Mon Cinématographe à Cannes E07 – The Neon Demon, Sean Penn et le Palmarès

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La 69e édition du Festival de Cannes est maintenant terminée. Beaucoup de films vus, critiqués, voire hués et acclamés. Beaucoup de bruit pour rien aussi par moment. C’est Cannes. On arrive toujours à se plaindre, mais ça fait parti du jeu. Les cinéastes aiment ça, l’accepte et mine de rien, on l’aime ce festival. Après beaucoup ragent, disent que c’est avant tout des paillettes et du glamour. A ceux là, allez faire un tour au Marché du Film et revenez qu’on en parle. Sur ce.

 


Mon Cinématographe à Cannes : épisode 7 et dernier !

En partenariat avec Mon Cinématographe, cette année nous allons vous proposer les reportages présentés et montés par Antoine Julien que vous allez pouvoir voir à l’écran. Bah dans votre écran. Vous m’avez compris, on s’est compris, tout va bien. Pour cette dernière vidéo, Antoine Julien a décidé de prendre de la hauteur. Mine de rien, il a déniché un joli petit panorama sur Cannes en arrière-plan. La plage, les terrasses, la mer, il en aura vu du pays quand même ce blogueur !

Au programme de ce nouvel et ultime épisode, trois films : The Last Face, nouvelle réalisation de Sean Penn avec dans les rôles principaux Charlize Theron et Javier Bardem; The Neon Demon réalisé par Nicolas Winding Refn avec Elle Fanning; et La Tortue Rouge, film d’animation produit par les studios Ghibli et réalisé par Michael Dudok de Wit. Un beau programme afin de clôturer sur cette 69e édition du Festival de Cannes. Vous retrouverez en fin d’article un petit débrief du palmarès. Un palmarès qui fait beaucoup parler et… il y a de quoi.

Par ailleurs si vous aimez ses reportages, n’hésitez pas à faire un tour sur sa chaîne YouTube où sont présents reportages, mais aussi des interviews de qualité.



Petit aparté avant de parler des films. On en parle du titre de ce dernier reportage cannois signé Mon Cinématographe ou on fait comme si de rien était ?

“Sean peine”

Si vous voulez voir comment vérifier l’état de fatigue d’un journaliste ou blogueur qui couvre le festival dans son intégralité, il faut jauger  son humour. Et là on peut dire que Antoine Julien est très fatigué. Ne comptez pas sur lui jusqu’à la fin du mois de mai, il va lui falloir hiberner…

Bon ce n’est pas le tout, on n’a pas que ça à faire, parlons des films !

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The Last Face | Sean Penn

Sean Penn est avant tout un acteur charismatique. Il est talentueux, mais est loin de toujours faire les bons choix de rôles. La Ligne Rouge, Mystic River, Harvey Milk resteront trois des films qui auront marqué sa carrière. En tant que réalisateur, on retient essentiellement, pour ne pas dire uniquement, le très beau Into the Wild. Film qui était une adaptation, contrairement à sa nouvelle réalisation titrée The Last Face. Scénarisé par Erin Dignam, The Last Face est d’ores et déjà le film qui a reçu la moins bonne moyenne de la critique presse internationale depuis 2003 avec 0.2/4.

C’est très très faible, mais au moins il faut dire que le film réussit à faire ce qui n’arrive jamais à Cannes, à savoir unir tout le monde autour du même avis. C’est tellement rare, qu’on a envie d’en dire que c’est beau et que c’est grâce à ce film. The Last Face raconte l’histoire d’une directrice d’ONG et d’un directeur qui tombe amoureux au cours d’une mission au Libéria. Sur le papier, ce film a déjà tout du film sentimental américain cherchant à développer une histoire d’amour aussi grotesque que prévisible sur fond d’une morale mettant sur un piédestal les ONG.

Un synopsis qui ne promet rien de bon et qui ne donne littéralement pas envie, surtout lorsqu’on sait à quel point Sean Penn est engagé auprès de diverses ONG et organisations pour les pays pauvres. Il faudra laisser une chance au film lors de sa sortie et ne pas juger trop vite. Cependant, les critiques n’aideront en rien la sortie du film qui pourrait se faire en catimini, à l’image de celle du film The Sea of Trees de Gus Van Sant.

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The Neon Demon | Nicolas Winding Refn

Nicolas Winding Refn a été acclamé lors de la présentation cannoise du film Drive. Depuis, il a littéralement divisé les spectateurs du grand public, ainsi que la presse présente à Cannes lors des présentations de ses films. Only God Forgives en 2013 et aujourd’hui The Neon Demon. Ce dernier divise, ce qui n’est en rien une surprise puisqu’on retrouve un film dans la veine de sa précédente réalisation.

L’on adore ou on déteste, mais l’on ne peut qu’être difficilement mitigé sur un film au parti pris aussi audacieux diront certains, vaniteux diront d’autres. Les mauvaises langues. Grand amateur du cinéma de Nicolas Winding Refn, je critique allègrement, sans méchancetés et pour rire, ceux qui critiquent le cinéma que propose Nicolas Winding Refn. Il est facile de comprendre ce que n’aiment pas certains dans ce cinéma. À l’image de l’avis de Antoine Julien sur ce film. Un avis que je ne partage pas du tout, trouvant ce film véritablement magnifique. Un film de genre trouvant au sein du monde de la mode, un moyen unique pour développer un travail autour de la beauté.

