Mon Inconnue, l’amour est la plus belle chose qui peut vous arriver

Synopsis : « Du jour au lendemain, Raphaël se retrouve plongé dans un monde où il n’a jamais rencontré Olivia, la femme de sa vie. 
Comment va-t-il s’y prendre pour reconquérir sa femme, devenue une parfaite inconnue ? »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Hugo Gélin nous avait laissé sur notre faim. Son précédent film Demain tout Commence portait à la fois la fraîcheur bienvenue de Comme des Frères mais il tirait trop sur la corde sensible pour totalement emballer. Soyons précis : le duo Omar Sy-Gloria Colston fonctionnait à la perfection mais l’histoire trop tire-larmes décevait souvent… Mon Inconnue était attendue à plus d’un titre : une comédie romantique française avec le hit boy du moment François Civil accompagné de la douce Joséphine Japy enfin au premier plan… ça n’était pas arrivé depuis Respire de Mélanie Laurent en 2014.

Le couple est mignon, touchant, beau mais cela ne suffit pas toujours à créer l’alchimie nécessaire à une comédie romantique digne de son nom. Et surtout en France, ce genre manque parfois de rythme ou d’humour pour pleinement fonctionner. En clair Hugo Gélin se trouve devant des montagnes à franchir : le couple parfait face à la problématique de la comédie romantique à la française pas toujours réussie. Comment allait-il s’en sortir ? Comment réussir à surmonter ces obstacles ? D’une façon assez simple avec cœur et passion ! Le réalisateur réussit ce qui lui manquait dans Demain tout Commence : le juste équilibre entre la véritable comédie,a romance et de vrais beaux moments de poésie, de tendresse et de mélancolie. En clair, et parce qu’il le mérite, Hugo Gélin est un digne héritier des comédies romantiques anglaises, et ce n’est pas faire injure à un genre que j’affectionne particulièrement.

Un dernier mot sur cette réussite avant d’entrer dans les détails pour vous expliquer comment Mon inconnue mérite toute votre attention. Hugo Gélin réussit à allier à la fois la candeur de Joséphine Japy (que l’on retrouver chez Julia Roberts dans Notting Hill) avec le côté délirant de Benjamin Lavherne (qui reproduit la singularité de Rhys Ifans dans le même Notting Hill) et la détermination de François Civil (semblable à celle d’Andrew Lincoln, l’amoureux transi dans Love Actually).

Hugo Gélin incorpore le meilleur de la romance à l’anglaise à son histoire, propose un parcours typiquement français pour réussir l’alchimie parfaite entre le scénario et les acteurs. L’idée de départ rappelle celle d’Un jour sans fin d’Harold Ramis, le réveil dans un monde identique et pourtant différent pour ancrer l’histoire dans une réalité que tout le monde a déjà rêvé ou cauchemardé : et si je ne vivais plus ma vie ?! Pour parfaire le scénario, l’association avec Igor Gotesman provoque les étincelles indispensable. Ce dernier est un alter ego essentiel au romantisme assumé de Gélin. Gotesman injecte la folie et le rythme initié dans son premier long Five, comédie générationnelle dont l’humour parfois s’adressait à une cible précise : les jeunes adultes, mettant de côté les autres spectateurs. Ici, Mon Inconnue parlera à tout le monde.

L’histoire est simple : un matin, Raphaël Ramisse (le réalisateur ne cache pas l’hommage à Harold Ramis justement) se réveille seul dans son lit. Il n’est plus un écrivain célèbre et pire il n’est plus marié à la délicate Olivia, devenue une pianiste internationalement reconnue. Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Pourra-t-il revenir dans sa vie d’avant ? L’objet du film n’est pas tant de savoir si Raphaël retournera dans “sa vie d’avant” mais bien de comprendre ce que l’on peut faire pour rester fidèle à ce que l’on est, sans devenir “un sale con” parce que le succès arrive…

Hugo Gélin joue avec tous les codes de la comédie romantique pour permettre le retour de l’amour. Pourtant l’introduction surprend car il place le héros dans un univers de science-fiction : la clé du film. En effet, Raphaël, écrivain à succès et reconnu dans l’univers de la SF, est soumis aux affres de la création. Heureusement, sa muse est là, Olivia, son épouse essentielle à sa réussite. Hugo Gélin pose alors la question suivante : « qu’arrive-t-il quand on ne croit plus en sa muse ? » Cette interrogation sous-tend le scénario permettant l’ouverture du monde parallèle d’une vie sans la muse aimée. Sur le trajet de Raphaël, le réalisateur place des embûches comme des conquêtes amoureuses en pagaille (Camille Lellouche hilarante et impayable) ou encore un concurrent parfait en tout (Amaury de Crayencour). Il arrive aussi à créer des moments de complicité et de tendresse en la présence d’Edith Scob en grand-mère souffrant d’Alzheimer mais pourtant tellement clairvoyante. Enfin, pour parfaire le côté humoristique et obtenir un rythme de folie, le réalisateur place un sidekick, un wigman, en clair (et pour ne pas trop en faire avec le vocabulaire anglais trop référencé), un partenaire de jeu qui insuffle la drôlerie, le décalage et l’humour avec un naturel confondant. Et Dieu créa Benjamin Lavernhe : merci !

