La Mécanique de l’Ombre réalisé par Thomas Kruithof [Sortie de Séance Cinéma]

La mécanique de l'ombre - Affiche

Synopsis : “Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick[maxbutton id=”29″]


Découvrir un premier film est toujours une joie et également un moment de stress, car beaucoup d’attentions sont présentes. Aura-t-on droit à la naissance d’un futur et prometteur grand cinéaste (c’est toujours tôt pour le dire) ? Découvrira-t-on un nouveau scénariste proposant une nouvelle offre de cinéma ? Est-ce que des actrices et des acteurs seront révélés ? Toutes ces questions s’envolent très vite dès que les lumières s’éteignent, elles disparaissent pour laisser place à la découverte. Des questions qui reviennent par petites touches lors de la séance, soit, parce que l’on s’ennuie, soit, parce que l’on est épaté par le film projeté. Et il faut le reconnaître, Thomas Kruithof, épate et étonne positivement avec cette histoire toute simple d’un ancien comptable alcoolique qui doit retranscrire des écoutes téléphoniques sans se douté un seul instant qu’il va plonger dans les arcanes des secrets d’État. Bien entendu, il faut reconnaître que François Cluzet est impeccable dans ce comptable pâlot, faible dans son comportement, qui sort d’une passe difficile. Avec un jeu d’acteur poussé au minimalisme, il devient ce “Monsieur tout le monde” auquel on s’identifie pleinement. Bien entendu le talent est là, mais le réalisateur réussit à le maîtriser, car il bride ses instincts pour le pousser à en faire peu. Pour une fois… La force de ce premier long-métrage est également celle d’avoir un casting impeccable d’acteurs secondaires : Denis Podalydès, totalement énigmatique et véritablement inquiétant, un contre-emploi de génie; Sami Bouajila parfait en chef de la DGSI; ou encore Simon Abkarian, en barbouze tête brûlée. Sans omettre la touche féminine en la présence d’Alba Rohrwacher que l’on découvre pleinement en France alors qu’elle est déjà apparue dans des films tel que Tale of Tales et surtout Les Merveilles, récompensées à Cannes en 2015. Cette fois-ci l’éclairage est le bon pour cette dernière, elle va même jouer dans le prochain film d’Arnaud Desplechin.

Quels secrets d’État découvrira Duval ?

La Mécanique de l’Ombre, conte une histoire actuelle de manipulation des populations lors des campagnes électorales sur les affaires des otages : comment on instrumentalise les masses à des fins politiques pour inverser des candidatures et des résultats. Sur un thème dans l’air du temps, sur les conspirations politiques, le scénario du film se dévoile comme étant très malin, car il développe le thème des petites compromissions entre ennemis pour que chacun y trouve son compte. L’enjeu du film est là : savoir montrer comment on peut finalement s’arranger avec les morts et avec les vies des gens pour se permettre d’avancer, de grimper et d’éviter les mises au placard, au détriment du simple français. L’histoire reprend celle d’un homme simple qui va basculer dans la schizophrénie de l’espionnage et des luttes de pouvoirs au sein de la DGSI et des unités parallèles. Mais ce n’est pas que ça, c’est aussi la vie d’un homme qui sort d’un burn-out et d’un alcoolisme profond… la façon dont il sort de cette crise pour essayer de remonter… une remontée à la faveur de cet emploi étrange de transcripteur d’écoutes téléphoniques qui va lui redonner une confiance en lui, lui permettre de devenir un guide pour Sara, Alba Rohrwacher étonnante en si peu de scènes. La musique de Grégoire Auger qui alourdit l’atmosphère en créant un suspens et une tension de malaise au point que par moment, on se sent totalement oppressé ajoute énormément à cette pression “subie” par le spectateur. Il en va de même pour la photographie qui a son importance. Une colorimétrie grise et terne, on note également l’utilisation d’un bleu froid et du blanc pour installer une ambiance pesante. L’ambiance prédomine,  Thomas Kruithof met un point d’honneur à créer une ambiance afin d’immerger au mieux le spectateur, et ce, au détriment d’une histoire, qui même si intéressante, entre dans les voies balisées du thriller français que l’on a déjà vu des milliers de fois. Au point de risque de faire sombrer le film dans le banal, mais n’oublions pas que c’est un premier film. Un premier film donc fort encourageant pour la suite, malgré ses quelques défauts.

[usr 3,5]


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *