Les Fauves réalisé par Vincent Mariette [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « C’est l’été, quelque part en Dordogne, des jeunes gens disparaissent. Les rumeurs les plus folles circulent, on parle d’un félin qui rôde. Laura, 17 ans, cherche à élucider le mystère et fait la connaissance de Paul, un étrange écrivain qui l’attire autant qu’il l’effraie. A mesure qu’ils se rapprochent, un amant éconduit de Laura disparaît à son tour. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Laurent Lafitte, Vincent Macaigne, Ludivine Sagnier et Noémie Lvovsky. Pour son passage du court au long-métrage, Vincent Mariette s’était vu offrir une belle brochette d’acteurs et d’actrices pour former son Tristesse Club. Quatre ans plus tard, le jeune cinéaste français change littéralement de registre pour son second long-métrage dévoilant qu’il est un auteur à suivre ayant la faculté de pouvoir contée des histoires qui s’opposent les unes aux autres. Les Fauves est un conte, un récit de vacances qui emporte avec lui tout ce que notre imaginaire nous renvoie comme image lorsque l’on associe les termes “vacances” et “adolescences”. Une romance, des moments de rire, des moments de doute, mais également une découverte de soi-même pour le ou la protagoniste de l’histoire. Les Fauves ne surprend pas en ce sens et exploite à un moment ou un autre ces différents aspects bien connus, pour ne pas dire stéréotypés du genre auquel il s’attaque. Néanmoins, il ne le fait pas avec facilité ni dans la volonté d’être qu’un simple teen movie. Il est bien plus que ça, il est un film de genre à part entière, un film qui ose le fantastique et qui ose mélanger la réalité à la fiction afin de mieux capter l’attention du spectateur.

Pour parler d’attention, de l’intérêt du regard du spectateur, mais également de celui du réalisateur qui est le premier spectateur derrière son combo, il faut parler de celle qui tient ici le rôle principal. Celle qui du haut de ses 19 ans possède déjà une maturité incroyable et un talent d’actrice qui n’est pas uniquement dû à ceux qui l’ont conçut. Lily-Rose Depp n’est pas que la fille de. Si avoir des parents et une famille telle que la sienne aide d’une manière incommensurable afin d’entrer dans le métier, le talent et la persévérance ne sont pas aussi facilement acquises. Tel que son acolyte de jeu, Laurent Laffite a pu nous le dire « Elle reçoit énormément de choses et choisit déjà méticuleusement ses projets. » Après La Danseuse et Planétarium, Lily-Rose Depp choisit donc Vincent Mariette et son projet pour le moins singulier intitulé Les Fauves afin de faire ses débuts en tant que premier rôle. Trois films qui prouvent qu’elle ne choisit déjà pas ses projets au hasard, que sa carrière est toute tracée si elle continue de cette manière. Une maturité dans le regard, une maturité dans le jeu et la posture, la jeune actrice porte ici fièrement l’intégralité du film sur ces épaules. Des épaules qui paraissent frêles, mais qui se révèlent être plus solides qu’on ne pourrait le penser. Elle est de tous les plans, la caméra sublime son physique de jeune adolescente attirante et forte de caractère, mais c’est avant tout le jeu de l’actrice qui va captiver et donner au film du grain à moudre.

Dans cette fable qui allie avec justesse fiction et réalité, elle se joue de nous tel que le personnage semble jouer avec les autres. Qui est-elle vraiment ? Peut-on réellement lui faire confiance ? Ne serait-elle pas une peste dont l’adolescence l’aurait transformée en une arme dénuée d’émotions ? Laura (interprété par Lily-Rose Depp) est la représentation de la figure même de la peste. Blonde, extrêmement attirante, habillée de manière à sexualiser son corps alors qu’elle n’est qu’une adolescente et doté d’un fort caractère qui lui permet d’attirer ou de repousser qui elle désire. Le désir est ici la notion primaire du film. Que désire-t-elle réellement ? Si l’arc narratif dédié à la disparition des jeunes adolescents est la moelle épinière de l’histoire, c’est avant tout ce personnage principal qui va imprégner le film. Un mystère, un mysticisme qui va se développer au fur et à mesure où elle va se rapprocher du personnage incarné par Laurent Lafitte. Lui-même mystérieux, mais plus il va se découvrir au spectateur par le biais de la jeune femme (découverte simultanée qui facilite l’implication du spectateur), plus c’est cette jeune femme qui va se révéler. Une balance jamais à l’équilibre, un suspense toujours de mise et sans cesse relancé grâce à des arcs narratifs (enquête sur les disparitions, personnalité de l’écrivain, personnalité de Laura) qui se complètent astucieusement et qui ne cherchent jamais à se superposer les uns aux autres, permettant de conserver l’attention du spectateur jusqu’au dernier plan.

D’un mystère va en naître un autre avant que ne surviennent toutes les réponses à nos questions afin de ne pas laisser planer de doutes. Les Fauves est un film complet dont on ne sort pas avec des questionnements, simplement la satisfaction d’avoir vu un film aux personnages intéressants dont les personnalités énigmatiques donnent à l’œuvre un mysticisme des plus agréables. Le cinéma de genre français se porte bien, se découvre un nouveau faiseur répondant au nom de Vincent Mariette et qui signe ici un beau mélange des genres entre le teen movie et le film de genre. Entre fantasme et réalité, la fascination rend-elle vraiment fou ?

Au Cinéma le 23 Janvier 2019 en France


« Au-delà de la fable au mysticisme captivant, Les Fauves est la révélation d’une actrice qui s’affirme, captive et fascine. »


 

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