La Vache (Critique | 2016) réalisé par Mohamed Hamidi

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Synopsis : “Fatah, petit paysan Algérien n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu’il rêve d’emmener à Paris, au salon de l’Agriculture. Lorsqu’il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles.L’occasion pour Fatah et Jacqueline d’aller de rencontres en surprises et de vivre une aventure humaine faite de grands moments d’entraide et de fous rires. Un voyage inattendu et plein de tendresse dans la France d’aujourd’hui.”

Mohamed Hamidi est le réalisateur derrière le sympathique Né quelque part (2013), film sur les origines, l’appartenance d’un être à son pays d’origine ou à son pays de naissance et les conflits que cela entraîne. Mais le réalisateur n’a pas toujours été derrière la caméra, ni même dans le milieu du cinéma. C’est avant tout un expert en économie-gestion qui a fondé le Bondy Blog, blog dans lequel il a occupé la place de rédacteur en chef et blog qui a fait découvrir de jeunes journalistes talentueux comme Mehdi et Badrou qui font le webédito Vie RapideHamidi est un réalisateur qui aborde souvent des thèmes propres à son cinéma, la jeunesse, la recherche de l’identité. Son cinéma est ouvert sur le monde et sans préjugés néfastes. La Vache, son second film est l’occasion de confirmer les bonnes impressions laissées par Né quelque part.

La Vache engage directement sur Fatsah Bouyahmed, véritable révélation du film, qui chantonne quelques chansons françaises des années 70. Au départ on ne comprend pas bien de quoi il s’agit, l’accent ultra prononcé (exagéré) de Fatsah floute complètement la compréhension des paroles, on reconnaît l’air et alors on décrypte. C’est hilarant, un véritable décalage se créer entre la voix harmonieuse de Fatsah et les paroles, ce qui rend la chose à la fois comique et sérieuse, limite gênante. Le film jouera de ce procédé tout du long, avec plus ou moins de réussite, sans jamais devenir malaisant. C’est ensuite qu’Hamidi pose les bases de son personnage, il est la risée du village, car il entretient une relation passionnelle avec sa vache. Chose totalement ridicule, mais qui en devient touchante quand on assiste à l’interprétation de Fatsah et la candeur du personnage qu’il interprète. C’est là tout l’art du film, rendre drôle ce qui ne l’est pas par le jeu du comédien.

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Le film tient son âme dans la performance de Fatsah qui est bluffant tout du long. Car oui, ce sont les personnages et leurs interprètes qui frappent le spectateur. Fatsah est toujours juste, incroyablement fin dans son jeu, l’accent ne fait pas tout, c’est tout le personnage qui œuvre à rendre le film meilleur. Jamel Debbouze joue un personnage plus en retrait dans l’histoire, plus clichée aussi et moins originale, surprenant. Il n’empêche que Jamel est toujours dans les tons, laissant la place à la relation Fatsah/Lambert Wilson. C’est le personnage de Lambert Wilson qui introduit le thème principal, d’abord une cohabitation pour ensuite donner place à une sorte de spirale élève/mentor qui s’inverse constamment tout du long. Lambert est dans un premier temps le mentor qui montre la France à Fatsah pour ensuite passer élève du paysan qui lui redonne la joie de vivre et lui montre les choses simples de la vie. Les deux sont d’une précieuse aide l’un et l’autre, avançant tous les deux pour atteindre chacun leurs objectifs, pour Fatsah arrivé à Paris avant le début du salon de l’agriculture, pour Lambert Wilson, surpassé sa dépression et retrouver sa joie de vivre.

Si les personnages, leurs traitements et les relations qui en découlent sont excellents, la réalisation reste pour le moins banal. Hamidi sait diriger ses comédiens, il sait faire de jolies cadres, de belle proposition pour mettre en avant les magnifiques paysages de France et du Maroc (Algérie dans le film). Pour le reste, ça reste le plus basique possible sans pour autant être repoussant ça pousse à se concentrer sur les personnages, leur évolution, leurs motivations. Hamidi livre un film humain qui se veut ambassadeur de la joie de vivre, alors oui ça peut sembler complètement naïf, mais ça fonctionne parfaitement et on en sort le sourire aux lèvres. Le film nous fait voyager par ses images de paysages, mais aussi par sa musique qui s’accorde parfaitement avec le visuel, musique qui amène au voyage, allant chercher la nostalgie et différentes émotions. En abordant, une pléthore de thèmes Hamidi vise large tout en restant précis sur ce qu’il veut montrer. Il parle d’amour avec le couple de Fatsah, de la pudeur et de la différence entre les cultures occidentales et orientales. Lambert Wilson et Fatsah créent un pont entre ces deux cultures. Ce qui amène à des situations toujours plus drôles, touchantes, vraies. Si on ne rigole pas aux éclats on est toujours ému, amusé par les scènes que le réalisateur met en scène. Le film tient parfaitement sur la longueur et s’arrête exactement là où il le devait.


En Conclusion :

La Vache est un feel good movie, c’est aussi un road trip, tout en étant un buddy movie. Ce film ne rentre pas dans une case, c’est surtout un film frais qui fait du bien, pas forcément un chef-d’oeuvre, ni un film qui marquera l’histoire, mais assurément un bon moment qui fait tout oublier le temps d’1h30.

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