Marie-Francine réalisé par Valérie Lemercier [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents… … à 50 ans ! Infantilisée par eux, c’est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu’ils vont lui faire tenir, qu’elle va enfin rencontrer Miguel. Celui-ci, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu’elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick[maxbutton id=”90″]


Après l’échec cuisant de 100% Cachemire (dont la version DVD comporte le montage qu’elle souhaitait), Valérie Lemercier revient à la réalisation. Après la suite du film Le Petit Nicolas, au succès moindre, l’actrice-réalisatrice s’était faite discrète. On comprend mieux pourquoi : permettre la naissance de Marie-Francine. Un sacré bout de femme qui se retrouve abandonnée par son mari du jour au lendemain, et sans travail par la même occasion. La solution ? Retourner vivre chez ses parents pour le meilleur (être cocoonée) et le pire (a-t-on réellement envie d’être cocoonée par ses parents à 50 ans ?). En choisissant Hélène Vincent et Philippe Laudenbach en parents bourgeois de droite quelque peu traditionaliste, elle réunit un duo qui va mettre sans dessus dessous la vie de Marie-Francine.

Quand Marie-Francine joue les Tanguy contre son gré…

Entre volonté de caser leur fille avec des hommes de leurs connaissances ou encore de la forcer à tenir une boutique de cigarette électronique, ils lui réservent aussi de beaux moments de honte monumentale. Et bien entendu, quand Marie-Francine rencontre Miguel qui est dans la même situation qu’elle, il va être compliqué pour eux de vivre une belle romance. Et pourtant, cette romance prend le pas sur les retours de flamme de l’ex (génial Denis Podalydès) et les humiliations des parents. Cependant, si Valérie Lemercier a su se montrer vacharde et mordante dans ses précédentes réalisations, elle délaisse la satire pour dresser le portrait d’une femme actuelle. Et en offrant un rôle inattendu à Patrick Timsit, elle réussit le pari de créer une romance inédite entre deux écorchés qui pensent qu’il n’est jamais trop tard pour s’aimer. Drôle très souvent (notamment grâce à l’abattage de Nadège Beausson-Diagne) et très rythmée, cette comédie se suit sans déplaisir. Redorant même l’image de la comédie française qui avait tendance à sombrer ces derniers temps. Valérie Lemercier prouve qu’une comédie pour être réussie et sincère doit être bien écrite. Même si les situations sont rocambolesques (l’épisode du banc de bronzage, les repas avec les prétendants ou encore le citron jeté auraient pu être lourds), les dialogues ciselés de la plus belle des manières permettent de croire en cette histoire. Et on pourra même dire que Valérie Lemercier réussit là le “négatif” (en prenant le parallèle avec la photographie) du Tanguy de Chatillez. Elle réinvente le retour chez les parents en y mettant du piment, un peu de férocité, mais jamais de vulgarité. Forcément une réussite… même si en perdant ce mordant, la réalisatrice nous offre une comédie romantique policée que l’on aurait aimé par moment plus vacharde.

En résumé, beaucoup moins grinçant que pu l’être Palais Royal !, Valérie Lemercier retrouve cependant une verve enjouée. Et c’est quand elle ose enfin la comédie romantique qu’elle réussit la belle surprise du renouveau. Sympathique et adorable !

[usr 3,5]


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *