Mes Frères réalisé par Bertrand Guerry [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Deux frères, Eddy et Rocco, ont connu leur heure de gloire sur la scène « Rock Indé » à la fin des années 90. On les retrouve dix ans plus tard sur une île, défilant en tête de la fanfare locale. Les souffrances ont brisé les cœurs et meurtri les corps, mais la joie va renaître de la fraternité. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Une fois n’est pas coutume, l’on sort des sentiers battus et l’on a décidé de vous parler d’un film que vous ne connaissez pas. Loin de nous l’idée d’insinuer que vous n’êtes pas suffisamment à l’affut de l’actualité pour connaître ce film. Mes Frères fait partie de ces longs métrages qui sortent en salles, ce qui est déjà une très belle chose pour le film, mais qui va certainement bénéficier d’une sortie limitée sur une trentaine d’écrans à travers la France. Non pas que le film soit mauvais. Non pas qu’il ne puisse pas trouver son public, car contrairement à d’autres il a la fibre d’une production Toledano/Nakache pour ne citer que l’évidence. Mais tout simplement, car il sort le 04 Juillet 2018 et face à lui on retrouve des films comme Les Indestructibles 2, Tamara 2.0, A La Dérive, Au Poste, Joueurs ou encore American Nightmare 4 : Les Origines. Des films qui, même s’ils ne jouent pas tous dans la même cour ou visent le même public, sont sur le papier bien plus vendeur que le drame Mes Frères. Bien plus vendeurs grâce à un casting de renom, au nom d’une franchise déjà connue ou encore à un studio de production et de distribution qui a plus de moyens dans le marketing que le film Mes Frères n’en a eu pour son tournage. Néanmoins, il sort en salles et à cette occasion parlons quelque peu de ce film qui mérite 1h40 de votre temps.

les photos d’illustration utilisées pour cet article sont des photos de tournage réalisées par Florian Martin de Cinemersion

« Les auteurs Bertrand Guerry et Sophie Davout nous cueillent avec un film hautement humain, bienveillant et d’une sincérité incroyable envers ses personnages. »

Drame familial qui conte l’histoire de deux frères, ainsi que du fils de l’un d’eux, vivant tous trois sur l’Île d’Yeu, Mes Frères est un pur film français comme on les aime. Loin des comédies populaires franchouillardes qui font passer la recherche du rire chez le spectateur au détriment du reste, ce film est avant tout un film de personnages. Un terme que j’aime particulièrement employer pour parler de ces films et de ces auteurs (réalisateur.rice.s & scénaristes) qui font transparaître par l’image une sincérité et un amour véritable envers leurs personnages. Le film peut avoir des défauts. Techniques, scénaristiques ou encore de mise en scène, mais s’il paraît sincère et par déduction réussit à atteindre un point sensible chez le spectateur, c’est gagné. Réalisé par Bertrand Guerry et écrit par Sophie Davout (également actrice et qui incarne Lola dans le film), Mes Frères est un film touchant, où se mêle sourires et moments de tendresse tel un véritable moment de vie. Du drame va naître la comédie et inversement grâce à une recherche du naturel au détriment de la recherche d’un style artistique atypique. Aller chercher une certaine véracité et coller au plus près de la réalité afin de permettre au spectateur de se concentrer sur l’essentiel : les personnages.

Rocco, Eddy, Simon, Lola, Juliette et Mr Adams. S’ils ne sont pas essentiels à l’avancée du récit, ils sont importants pour le spectateur, car important les uns pour les autres. Bertrand Guerry et Sophie Davout réussissent le tour de force de donner notamment à un personnage sans background (la jeune Sophie en l’occurrence) une importance particulière. C’est elle qui va être amenée à aider Rocco à un moment, c’est elle qui va danser avec Lola et c’est encore elle qui va offrir son soutien à Simon. Elle est un apport essentiel, mais n’a pas pour autant de background. Un rôle secondaire certes, mais un personnage de soutiens qui a son importance dans l’avancée du récit et qui ne va pas être qu’un simple faire-valoir utiliser à quelques moments lorsque le besoin s’en fait sentir. Quant à eux, les personnages principaux sont beaux. Si le film à tendance à sombrer dans le too much à certains moments, on ne lui en tiendra pas rigueur, car content de voir les personnages regagner du souffle (dans la joie comme la tristesse). On n’échappe pas aux moments de danse, ces séquences avec des musiques populaires (I Wish de Talisco et on en passe des meilleurs). Mais ils sont beaux et nécessaires dans le cas présent afin que le récit puisse se développer et que les personnages gagnent en caractère. Encore une fois, il faut des moments de joie pour réussir à rendre les moments de tristesse plus forts, voire beaux dans certains cas.

Mes Frères à les défauts d’une production à petit budget, mais n’a jamais l’allure d’un film amateur. Quelques légères “fautes” dans la direction d’acteur.rice.s. Quelques choix de montage qui en les évitant auraient peut-être permis au film d’être encore plus fluide et conserver un rythme impeccable entre moments de contemplation et d’action. On reprochera également le manque d’un background musical à certains moments, ce qui aurait peut-être permis à des séquences d’être raccrochées avec fluidité, mais globalement on fait face à une très belle surprise. Un film qui ne paye pas de mine avec son histoire dramatique et familiale mais sans inventer l’eau chaude, Bertrand Guerry et Sophie Davout nous cueillent avec un film hautement humain, bienveillant et d’une sincérité incroyable envers ses personnages. Personnages superbement interprétés (le charisme incroyable de Thomas Guerry et la prestance surprenante des jeunes Sacha Guerry et Guillemine Boulte) qui évoluent dans un paysage qui sert le film et lui apporte une fraîcheur, cette sensation de liberté (grâce aux plans sur la plage, aux balades…) dont il a besoin. Par ailleurs, s’il cherche le naturalisme, le chef opérateur Henri de Labbey ne se prive pas pour apporter de belles idées de cadres qui encore une fois, permettent au film de ne pas paraître pour amateur, mais bel et bien comme un film de cinéma. Alors oui, on est privilégiés. Comme vous surement, nous ne connaissions pas l’existence de ce film hier encore, mais grâce à la persévérance du distributeur nous en avons fait la découverte et espérons que nos quelques mots vous auront donné envie de tenter l’aventure !


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