Le Garçon et la Bête (Critique | 2016) réalisé par Mamoru Hosoda

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Synopsis : “Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…”

Après avoir signé l’adaptation de Digimon en 2000, puis la sixième aventure du manga One Piece en 2005, avant de s’attaquer à La Traversée du Temps adapté de la nouvelle homonyme, le cinéaste Mamoru Hosoda a décidé de concevoir de A à Z ces propres films. Des films pour lesquels il est à la fois réalisateur et scénariste, ce qui permet aux films de gagner en audace et en personnalité. Ils ont leur propre histoire et ne peuvent pas être catalogués comme étant “de simples adaptations”. Depuis la sortie de La Traversée du Temps et plus particulièrement depuis Summer Wars, Mamoru Hosoda a vu se créer autour de lui une véritable fanbase. Fanbase qui s’est consolidée avec la sortie du film d’animation Les Enfants Loups, Ame & Yuki. Immense succès critique et public, il lui fallait un projet tout autant audacieux afin de pouvoir rebondir sans avoir à se heurter à des critiques toujours plus virulentes. Qu’en est-il ? Le Garçon et la Bête est-il suffisamment bon pour que Mamoru Hosoda puisse conserver indemne son aura ?

Difficile pour moi de répondre à cette question. En effet, je suis loin d’être passionné par le cinéma d’animation japonais. Le cinéma d’animation japonais est un cinéma assez particulier. Toujours plus fantasque et surréaliste, si l’on n’arrive pas à s’immerger pleinement dans la mythologie qui nous est contée ou dans le monde qui nous est dévoilé, il s’avère presque impossible d’apprécier le film. Telle est la façon dont je perçois ce cinéma et dont je le ressens. Cependant, il existe des films au scénario et à la mise en scène suffisamment bien élaborés pour permettre à tout à chacun d’être touché ou de passer un bon moment. C’est le cas du nouveau film d’animation réalisé par Mamoru Hosoda, Le Garçon et la Bête. Partant d’un simple postulat de départ, le film réussit à délivrer un scénario riche et ambitieux pouvant donner lieu à de multiples péripéties, et ce, dans des mondes divers et variés. Comme son titre le stipule ouvertement, le film met en exergue la complémentarité naissante entre les deux personnages qui forment le duo principal du film. Mais à l’inverse, on a une affiche qui reprend une des images fortes du film, à savoir une opposition et non une complémentarité entre les deux personnages.

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Deux personnages que tout oppose. Le monde auquel ils appartiennent réciproquement, la culture qui leur a été enseignée, et ce, jusqu’à leur caractère. Tout oppose ces personnages qui vont être complémentaires grâce à leurs différences. Le Garçon et la Bête c’est une très belle histoire qui nous est contée par Mamoru Hosoda. Une histoire universelle sur la mixité sociale et sur la façon de vivre en harmonie avec les autres. Un film dans lequel les personnages doivent apprendre à vivre ensemble afin de grandir et de devenir l’être honorable et respectable qu’ils se doivent d’être. Un film qui finalement repose sur une morale sous toute simple et basique, mais qui grâce aux nombreuses oppositions mises en évidences par l’animation et qui vont s’avérer être des ressorts humoristiques judicieux, réussi à faire passer son message avec justesse et bienveillance. C’est véritablement un beau scénario. Un scénario malin, puisque juste, dans le dosage de l’émotion et de la comédie, mais également, car il allie le fantasque au réalisme. Le Garçon et la Bête reste avant tout un film d’animation japonais dans son animation, ainsi que dans les grandes lignes de son scénario. L’on retrouve un monde surréaliste où les créatures vivent et parlent en harmonie, les personnages sont caractériels et se hurlent dessus sans arrêt ou tout au contraire, vont être d’un calme implacable et la majorité des personnages reposent sur des archétypes du genre. Mais ce n’en est pas dérangeant pour autant, même pour un non-adepte du genre. Les tics qui font de ce cinéma ce qu’il est, sont présents, mais ne sont pas embarrassants puisque minimisés. Seuls les doublages français peuvent décontenancer les spectateurs qui n’ont pas le choix et le découvre de cette manière.

D’un point de vue artistique, Le Garçon et la Bête est un beau film, mais pas la claque à laquelle on aurait pu s’attendre. La direction artistique est belle, avec sa palette de couleurs chatoyantes en corrélation avec cette bienveillance omniprésente et cette morale avant tout positive. On reprochera cependant des plans moins soignés que d’autres, notamment en ce qui concerne les arrière-plans et la vie qui peut s’y instaurer. Ce qui fait vivre le plan, l’image est soignée, à l’instar de ce qui est en arrière-plan et sensé donner vie au monde dans lequel évoluent les protagonistes. Des textures qui manquent de finesse, des personnages qui n’ont aucune expression et qui ne font que passer par là… Certains détails sautent aux yeux, alors que d’autres s’avèrent suffisamment minimes pour que l’on passe outre. Les défauts signalés ne restent que de simples détails, mais des détails qui peuvent embellir un film et lui permettre d’être plus qu’un beau film.


 

En Conclusion :

Le Garçon et la Bête est une belle surprise. Un film qu’on ne s’attend pas forcément à aimer lorsque l’on n’est pas adepte du cinéma d’animation japonais, mais qui, grâce à son scénario rondement bien écrit, à ses personnages caractériels attachants et à sa direction artistique chatoyante réussit à nous transporter avec aisance. Un beau film, pas seulement sur le plan artistique (où il accuse de divers défauts), mais également d’un point de vue scénaristique. Les personnages nous touchent par leurs histoires respectives et l’histoire nous touche, car nous atteint directement, nous humains qui possèdent en chacun de nous le problème décrypté au cœur du film. Qui est lui-même une métaphore subtile et juste. Une belle surprise qui pourrait en surprendre plus d’un, parmi ceux qui ont envie de se laisser tenter.

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