Le Monde de Dory (Critique | 2016) réalisé par Andrew Stanton

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Synopsis : “Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?”

Critique du court-métrage Piper proposé avant Le Monde de Dory

Sorti à la fin de l’année 2013, Le Monde de Nemo est à ce jour le second plus gros succès des studios Pixar au Box Office International. Pas moins de 937 millions de dollars de recettes et plus de 9 millions de spectateurs en France pour cette plongée au plus profond des océans en images de synthèse. Entre deux créations originales, les studios Pixar ont décidé d’offrir aux spectateurs des suites à leurs films préférés. Et en attendant Les Indestructibles 2 toujours attendu pour le courant de l’année 2019, voici que débarque le 22 juin 2016 en France, Le Monde de Dory. Titre inventif n’est-ce pas ! Marin et son fils Nemo se voient donc rétrogradés au second plan pour cette suite centrée sur le poisson-chirurgien bleu et amnésique nommé Dory. Après la débandade Cars 2 et la déception Monstres Academy, Le Monde de Dory est donc la troisième suite produite par les studios Pixar. Une crainte pour beaucoup à la simple vue des précédentes suites produites dans les studios Disney Pixar, mais est-ce finalement qu’une simple production feignante faite pour amasser de l’argent ?

Contrairement à ce que certains clament haut et fort, un film d’animation n’est pas simplement un film pour enfants. Certaines œuvres visent un jeune public, alors que d’autres vont chercher à viser un public plus mature. Pas facile dans ces conditions de cataloguer les productions Disney Pixar. Une production Pixar est un film d’animation qui va chercher à contenter le plus large public qui soit. Réussir à émerveiller le plus large public, tout en contant à ce même public une histoire qui va exploiter des thématiques sombres et difficiles. L’acceptation des autres, la différenciation, le racisme, la famille, la maladie… un panel de thématiques assez large, qu’ils arrivent toujours pleinement à traiter sans tomber dans un pathos facile et larmoyant. C’est toujours subtil et touchant grâce à une forte caractérisation des personnages. Le Monde de Nemo étant l’exemple parfait de film traitant de la famille et du dépassement de soi. Le Monde de Dory repose sur un scénario qui va aller dans ce sens. Suite plus ou moins directe qui se déroule un an après le premier opus, histoire d’avancer un peu de temps, mais pas trop (pourquoi un an, mis à part démontrer qu’ils ont eu le temps de bâtir une vie depuis leurs aventures dans le grand large ?), le spectateur retrouve Dory accompagnée des deux poissons-clowns Marin et Nemo. Partant du postulat que les spectateurs qui viennent voir ce film ont vu le premier opus, le scénario ne va pas s’enliser dans une nouvelle contextualisation et introduction des personnages. La seule introduction va être celle du passé de Dory. Un retour dans son enfance aux côtés de ses parents, une introduction qui va lancer une narration qui repose intégralement sur l’utilisation de flashbacks afin de créer une corrélation entre le présent et le passé dans le but de montrer aux spectateurs la formation souvenir après souvenir de la mémoire du protagoniste.

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Dory est un personnage attachant, un personnage touchant dont le traitement scénaristique de la maladie permet autant de créer de l’humour que de l’empathie. C’est beau et touchant, tout en réussissant à apporter petit à petit un message sur l’acceptation et la confrontation face à des maladies telle que l’Alzheimer. Dans le film Le Monde de Nemo, Dory n’était qu’un side-kick. Un personnage au background travaillé et dont l’arc narratif réussissait à agrémenter le récit dans sa globalité. Dans Le Monde de Dory, elle est maintenant au premier plan et malgré cet attachement toujours présent et ce traitement en filigrane de la maladie, le scénario peine à nous intéressé davantage au personnage. L’enjeu principal de ce film va d’être la recherche de ses parents par Dory. Un scénario pouvant être résumé en quelques secondes, mais qui, grâce aux divers personnages qu’ils soient premiers ou secondaires, ainsi qu’aux sous-textes plus engagés sur la maladie notamment, gagne en richesse et en profondeur. Néanmoins, il en reste un scénario qui surfe sur la vague d’un premier opus de qualité qui amorçait, voire développait complètement, toutes ses thématiques. L’on est dans la redite, malgré un développement intéressant du terme Grand Large qui vient ici prendre un tout autre sens. Le Grand Large n’étant pas seulement cet océan infini dans lequel Nemo s’élançait dans le premier opus à la recherche de son fils Marin.

Suivant les traces de son aîné, Le Monde de Dory est une course-poursuite maritime dans laquelle les compères vont être plus ou moins entraînés de force. Une course poursuite de bonne facture, grâce à un bon enchaînement des situations, ainsi qu’à des personnages charismatiques et attachants. Mention spéciale à Hank, nouveau personnage très attachant et nécessaire au récit, qui n’est pas qu’un simplement faire-valoir et dont le background se dessine joliment au fur et à mesure de l’avancée du long-métrage. Cet attachement, toujours plus fort et passionnel notamment pour les personnages déjà présents dans le premier opus, permet au film de tenir la route et au spectateur de rester captivé malgré des enjeux plus faibles et cette redite constante que l’on retrouve tant dans les enjeux que dans la mise en scène. Déjà réalisateur sur le film Le Monde de Nemo, Andrew Stanton, nous prouve ici qu’il a l’étoffe d’un grand et qu’il n’a pas travaillé avec John Lasseter ou Pete Docter, par exemple, pour rien. Il porte les stigmates et signe quelques fulgurances de mise en scène qui nous rappellent certains grands autres tels qu’un certain Brad Bird. Même si l’on est toujours dans la redite, le metteur en scène réussit à sortir le meilleur de chacune des scènes, offrant quelques beaux moments, ainsi que dans sa globalité un film qui, même si pas majeur, n’a rien à envier à la concurrence actuelle.


En Conclusion :

Attendu avec de fortes craintes, l’on ne peut qu’être admiratif du travail effectué par les studios Disney Pixar et l’équipe technique dirigée par Andrew Stanton. Le Monde de Dory est une production Pixar mineure, mais une suite de qualité et qui a su conserver la force émotionnelle du premier opus. Là où, toutes les autres suites produites par les studios Disney Pixar n’avaient pas réussi à le faire, excepté les magnifiques Toy Story qui restent les fers de lance du cinéma d’animation grand public. Le Monde de Dory est un beau film, un film attendrissant et touchant, à défaut d’atteindre l’excellence du premier film. Une excellence que l’on devait à son originalité. Ici l’on est dans la continuité, ce qui ne le permet pas d’être original, malgré quelques jolies fulgurances créatives notamment dans la mise en scène. Un beau film pour l’été qui ravira petits et grands !

[usr 3.5]


 

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