mis en scène qui nous ont épatés par le travail sur leurs ambiances respectives ambiance. Mixage sonore qui happe l’attention du spectateur, un véritable sens du cadrage, une gestion subtile de l’éclairage (ni trop hollywoodien ni trop naturaliste) et surtout une mise en scène parlante sans être extravagante. On utilise ces termes pour les deux segments qui nous ont impressionnés, mais tous possèdent leurs propres qualités. Des qualités uniques, car à l’image de ce que leurs ont inculqués leurs réalisateur.rice.s et les membres des équipes. Certains sont meilleurs que d’autres. Certains sont volontairement plus légers, plus “simples”, mais c’est avant tout une question de goût, puisque finalement tous complémentaires grâce à cette diversité des genres. Voir des légumes prendre vie et une grand-mère courir au ralenti après un segment où l’horreur était de mise, fait le plus grand bien.

15 sketches, 18 réalisateur.rice.s, plus de 100 techniciens et 60 comédien.ne.s. Montréal Dead End est un projet que nous ne pouvons que supporter et féliciter. Oui, tout n’est pas parfait. Certains effets paraissent cheap, quelques problèmes de mixages sonores, quelques faux raccords d’éclairage, mais il n’en demeure pas moins dans sa forme finale, un long-métrage réalisé sans aucun financement et qui a l’audace de proposer bien plus d’idées artistiques (esthétique, mise en scène…) que des projets qui coûtent des dizaines de millions de dollars. Avec des dizaines de millions de dollars, on vous assure qu’on peut faire des dizaines de millions de films bien meilleurs avec des talents comme il en existe à Montréal. Si Montréal Dead End est un cri d’amour au cinéma de genre, c’est avant tout un cri d’amour au cinéma de la part de jeunes talents qui ici, en représentent tous ceux qui ne demandent qu’une chose : faire des films.


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