Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald réalisé par David Yates [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « 1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L’aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Cela faisait deux ans que l’on attendait avec impatience la suite des Animaux Fantastiques. Le nouveau Potterverse propose son second volet. Toujours avec David Yates aux commandes et J.K Rowling au scénario. On reprend les aventures de Norbert Dragonneau, un an après les évènements new-yorkais. Des évènements qui ont mis Grindelwald derrière les barreaux aux USA. C’est d’ailleurs-là que l’histoire reprend avec le transfert du plus grand criminel de tous les temps à Paris. Dans la ville-lumière, il sera enfin jugé. Ce n’est pas spoiler que raconter que ce transfert va mal se passer. Au point que Grindelwald s’enfuit pour reconstituer une armée prête à le suivre. Mais dans cette recherche, il y a aussi Croyance Bellebosse. Qui est-il ? Que va-t-il devenir ? Pourquoi tout le monde le recherche si intensément ? Et enfin, quel est le lourd secret qui se cache derrière sa naissance ?

Ce second épisode porte à la fois tous les espoirs des fans et en même temps un nombre incroyablement important d’attentes. Le premier volet (lire notre article) était sympathique, drôle, épatant, intrigant et malgré toutes les critiques : intéressant. Pourtant, le public n’avait pas été pleinement convaincu. En sera-t-il différemment avec ce deuxième volet ? L’entrée en scène est véritablement incroyable. L’évasion de Grindelwald est une réussite. Une évasion sous la pluie et l’orage : basique ! Forcément en plein soleil, cela n’aurait pas eu le même impact, ni la même tension mais pourtant tout est impeccable : l’atmosphère, l’absence de dialogues et le côté effrayant de Johnny Depp. Après ce morceau de bravoure, retour dans les bureaux de la magie à Londres où Norbert attend avec impatience la possibilité de voyager de nouveau dans le monde à la recherche des animaux fantastiques. Mais las, ce ne sera pas le cas… et on ne peut que s’en féliciter. Car si le bestiaire magique était la force du premier volet, une nouvelle quête identique aurait été superflue. C’est en insistant sur la poursuite de Grindelwald et son lien particulier avec Dumbledore que ces nouvelles aventures prennent un tour magique. Et surtout la quête de Croyance sur ses origines sont au cœur de multiples révélations passionnantes.

Dans ce nouvel opus, c’est la découverte d’un jeune Albus Dumbledore qui ravira les fans. Jude Law épouse le costume du grand sorcier alors encore professeur de défense contre les Forces du mal. Comme dans les aventures du petit sorcier, il cache des secrets dont la révélation finale surprendra. La force du film tient surtout dans les effets spéciaux mis en place avec une scène au Père Lachaise totalement épique et surréaliste. Et aussi sur la façon dont J.K Rowling réussit à ancrer de nouveau la petite histoire des magiciens dans la grande Histoire pour évoquer les problèmes du monde contemporain. Ici, les prémices de la Seconde Guerre mondiale sont habilement restitués : l’embrigadement des esprits (inquiétante scène avec Alison Sudol en Queenie déboussolée), la constitution d’une armée de suiveurs, la discrimination et l’envie de se montrer supérieur. Soit la montée du nazisme résumée en quelques plans avec force et vigueur par le scénario.

La galerie des personnages s’étoffent pour nous permettre de découvrir un peu plus l’univers potterien et créer les liens nécessaires avec la saga Harry Potter. L’apparition de Leta Lestrange, impeccable Zoé Kravitz qui aurait mérité plus de présence à l’écran. Elle est magnétique et envoûtante. La découverte du frère de Norbert Dragonneau que porte sur ses épaules Callum Turner dont la ressemblance avec Eddie Redmayne est confondante. Johnny Depp n’en fait pas des tonnes. Impeccable de retenue, il assène une petite pique parisienne assez drôle. Ezra Miller reste troublé et troublant, épaulé par l’intrigante Claudia Kim, leur duo est plein de mystères. Enfin, le quatuor magique revient : Eddie Redmayne en fait trop dans son rôle introverti. On arrive même par moment à ne pas vouloir le suivre, mais Dan Folger, Alison Sudol et Katherine Waterston sont là pour épauler Dragonneau, même si tout ne va pas se dérouler comme prévu. Cependant, beaucoup d’interrogations restent en suspens et maintenant que les personnages sont tous installés, l’intrigue peut enfin prendre son envol véritable.

Encore une fois tout semble parfait ? La magie est présente, certains animaux fantastiques reviennent dont le terriblement attachant Niffleur mais malheureusement les lenteurs du film sont pénalisantes. Et c’est ce qui pourra ternir l’enthousiasme des fans, tant les moments de creux bien que nécessaires à introduire tous les personnages et leurs quêtes respectives, sont fréquents au point de jeter un petit coup d’œil à sa montre de temps en temps. Pourtant, J.K Rowling réussit à reproduire la magie de l’univers d’Harry Potter avec une nuance. Par rapport au deuxième volet des aventures du petit sorcier : drôles, colorées et délirantes (Harry Potter et la chambre des secrets), elle a écrit un scénario sombre, noir inscrit dans l’époque du temps, à savoir la suite de la crise des années 1930 et ses conséquences funestes. Un peu plus, J.K Rowling réussit le pari d’ancrer son univers dans l’histoire pour mieux parler du monde d’aujourd’hui !


« J.K Rowling réussit à ancrer de nouveau la petite histoire des magiciens dans la grande Histoire pour évoquer les problèmes du monde contemporain. »


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