La Voix du Succès, satire convenue, mais attachante


Synopsis : « Une petite bande soudée de mercenaires immortels, dirigée par la redoutable Andy, se bat depuis des siècles pour protéger les humains. Mais tandis que le groupe est engagé pour une mission des plus périlleuses, ses pouvoirs hors du commun sont soudain révélés au grand jour. C’est alors qu’Andy et Nile, tout dernier soldat à avoir rejoint l’équipe, doivent tout mettre en œuvre pour neutraliser leurs ennemis. Car ces derniers ne reculeront devant rien pour détourner les pouvoirs des immortels à leur profit. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Il y a des films dont on sait, rien qu’en lisant le synopsis, ce que l’on va y trouver… et alors que la raison nous guide vers une autre salle, notre petit cœur nous pousse vers ce film. Et même si l’on sait que tout est convenu, au sortir de la salle, on aura passé un moment chamallow. Un moment doux, moelleux et agréable. La Voix du Succès n’est rien d’autre qu’un feel-good movie sur une diva de la musique et sa jeune assistante dont le but est de lui rappeler qu’aucune carrière n’est finie même si on est une femme noire de plus de 45 ans.

Les thématiques sont lancées : la place de la femme dans une société du spectacle hyper masculine, la possibilité de toujours croire au succès et l’obtenir après 45 ans sans devoir en passer par la résidence à Vegas, et surtout, la place des noires dans l’industrie musicale. Toutes ces thématiques tiennent dans le scénario écrit par Flora Greeson, basé sur ses souvenirs d’assistante chez Universal Music. Elle a concoctée une histoire aux petits oignons : celui du combat des femmes pour imposer la réussite malgré tout.

Cependant, il ne faut pas voir en La Voix du Succès plus que ce que le film doit être : un pamphlet féministe… la réalisation parsème ses thèmes forts par petites touches. Il faut dès lors, plutôt envisager le film comme un moyen pour deux actrices de renouveler leur jeu et prendre un nouvel envol. Car bien plus que la love-story convenue et rassurante (en mode “salade tomate oignons” d’un Last Christmas dont on vous parlait l’année dernière), c’est le portrait de deux actrices en puissance que conte le film. Si Dakota Johnson poursuit son évolution afin de faire oublier les Nuances de Grey pathétiques, Tracee Ellis Ross, en star au tournant de sa carrière, lui vole souvent la vedette. Actrice de télé et productrice reconnue, elle charrie dans ce film tout son héritage. Celui de ses deux parents : son père, le producteur, Robert Ellis Silberstein et surtout sa mère, Diana Ross même si elle se défend s’en être inspirée pour son rôle.

Les numéros musicaux sont au cordeau. Vocalement, c’est un pur plaisir pour les oreilles… Dakota Johnson prouve qu’elle a un joli filet de voix et Kevin Harrison Jr. prouve encore une fois l’étendue incomparable de sa tessiture vocale. Et pour compléter le casting, on retrouve Ice Cube, producteur obnubilé par l’argent comme un opposé de ce qu’il fut en tant que rappeur. Le film est donc joliment troussé grâce à l’image léchée et soignée par le travail sur la photographie de Jason McCormick et un montage fluide… cependant, on pourra aussi éprouver un poil d’ennui face à ces stars sans réels soucis financiers. Surtout que l’on sait pertinemment ce qui va arrivé, car le scénario est cousu de fil blanc pour qui prête un minimum d’attention aux personnages. Car oui… mais bon on ne va tout de même pas spoiler le final !

Sans être désagréable, ni fondamentalement corrosif, le scénario n’est que rarement le portrait un peu vachard et satirique du monde du spectacle comme on avait pu le voir sur l’univers des médias l’année dernière dans Late Night. Et même si on retrouve à la réalisation Nisha Ganatra, le film ne bénéficie pas de la force et la fougue du duo Mindy Kaling et Emma Thompson. Et en explorant le même concept de départ (celui de la jeune pousse qui veut réussir grâce ou à cause du coup de main d’une supérieure), Nisha Ganatra ne dispose pas d’un scénario écrit avec la verve de Mindy Kaling.

Pourtant en sortant de la salle, le spectateur en aura eu pour son comptant : La Voix du Succès est un film joli et mignon… musicalement adorable et soutenu… corrosif juste ce qu’il faut, mais trop convenu pour marquer l’histoire du cinéma. Ou ne serait-ce que la mémoire du spectateur. Il reste des morceaux musicaux attachants et vocalement réussis qui laissent une sensation agréable en tête. Et peut-être de nouveau l’envie de conquérir le monde !


« Sans être désagréable, ni fondamentalement corrosif, le scénario n’est que rarement le portrait un peu vachard et satirique du monde du spectacle comme on avait pu le voir sur l’univers des médias l’année dernière dans Late Night. »

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