Le Monde selon Amazon, documentaire sur l’hydre consumériste dont on ne compte plus les têtes

Synopsis : « Le monde selon Amazon est une enquête documentaire sur le numéro un mondial de la vente en ligne. Chaque année, l’entreprise fondée par Jeff Bezos expédie 5 milliards de colis, à plus de 300 millions de clients dans le monde entier. Mais son pouvoir inquiète citoyens et gouvernements.

Quel futur nous prépare Amazon ?

Des employés d’Amazon racontent eux-mêmes, ce qu’ils vivent de l’intérieur. Des confins de la Pologne ou de l’Inde, en passant par les campagnes anglaises, les entrepôts canadiens, ce film propose une grande fresque sociale mêlant les portraits à l’enquête, l’intime à la méga-machine. »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

En ce jour du vendredi fou, comme on le nomme au Québec, il y a parmi les sorties cinéma, une qui n’est pas anodine. Si Knives Out, Sympathie pour le Diable ou encore Dark Waters, auraient pu prendre l’affiche à n’importe quelle date de l’année (ou presque), ce n’est pas le cas du documentaire : Le Monde selon Amazon. Co-écrit par Adrien Pinon, Thomas Lafarge et Alexandre Sheldon (recherchiste), et co-réalisé par Adrien Pinon et Thomas Lafarge, Le Monde selon Amazon est un documentaire qui, comme son titre le laisse supposer, dresse un portrait du géant de la vente en ligne. Fondé en juillet 1994 par un certain Jeff Bezos à Washington au sein de la capitale des États-Unis Washington, avant de se baser officiellement dans la ville de Seattle, Amazon est une de ces entreprises multinationales dont l’histoire fait rêver. Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos. Trois hommes d’ambition, trois destins extraordinaires qui ont su vivre le rêve américain : partir de rien puis marquer l’histoire. Néanmoins, derrière ces trois hommes d’ambition et de talent, se cachent de lourds secrets. De grosses personnalités, de véritables égos (surdimensionnés de naissance ou à cause de leurs prises de pouvoir) qui, embarqués par l’ambition et le succès, se sont plongés corps et âme dans le développement de leur entreprise respective. Quitte à en faire souffrir certain.e.s, quitte à ne plus être cette entreprise moderne aussi propre et loyale envers ses employés qu’on aurait aimée qu’elle soit.

« Work hard, have fun, make history », un slogan lourd de sens déclamé par le fondateur d’Amazon. Tout est là, tout est dit. Sortir le documentaire Le Monde selon Amazon le jour du Black Friday, c’est décupler la portée du propos développé par le film. Contrairement à ces documentaires qui vont s’atteler à mettre sous le feu des projecteurs des histoires peu, voire, inconnues du public, Le Monde selon Amazon n’en fait rien. Que celui, ou celle qui ne se doutait pas qu’une filiale internationale qui rachète des entreprises à tour de bras afin de pouvoir s’enrichir et développer sa force de frappe lève la main. Évidemment qu’il y a anguille sous roche, évidemment que l’on a déjà tous et toutes eu vent de la manière dont Amazon traite ses employés. Des employés mésestimés, traités comme de la simple main d’œuvre robotique déshumanisée, dont le simple but est de gérer les commandes des clients dans un temps limité afin que l’image de l’entreprise ne tombe pas en flèche. Le client est roi (en suivant la logique Amazon), la marchandise est précieuse (en suivant la logique Amazon encore une fois), mais celles et ceux qui empaquettent sont des moins que rien. Pas pour rien que la firme cherche à robotiser ses entreprises afin de diminuer les coûts (le temps c’est de l’argent et un robot ça ne se plaint pas).

Le Monde selon Amazon ne nous apprend rien, néanmoins, ce n’est pas pour autant qu’il est inutile. Bien au contraire. S’il n’est pas surprenant, il réussit à impacter et faire réfléchir plus en profondeur grâce à l’utilisation d’entrevues. Il aurait pu être une simple réflexion sur l’entreprise avec comme seule et unique vision, le point de vue de ses réalisateurs. Mais il se révèle être finalement un documentaire en immersion porté par ses nombreuses entrevues qui dressent un portrait bien plus large qu’attendu. Tout en prenant soin de toujours introduire et contextualiser afin que celui ou celle qui ne connaît pas l’entreprise puisse ne pas être laissé de côté, Adrien Pinon et Thomas Lafarge développent un portrait mondial de l’entreprise suffisamment précis dans ses exemples pour être frappant et très bien documenté. Un portrait dressé depuis l’extérieur, mais surtout de l’intérieur grâce à des entretiens réalisés avec des employés de chez Amazon. Des déclarations édifiantes qui permettent de statuer une bonne fois pour toutes sur le compte de l’entreprise. Ne plus supposer, mais avoir face à nous de vraies personnes qui dévoilent dans le moindre détail ce que l’on avait pu lire ou entendre dans de nombreux articles. Les réalisateurs se servent de la force de l’entretien-vérité pour mettre le spectateur face à la réalité. Une réalité qui n’est pas simplement celle d’un pays, de la branche canadienne ou française de l’entreprise multinationale, mais bel et bien celle de chacune des branches d’un arbre qui semble ne jamais perdre racine.

Assez court (moins de 1h30), le film Le Monde selon Amazon se permet d’aller à l’essentiel et de ne pas se perdre en cherchant à développer son aspect wiki sur l’entreprise. Il est là pour montrer ce que Jeff Bozes a voulu bâtir. Mettre en lumière l’ambition de ce créateur aussi ambitieux qu’avide de pouvoir. Quelqu’un que fondamentalement, l’on aime détester tout comme ces autres fameux génies qui ont su profiter du système, mais pas uniquement. Dresser le portrait de ce fondateur par le prisme de son entreprise qui à ce jour, n’aura jamais été aussi puissante. Cinéma, vêtements, livres, nutrition, matériel électronique… Amazon rachète des entreprises (consomme à sa manière afin de grandir et nous pousser à consommer chez eux), devient de plus en plus puissante avec des branches qui grandissent et se multiplie. Une hydre dont on ne compte plus les têtes tant il y en a. C’est aussi impressionnant que terrifiant. Et si encore une fois, ce documentaire ne nous apprend rien, il se permet d’être la cerise sur le gâteau. Cette œuvre conclusion, qui va permettre une bonne fois pour toutes de réfléchir. De réfléchir avant de faire un énième achat. S’il n’était pas mieux de nous tourner vers une entreprise ou un entrepreneur local qui ne profiteront pas du système et de ces employés. Une œuvre qui fondamentalement traite de Amazon et de son fondateur, mais qui de manière sous-jacente, parle de toutes ces multinationales tentaculaires qui détiennent de plus en plus de pouvoir et ne semblent pas être en mesure de s’arrêter. 150 colis expédiés chaque seconde, 300 millions de clients dans le monde

« Décryptage en bon et due forme d’une multinationale tentaculaire dont la puissance est aussi passionnante que terrifiante.

150 colis expédiés chaque seconde

300 millions de clients dans le monde

250 entrepôts dans le monde

1 fondateur (fortune estimée à 100 milliards de dollars us) »


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