Love, Simon réalisé par Greg Berlanti [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille  qu’il adore et entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret: personne ne sait qu’il est gay et il ne connait pas l’identité de son premier coup de cœur, avec qui il communique en ligne. Alors que son secret est menacé d’être révélé, la vie de Simon bascule dans une aventure aussi drôle que bouleversante… Ses amis prendront alors une place essentielle pour l’aider à changer sa vie et découvrir le premier amour.”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Love, Simon est la sensation américaine du moment. Énième Teen Movie qui pose la sempiternelle question de l’éveil amoureux d’un jeune garçon en dernière année de lycée. Cependant, cet éveil est lié à un secret : Simon est gay. Pour la première fois au cinéma, le héros du film pour ado est ouvertement homosexuel. Une réelle prise de risque à souligner. D’autant que c’est la Fox qui produit. Vous avez bien lu : la Fox qui appartient désormais à Disney. Cette même Fox conservatrice au possible. Ce film adapté du roman de Becky Albertalli, Simon vs the Homo-sapiens agenda, est devenu un succès partout où il est projeté et un véritable évènement. Pourquoi un tel phénomène ? Pourquoi un tel engouement ?

Love, Simon a pour lui plusieurs facteurs positifs : la fraîcheur, une certaine innocence, une volonté réelle d’aborder un sujet sociétal de front, une petite dose d’enquêtes policières et surtout beaucoup d’amour et de tolérance. Il est clair cependant que si l’on prend ces deux derniers points, on pourra aisément reprocher ce côté bon enfant et par moment guimauve du film. Et croyez-moi, certains spectateurs n’ont retenu que cette vision simpliste du film. Quel dommage ! Oui quel dommage, car le troisième film de Greg Berlanti (le papa des séries Flash, Arrow ou encore Riverdale) a pour lui tout ce qu’il faut pour plaire. Pétillant, frais et qui aborde frontalement la question de la vie privée et de la dangerosité des réseaux sociaux.

“Premier émoi amoureux sur fond de tolérance. Love, Simon est plus qu’un teen movie, c’est aussi un récit d’apprentissage où l’homosexualité est abordée frontalement et simplement car tout le monde mérite d’être aimé !”


Si l’homosexualité est la thématique principale (Simon fera-t-il son coming out ?), c’est aussi cette question de vie privée qui est au centre de l’histoire. De quel droit peut-on révéler l’intimité d’une personne sans son autorisation ? Pourquoi priver une personne de ce droit à dire quand et où ce qu’il est, ce qu’il aime ? La place des réseaux sociaux est ici pointée du doigt. Pourtant, c’est grâce à eux que Simon peut tenter de s’affranchir du regard des autres, car un autre élève (prénommé Blue), révèle sur un compte Instagram commun à l’école : son homosexualité… comme une envie de pouvoir enfin respirer, sortir la tête de l’eau : vivre enfin ! Et Simon profite de cette sortie de placard pour entamer une discussion et un flirt avec ledit Blue. Un flirt qui entraîne le spectateur dans l’enquête : qui est ce mystérieux garçon ? Peut-il être la première grande histoire d’amour de Simon ? Sauront-ils se reconnaître ? S’aimer et surtout affronter le regard des autres ? En clair : vivre leur amour !

Love, Simon est une comédie romantique plus maligne qu’elle n’en a l’air. Si les personnages sont forcément dessinés d’une façon facilement reconnaissable : la meilleure amie, le pote sportif amoureux de la petite nouvelle, le gars foireux et salopard, le film propose aussi de jouer avec les codes du film à enquête. Savoir qui est Blue devient l’enjeu pour Simon et le jeu pour le spectateur. Cette donnée permettant de faire passer plus facilement le stéréotype de certains personnages. Et il faut ajouter à cela, la famille de Simon : tolérante, ouverte et profondément humaine. Une famille comme on en rêve même si forcément accepter l’homosexualité d’un enfant n’est pas chose aisée. Pourtant, Jennifer Garner et Josh Duhamel sont impeccables. De sobriété et de force pour la première. De tendresse et de fragilité pour le second (le père est un ultra sensible).

Greg Berlanti s’amuse aussi avec les codes de la communauté gay pour mieux les appréhender, les détourner et poser la question : doit-on les épouser pour être accepté par cette communauté ? Le réalisateur réussit ainsi à rendre hilarant et par moment stupide certains codes et enjeux d’une communauté pour simplement montrer un jeune homme qui souhaite être heureux et vivre enfin sa grande histoire d’amour. Pour jouer ce Simon, il a choisi le jeune Nick Robinson qui réussit à placer en son personnage à la fois toutes les émotions de l’ado amoureux et également toute la pression de dévoiler ou non son secret. Et de façon habile, par son intermédiaire, le réalisateur pose la question suivante : “pourquoi est-il si injuste que seuls les gays doivent faire leur coming-out ?” Et la réponse à cette question propose un passage hilarant sur l’inversion de réaction à l’hétérosexualité. Entouré d’un casting de jeunes acteurs épatants (Katherine Langford, découverte dans 13 Reasons Why, Alexandra Shipp ou encore Jorge Lendeborg Jr. et même Logan Miller en ado pourri), le jeune Nick Robinson propose une palette de douceur et de fragilité qui renforce notre envie de lui permettre d’accéder au bonheur.

Vous l’aurez compris, sous des airs de Teen Movie, Love, Simon réussit l’exploit de parler d’amour de façon universelle. Également d’aborder l’horreur et le danger des réseaux sociaux dans le colportage des rumeurs et du non-respect de la vie privée. Le film parvient à renouveler la romance adolescente pour écrire de nouveaux codes et réussir à prôner l’acceptation de l’autre avec simplicité et émotion. Et même si l’homosexualité est le sujet central, l’appel à la tolérance est en filigrane : la copine métisse, le gay assumé, la fille mise de côté. Greg Berlanti réalise avec Love, Simon, une histoire qui touchera tout le monde, car elle parle au cœur et à l’esprit avec bonne humeur et beaucoup de tendresse. Alors oui, au final, tout le monde aime et aimera Simon !


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