La Prophétie de l’Horloge réalisé par Eli Roth [Sortie de Séance Cinéma]

 

Synopsis : « Cette aventure magique raconte le récit frissonnant de Lewis, 10 ans, lorsqu’il part vivre chez son oncle dans une vieille demeure dont les murs résonnent d’un mystérieux tic-tac. Mais lorsque Lewis réveille les morts accidentellement dans cette ville, en apparence tranquille, c’est tout un monde secret de mages et de sorcières qui vient la secouer. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Eli Roth poursuit sa mue : après les slasher-movies qui ont fait sa réputation et son jeu d’acteur chez Tarantino (Inglorious Basterds), il balance pour le film familial. Après un petit détour par le thriller et l’action quand même, le voilà plongé dans une histoire de mages et de sorcières. De l’horreur soft en quelque sorte ? Cette prophétie de l’horloge est adaptée du premier des 12 tomes de la série écrite par John Bellairs depuis les années 1970. Le dernier volume est même sorti il y a 10 ans. Pour adapter le premier livre et tenter de créer une nouvelle franchise, en plus de l’expertise d’Eli Roth, il fallait un créateur de génie et de talent qui sait manier l’horreur, le fantastique tout en restant grand public. Cette personne existe : Eric Kripke, le papa de Supernatural, la série de CW, aux déjà 14 saisons. Et dans cette série où l’on suit deux frères qui traquent les forces du Mal, Sam et Dean Winchester, le spectacle et les effets spéciaux sont au rendez-vous. Et la série est véritablement déclarée tout public (ou presque). De fait, pour la Prophétie de l’horloge, deux talents sont réunis pour réussir à transposer un univers littéraire qui pourrait faire les beaux jours du cinéma. Et si vous ajoutez Amblin Entertainment à la production, la maison d’E.T donc Spielberg à la manœuvre.

Le cadre est posé habilement, vous avez envie de rêver et au final… au final, le film est sympathique. On comprend très vite qu’Eli Roth est partagé entre son envie de proposer une œuvre fidèle à l’original et pour tout public. Et en même temps, il ne peut s’empêcher de jeter un petit œil à son univers slasher et sanglant. La scène des pantins est en ce sens symbolique de son cinéma : faire peur en s’appuyant sur les terreurs de toutes et tous. Et en mettant la petite dose nécessaire pour ne pas basculer dans le côté obscur de l’horreur. Si le film fonctionne c’est que l’imaginaire de l’auteur sied pleinement à la mise en scène d’Eli Roth. La maison hantée a juste ce qu’il faut en elle pour ne pas sombrer dans la caricature. Les rêves cauchemardesques du jeune Lewis (que joue avec un naturel confondant Owen Vaccaro) sont à la limite entre la féérie et le terrifiant. Et puis reste le casting composé de Kyle MacLachlanJack Black et surtout Cate Blanchett. Le premier effraiera comme à son habitude, d’autant qu’il revient d’entre les morts. Jack Black et Cate Blanchett assurent le spectacle : ils cabotinent, prennent un réel plaisir à jouer ensemble et transforment le film fantastique en véritable divertissement familial.

Si Jack Black a déjà participé à un spectacle horrifique pour enfants, la première adaptation de Chair de poule ou encore la nouvelle adaptation de Jumanji. L’actrice australienne, quant à elle, continue son ouverture grand public. Dans le parcours de la star, il semble désormais y avoir comme une envie de proposer des respirations dans son parcours d’actrice cérébrale. En fait, avec La prophétie de l’horloge, Cate Blanchett propose une offre à la fois posée et intelligente mais aussi une partition d’humour et un ping-pong délicieusement drôle avec Jack Black. En clair, l’actrice est arrivée à un moment de sa carrière où elle peut envisager tous les choix sans jamais envisager de détruire tout ce qu’elle a créé. Certes tout n’est pas parfait dans le film : le scénario est prévisible, certains effets spéciaux sont ratés (Jack Black bébé n’est pas la réussite du film) mais les décors, l’ambiance et les costumes sont une réussite. Tout cela participe à la volonté de croire en cette nouvelle famille de mages et de sorciers qui prend naissance sous nos yeux. Y aura-t-il une suite ? Cela pourrait être une bonne idée mais à la condition de positionner la série sur le créneau des fêtes d’Halloween avec une montée en puissance de l’horreur au même titre que le jeune Lewis grandit. Mais le film n’a engrangé que 55 millions de dollars aux USA. Wait and see donc…


« En abandonnant le slasher-movie, Eli Roth n’oublie pas complètement d’où il vient tant certains personnages sont flippants mais il arrive à se contenir pour éviter que les plus jeunes ne sursautent trop. »


 

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