Critique acerbe et violente du monde de la mode, mais également de l’œil humain sur cette beauté. Une beauté que va exploiter le cinéaste au travers de sa réalisation et de la direction artistique de son film. Il se plonge lui-même dans ce monde. Le cinéaste se regarde, regarde ses images et ses actrices, se mettant à la place d’un photographe de mode qu’il juge et développe par l’objectif de sa caméra. Un superbe film sur lequel je reviens en détail dans ma critique complète (en ligne le 24 mai au soir).

Je vous incite à aller voir l’avis de Antoine Julien sur ce film dans le reportage ci-dessus. Un avis qui se tient, à l’image de celui de l’ami Nicolas Rieux de Mondociné (lire la critique), qui est à des années lumières du mien, mais qui se tient également grâce aux arguments qu’il expose.

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La Tortue Rouge | Michael Dudok de Wit

Dévoilé au Showeb de Printemps de 2016, La Tortue Rouge s’annonçait comme un très beau film d’animation. J’en avais vu de longues minutes et en avait été enthousiasmé. Quel plaisir de voir que le film dans sa globalité est à l’image de ces quelques minutes. Nouvelle production – mais pas un film DE – des studios Ghibli, La Tortue Rouge réalisé par Michael Dudok de Wit part d’une histoire extrêmement simple, mais transporte littéralement le spectateur durant moins d’une heure trente.

C’est beau, poétique, enivrant, drôle et touchant. Minimaliste dans son travail visuel, il prouve que le visuel ne fait pas tout, bien au contraire. Film d’animation présenté dans le cadre de la sélection Un Certain Regard et qui a reçu le Prix Spécial du Jury. Un prix amplement mérité et un film sur lequel on reviendra très prochainement sur le site !

Pour les intéressés, La Tortue Rouge sortira dans les salles françaises le 29 juin 2016.

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Point sur le Palmarès de cette 69e édition du Festival de Cannes
©Yves Herman/REUTERS
©Yves Herman/REUTERS

La 69e édition du Festival de Cannes s’est clôturée le 22 mai 2016 au soir. Pour être franc, trop occupé par Nicolas Winding Refn et la projection de son nouveau long-métrage, je n’ai pas vu cette cérémonie. Avoir les résultats à l’issu de la projection du film, dans la salle de cinéma avec les spectateurs, fut un joli coup de massue. J’exagère.

J’exagère, bien évidement, mais ce Palmarès nous prouve qu’avec un tel jury présidé par George Miller on en revient toujours aux mêmes. Ken Loach, Xavier Dolan, Olivier Assayas, Asghar Farhadi… Des réalisateurs de talent chacun dans leur domaine, que l’on aime ou n’aime pas, on ne peut dire qu’ils n’ont pas de talent, mais des réalisateurs trop attendus à Cannes. Moi, Daniel Blake réalisé par Ken Loach est un très beau film. Film sociétal, suffisamment bien écrit et mis en scène pour que le spectateur soit en empathie avec ses personnages et notamment son protagoniste. Un film beau, touchant et sincère. Même est-ce une Palme pour autant ? Pas certain…

N’ayant pas vu Juste la Fin du Monde et Le Client, je ne parlerais de ces derniers, mais parlons du nouveau film réalisé par Olivier Assayas : Personal Shopper. Un film d’une vacuité abyssale, qui n’est pas une purge, mais qui n’a absolument aucun sens et ne raconte rien d’intéressant. Olivier Assayas est un bon réalisateur. Il l’a déjà prouvé et le prouve de nouveau en créant une belle atmosphère lors de scènes d’ambiances, de scènes aux tonalités presque horrifiques. Cependant, elles ne racontent rien et représentent à elles deux, dix minutes d’un film qui en fait cent vingt. Olivier Assayas regarde Kristen Stewart par l’objectif de sa caméra. Il la met en scène, la regarde, mais en oublie complètement son histoire. Ne racontant rien, ennuyant le spectateur plus qu’autre chose.

Ce Palmarès manque de surprise, manque d’audace et de créativité. Ça manque d’un Park Chan-Wook et de son splendide Mademoiselle. La seule audace réside dans American Honey réalisé par Andrea Arnold. Un film qui a ses défauts, dont une durée beaucoup trop longue et des scènes redondantes, mais qui est généreux. Généreux dans sa mise en scène et qui donne la pêche aux spectateurs. C’est jeune, frais et fait un peu de bien à ce Palmarès bien pauvre mine de rien. On se laisse avec l’avis de Antoine Julien sur ce Palmarès de l’édition 2016 du Festival de Cannes !


 

Rendez-vous maintenant en 2017, pour la 70e édition du Festival de Cannes ! Parmi les films sélectionnés à Cannes, on a déjà pu voir : The Apprentice, La Fille Inconnue, Mademoiselle, Aquarius, La Tortue Rouge, La Danseuse, Moi Daniel Blake, American Honey, Personal Shopper et The Neon Demon. Les critiques arriveront aux alentours des sorties cinéma des films. Jusqu’à quinze jours avant les sorties respectives, mais rarement avant.

N’hésitez pas à nous dire si vous avez aimé cette saga “Mon Cinématographe à Cannes”. Ce fût pour moi en l’occurrence un plaisir de l’écrire et un plaisir pour nous de faire ce partenariat avec Antoine Julien et Mon Cinématographe que l’on remercie !

Twitter à suivre : @MCinematographe@CineCinephile

Article version Mon Cinématographe

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