Mary réalisé par Marc Webb [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Comme il est compliqué pour un acteur de vivre en dehors des super-héros ? Comme il est compliqué pour un réalisateur de se remettre d’une déception de son adaptation de films de super-héros par les fans. À ma gauche Chris Evans qui tient à prouver qu’il peut survivre en dehors de Captain America. À ma droite, Marc Webb qui sort de la déconvenue Spider-Man avec Andrew Garfield (et pourtant sa vision était intéressante). Équation à deux inconnues (sans jeu de mots par rapport au sujet du film… quoique !) pour revenir aux basiques : un film indépendant. À peine 7 millions de dollars, pour une histoire rebattue d’une fillette douée pour les mathématiques mais qu’un oncle ne veut pas pousser dans cette voie afin de lui permettre d’aller à l’école avec des enfants de son âge pour enfin avoir une vie sociale à sa hauteur. Si cette petite fille vit avec son oncle, c’est qu’elle lui a été confiée depuis le décès de sa mère, là est la nuance et la nouveauté. Et forcément, la grand-mère va revenir dans leur vie pour pousser l’innocente et douée Mary dans les traces de sa défunte mère, génie des mathématiques, aussi talentueuse que sa fille.

Instants de complicité entre Mary, Frank et Fred le chat borgne et amusant…

Le scénario est basique : une sorte de Kramer contre Kramer entre mère et fils. L’originalité vient de la situation de l’histoire : la Floride, sous le soleil donc loin de toute dépression possible. D’ailleurs Marc Webb joue habilement des contrastes de lumière : quand Mary (épatante McKenna Grace) est avec son oncle, les couleurs sont chaleureuses, solaires mais dès qu’elle est avec sa grand-mère (impeccable Lindsay Duncan… enfin qui en doutait ?!), le ciel s’assombrit, les couleurs sont grises, ternes. Et le ciel devient nuageux voire pluvieux. Sans doute très manichéen dans le traitement, mais Webb ne fait que reproduire le ton de 500 (jours) ensemble sans y apporter le même éclat.

Le film n’est pas raté, loin de là, mais n’est pas non plus le grand drame déchirant. Les enjeux sont posés. Il suit un rythme conventionnel et convenu au final touchant et surprenant. Il permet surtout à Chris Evans de prouver qu’il en a sous le capot et que sa palette d’émotions est loin d’être aussi basique et simpliste que celle du Captain. Maintenant pour celles et ceux qui n’en étaient pas consients, je vous renvoie vers Snowpiercer où il était impeccable et méconnaissable. En fait, Mary est une comédie dramatique aux passages obligés mais qui laisse la part belle à un sentiment important : l’amour de la famille que l’on se crée. En ce sens, la participation d’Octavia Spencer (revue récemment dans Hidden Figures, les Femmes de l’ombre en V.F) est rafraîchissante et crée ce cocon agréable pour mieux être bercé et avoir envie d’être adopté par cette famille. Même Jenny Slate, en institutrice, remplit son office. Le casting est à l’unisson dans cette petite comédie dramatique sympathique. On pourrait lui en demander plus mais on ne le fera pas… on estimera qu’il permet à Webb de finir de panser ses plaies et de cicatriser de l’affront reçu face à ses adaptations des aventures de son Amazing Spider-Man afin de le relancer dans la course.

En résumé, sans être un drame familial larmoyant, le nouveau petit film indépendant de Marc Webb n’en demeure pas moins touchant, sympathique et divertissant, avec un casting correct (la jeune McKenna Grace est incroyable). Mary est un film croquignolet qui répond à la commande ni plus, ni moins !

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