Love. Wedding. Repeat, un mariage sans fin…


Synopsis : « Jack jongle entre son devoir fraternel afin d’assurer à sa sœur, Hayley, le mariage de ses rêves et son désir de retrouver, Dina, la femme dont il est amoureux et qu’il a perdu il y a deux ans. Le destin va lui donner un coup de main… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Une comédie romantique britannique sur Netflix ! Qui plus est avec un acteur anglais dont la carrière n’est pas encore celle qu’elle devrait être. En effet Sam Claflin navigue entre bluette sans prétention et films à costumes qui ne trouve pas leur public. Love. Wedding. Repeat est aussi le première réalisation d’un scénariste, Dean Craig, auteur du film culte : Joyeuses Funérailles. Une comédie où l’enterrement d’un père de famille révèle des secrets lourds et totalement azimutés.

Ici, prenons un film français : Plan de table auquel on ajoute un soupçon de flegme britannique et de pétage de plomb qui manquait tant dans le film de Christelle Raynal. On retrouve toujours l’idée de base du destin dont le cours peut être changé pour amener une cascade de conséquences plus ou moins incontrôlables. Point de départ de nombreux films, ce coup du destin installe une comédie romantique sur ces moments charnières où le baiser entre les amoureux pourrait changer toute l’histoire et la vie des héros.

Forcément, ici, ce baiser n’est jamais échangé puisque le sort s’en mêle en la personne d’un pote de lycée de Jack qui l’empêche de déclarer sa flamme et la profondeur de ses sentiments à Dina, une journaliste en voyage en Itablie. Pourtant quelques années plus tard, à la faveur du mariage d’Hayley, la sœur de Jack (interprétée par Eleanor Tomlinson), ce moment magique pourrait être revécu sauf que rien ne va se passer comme prévu. Et Jack se retrouve face à une succession d’obstacles pour l’empêcher d’avouer enfin ses sentiments. Ces obstacles sont autour de lui, assis avec lui autour de la table du mariage.

Entre le meilleur ami “demoiselle d’honneur” azimuté (excellent Joel Fry), le coup d’un soir qui débarque ou l’ex de Jack et son nouveau petit ami jaloux, le moment magique, tant espéré, n’est pas prêt d’arriver. Pourtant la règle est simple : empêcher le coup d’un soir de la sœur de Jack de saborder le mariage. Tout bon ressort de comédie romantique se base sur un coup du sort qui change les règles du jeu et entraîne une succession d’événements drôles et au final funestes. L’histoire se révèle alors souvent pathétique, peu drôle car tombant dans tous les clichés possible pour amener une conclusion macabre inattendue loin des sentier balisés de la comédie romantique. Le spectateur est en droit d’attendre une surprise. Et elle arrive car c’est là que l’histoire s’arrête pour nous rappeler la base de l’histoire : et si on pouvait changer le cours des choses… et c’est ce qui arrive d’où le Repeat du titre.

Au moment où arrive la conclusion abrupte et inattendue, une voix off retentit comme pour nous permettre de nous souvenir que l’histoire peut partir sur d’autres chemins. Et c’est toujours autour du plan de table que les scénarios se relancent pour aboutir à une suite d’évènements possibles pour amener la conclusion heureuse car nous sommes dans une romance barrée… mais une romance tout de même.

À ce moment précis, quand le destin s’immisce dans l’histoire, le spectateur comprend la platitude de la première partie de l’histoire : jouer avec les codes de la comédie romantique pour en proposer le pire afin de mieux retourner le spectateur vers encore plus d’inattendu. Le risque est gros car Dean Craig peut perdre les spectateurs en cours de route si ces derniers ne prêtent qu’une oreille peu attentive et jette un coup d’œil distrait sur la très belle lumière des lieux avec laquelle joue le directeur de la photographie Hubert Taczanowski.

En jouant sur la répétition d’une scène avec un petit détail qui change, façon Un jour sans fin, on revit le moment du somnifère déposé dans un verre pour aboutir à force de répétition à ce qui est sensé être le meilleur moment possible pour notre héros. Sauf que Dean Craig réussit à ne pas imposer le romantisme jusqu’au bout pour permettre à notre héros de devenir cet homme sensible, délicat et avec des failles incroyables pour le rende encore plus proche de nous et sortir de la comédie romantique trop balisée que nous offre souvent le Royaume-Uni… même si on se régale à chaque fois.

Pour que la sauce de cette recette particulière alliant romantisme et humour british azimuté, prenne, le réalisateur décide de s’entourer d’un casting dont les noms sont surtout bien connus du petit écran. On retrouve l’héroïne de la série Poldark ou celle de The Newsroom. En clair, même si la casting n’est pas totalement bankable, si on excepte Sam Claflin et Freida Pinto, révélée par Slumdog Millionaire, ici dans un rôle très secondaire, le film fonctionne car ces inconnus deviennent des proches. Et le réalisateur réussit à tous nous les rendre sympathiques malgré le luxe tapageur de cette cérémonie en Italie où tout est beau, magnifique : un mariage de rêve en quelque sorte.

C’est grâce à cette deuxième partie où tout part de travers que le film devient follement intéressant et très souvent drôle. En atteignant la folie douce que l’original français ne faisait qu’effleurer, Love. Wedding. Repeat devient alors une comédie romantique surprenante où chacun va révéler son personnage hors de tout schéma établi de la comédie romantique anglaise. Le premier film de Dean Craig, sage dans sa photographie et ses effets de caméra, est totalement dingue dans sa construction même s’il est dommage de devoir attendre la seconde partie de l’histoire pour que le film décolle pleinement et révèle son potentiel de départ. En clair, si Dean Craig avait appliqué la montée en puissance du scénario Joyeuses funérailles à Love. Wedding. Repeat, sa première réalisation aurait été un feu d’artifice de folies douces et de romantisme. En conclusion : un premier essai pour une suite que l’on espère prometteuse !


« Le premier film de Dean Craig, sage dans sa photographie et ses effets de caméra, est totalement dingue dans sa construction même s’il est dommage de devoir attendre la seconde partie de l’histoire pour que le film décolle pleinement et révèle son potentiel de départ. »


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