La Grande Muraille réalisé par Zhang Yimou [Sortie de Séance Cinéma]

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Synopsis : “Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Je pense que je dois être abonné à ces films au casting “all stars” qui ont tout pour faire rêver et qui font “pschitt” à la fin. Sur le papier, on retrouve l’acteur Matt Damon, le réalisateur Zhang Yimou (à qui l’on doit des chefs-d’œuvre du cinéma chinois tel que Épouses et Concubines) ou encore l’actrice Jing Tian qui vient d’être choisie pour jouer dans la suite du film de Guillermo del Toro : Pacific Rim. Tout pour que le film La Grande Muraille soit un grand film d’action et la véritable rencontre entre le savoir-faire oriental et le blockbuster américain. D’entrée de jeu, on peut dire que la limite est atteinte. Il s’agit juste d’un blockbuster auquel on sait à quoi s’attendre. Le souci premier se trouve être le scénario, beaucoup trop basique pour totalement emporter le spectateur. Pourtant, les scénaristes ne sont pas les perdreaux de l’année. Sur le papier, on retrouve le duo formé par Carlos Bernard et Doug Miro, à qui l’on doit le pilote de Narcos. Ils se sont adjoint les services du réalisateur/scénariste et producteur Tony Gilroy, que vous connaissez maintenant comme le script doctor du film Rogue One : A Star Wars Story. Il faut également savoir que le réalisateur Edward Zwick, réalisateur du Dernier Samouraï et de Jack Reacher : Never Go Back a officié en tant que producteur du film, ce qui n’est en soit, en rien une surprise. Cependant, malgré ce casting de renom, l’alliage ne fonctionne pas, la prise est ratée. Est-ce que le scénario est mauvais ? Non, ce n’est pas ça. Le scénario est juste mince et conventionnel au possible. Il ressasse des recettes vues et revues dans le cinéma américain tout en apportant quelques belles idées sous-exploités, pour ne pas dire : non exploitées. En clair, vous prenez une pensée du film Godzilla (celui de Gareth Edwards, qui n’était déjà pas fameux), un peu de Pacific Rim pour l’action et les meilleures scènes de films comme Tigre et Dragons et Le Secret des Poignards Volants (déjà réalisés par Zhang Yimou). Secouez bien fort pour obtenir La Grande Muraille.

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Matt Damon et Jing Tian : duo héroïque de choc prêt à tout pour sauver le monde !

Ça virevolte, ça tourne dans tous les sens, les monstres sont effrayants, les armures épatantes et…c’est tout. Oui, vous avez bien lu : c’est tout. De la traditionnelle histoire du prisonnier qui épouse la cause d’un pays, le réalisateur en retire une bluette à l’eau de rose qui ne dit pas son nom. Bien entendu les scènes d’action sont spectaculaires et Zhang Yimou s’amuse toujours autant avec l’aspect fantaisiste et spectaculaire du Wu Xia Pian. Sa mise en scène joue toujours autant sur l’horizontalité que la verticalité des décors, un véritable régal pour les amateurs du genre. On se laisse prendre au jeu, mais il y a un sentiment de gâchis qui prévaut en fin de film. Un sentiment de gâchis créée à cause de cette histoire qui semble inachevée. On sent bien l’envie de franchise qui est en préparation si le succès est au rendez-vous. Mais il y aussi d’autres défauts. Malgré le côté débonnaire et bon enfant du duo Matt Damon/Pedro Pascal, on se rend compte qu’il aurait pu être exploité davantage. La présence de Willem Dafoe est vaine, on sent le film “alimentaire” pour ce dernier. Et puis parce que malheureusement, la mise en scène virevoltante qui a fait le succès de Zhang Yimou est ici poussée à son extrême. À tel point que l’on a du mal à croire à cette légende de la Grande Muraille de Chine, ce symbole d’une barrière infranchissable. Le réalisateur nous propose une Chine médiévale tronquée, sorte de rencontre entre des Power Rangers sauce américaine (les armures sont belles, mais trop de couleur empêchent de les rendre totalement crédibles) et la tradition du cinéma chinois. La Grande Muraille souffre du syndrome du film survendu avant sa sortie par l’alignement d’étoiles sensées créer un pur bonheur pour les spectateurs. Cependant, depuis quelque temps, ces alignements échouent (Passengers pour ne citer que lui). Si le spectacle reste grandiose, les scènes narratives sont paresseusement mises en scène au point que cela en devient parfois risible. La Grande Muraille avait tout d’un grand film, mais se résume finalement à l’affrontement entre des monstres terrifiants – même si les Kaiju de Pacific Rim sont bien plus monstrueux – et des humains qui veulent protéger le monde. La finalité du film se résume à l’idée que la Chine est le dernier rempart pour sauver l’humanité. Alors qu’en fait, il faut y voir la parabole d’un sauvetage du marché du cinéma américain par l’Orient. En préférant se concentrer sur la possibilité d’engranger des billets verts, les majors (ici Legendary Pictures et Universal France) oublient d’apprendre de la Chine le meilleur dans la mise en scène et la narration. Ce n’est pas encore aujourd’hui que nous assisterons à l’union entre l’Orient et l’Occident pour le meilleur du cinéma et le mélange des cultures. Dommage…

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