Pour être le plus honnête possible : le duo amoureux fonctionne à la perfection car Joséphine Japy et François Civil forment un couple merveilleux auquel on s’attache, auquel on croit et que l’on a envie de voir se remettre “encore” ensemble. Mais sans la présence de Benjamin Lavernhe, la comédie tomberait dans un romantisme plan-plan qui ne réussirait pas au film et ferait tomber Hugo Gélin dans les travers de Demain tout Commence. La présence de Benjamin Lavernhe en meilleur ami de François Civil ajoute du sel. En interprétant Félix, le meilleur ami qui accepte tout, même cette histoire rocambolesque de réveil dans un univers parallèle, il insuffle la vie, l’humour et la folie nécessaire. Le dîner pour vendre la possible biographie de la grande pianiste est un moment drôlissime, mais que dire encore de la scène de la douche après le ping-pong ou celle de l’appel téléphonique pour vendre la biographie. En clair, il occupe l’image et tous les plans mais permet aux autres d’exister. Il amène la comédie dans des hauteurs insoupçonnées… reste alors à François Civil de suivre et d’avoir du répondant. Et là, la coqueluche française du moment nous régale ! Il joue à la perfection cet écrivain devenu un homme oublié par celle qu’il aime et qui doit tout lui réapprendre pour tenter de la reconquérir.

Si Mon inconnue plaît tant, c’est parce que le côté de l’histoire d’amour qui s’évanouit est expédiée dans les quinze premières minutes du film. Après un démarrage tonitruant, Hugo Gélin réussit à placer la rencontre et l’évolution du couple pour conter un amour qui se délite dès que le succès frappe à la porte de Raphaël. Il oublie alors ses fondamentaux (sa femme Olivia et son meilleur pote Félix). En un quart d’heure, il renouvelle la magie de l’introduction du Pixar, Là-haut, et ce n’est pas une injure que d’émettre cette comparaison. Il faut dire aussi que la musique de Sage permet de planer plus d’une fois dans l’histoire. Ma bande originale devient un quatrième personnage. Aussi bien celle composée par Sage, que les morceaux de musique classique ou encore l’intemporelle François Hardy.

La photographie est belle et lumineuse, les décors et costumes sont habilement choisis. Un véritable travail qu’assume Nina Rives, devenue directrice artistique alors qu’elle était scripte sur les précédents longs d’Hugo Gélin. Enfin, il y a ce scénario magique qui permet de croire en tout. Bien plus que la quête de l’amour perdu, le réalisateur pose les questions de son évolution, des conséquences de l’éloignement, de l’usure dans le couple. Le film porte en lui une folie douce qui fera fondre le plus dur des coeurs de pierre parce que le final surprend. Le réalisateur choisit de déjouer les codes du happy end classique pour proposer des variations habiles afin que son histoire reste dans les mémoires, car le plus important n’est-il pas de se dire que le héros : « t’aimer est la plus belle chose qui me soit arrivée ».

Avec Mon Inconnue, le réalisateur met en pleine lumière un trio excellent : Joséphine Japy adorable et radieuse, François Civil investi et persévérant et enfin Benjamin Lavernhe délirant et indispensable. Mon Inconnue réussit la synthèse entre l’humour à la française et le romantisme à l’anglaise. Bien plus que dans ses deux précédents longs, Hugo Gélin pose son véritable talent de conteur, épaulé par Igor Gotesman et Benjamin Parent. Mon inconnue fait des merveilles de la première à la dernière minute avec une simplicité désarmante qui regonfle le cœur et le remplit de bonheur.


« Bien plus que la quête de l’amour perdu, le réalisateur pose les questions de son évolution, des conséquences de l’éloignement, de l’usure dans le couple. Le film porte en lui une folie douce qui fera fondre le plus dur des cœurs de pierre. »



Commentaires Facebook

1 commentaire sur “Mon Inconnue, l’amour est la plus belle chose qui peut vous arriver

  1. . Le film porte en lui une folie douce qui fera fondre le plus dur des coeurs de pierre parce que le final surprend. Le réalisateur choisit de déjouer les codes du happy

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *