La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins (Critique | 2016)

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Synopsis : “Depuis qu’elle a été abandonnée bébé par sa mère, Gilly Hopkins, 12 ans et au caractère bien trempé a épuisé une à une ses familles d’accueil. Assistant social, institutrice, copine de classe, familles d’accueil: Gilly n’a besoin de personne et elle le fait savoir. Mais son arrivée chez Maime Trotter, chaleureuse et bienveillante, va peut-être tout changer pour Gilly…”

The Revenant, Pattaya et The Finest Hour. Voici les trois films qui sont parus sur une large palette d’écrans français le mercredi 24 février 2016. Les habitués des multiplexes Gaumont et Pathé se diront qu’il n’y a pas énormément de sorties en ce jour puisque pour savoir qu’il y a bel et bien d’autres longs métrages qui sont parus en ce 24 février il faut être bien au fait de l’actualité cinématographique. Des films qui n’ont pas eu droit à la même promotion et qui sont malheureusement sortis dans l’anonymat le plus complet. Parmi ces films, on retrouve Tempête, film réalisé par Samuel Collardey, mais également La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins. Deux films auxquels on se doit d’offrir entre une heure trente et deux heures de notre attention. Ce qui n’est vraiment pas grand-chose et ils le méritent peut-être plus que des films dont on parle à outrance et à tors et à travers.

Katherine Paterson est une auteure américaine de littérature pour la jeunesse reconnue. Elle n’a pas publié des dizaines d’ouvrages, mais c’est fait un nom grâce à un certain Bridge to Terabithia, paru en 1977 puis adapté au cinéma en 2007 sous le titre : Le Secret de Terabithia. Long-métrage avec Josh Hutcherson et Zooey Deschanel qui n’a pas marqué les esprits de chacun, mais qui avait réussi à se faire remarquer, en récoltant 82 millions de dollars pour un budget estimé à 60 millions. En France, le film avait également dépassé la barre symbolique du million de spectateurs. Un joli score pour un film destiné avant tout à un jeune public. Cette fois, ce n’est pas une aventure pour les plus jeunes, mais bien d’une comédie dramatique humaine et sentimentale dont nous fait part Katherine Paterson. Publié en 1978, soit à peine un an après Bridge to TerabithiaThe Great Gilly Hopkins – renommé chez nous Gilly et la Grosse Baleine – plonge le spectateur dans une aventure humaine et sentimentale qui va pousser une jeune adolescente à la vie de famille difficile, à s’ouvrir davantage aux autres. Pas de fantastique dans cette aventure réaliste et presque naturaliste dans l’expression des émotions afin de toucher plus facilement le spectateur, mais on conserve comme constante l’envie de faire un film qui parlera avant tout à un jeune public. Avec La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins, le jeune public est ouvertement ciblé. Un jeune public qui entre dans sa période adolescente et qui va avoir tendance à renier ses parents ou à se donner une image plus importante que celle du petit enfant qu’il pouvait être au par avant.

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Stephen Herek, réalisateur de films comme Les Petits Champions ou encore Les 101 Dalmatiens, sait s’y prendre avec les plus jeunes. La bienveillance a toujours été son mot d’ordre et à ce niveau, il nous le prouve une nouvelle fois avec ce long-métrage. La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins n’est pas un film qui marquera l’histoire du cinéma. Ce qui n’est pas son but. Au contraire, le film cherche à offrir aux spectateurs de tout âge un film divertissant. Un beau film, une jolie comédie dramatique à l’expression des sentiments réaliste, mais toujours avec bienveillance et une certaine tolérance envers chacun des personnages. La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins se base sur l’histoire de cette fameuse Gilly Hopkins. D’un point de vue scénaristique, le film est une réussite, et ce, même s’il n’est pas riche en surprises et rebondissements. Bien au contraire, il s’agit d’un scénario hollywoodien en trois parties, tout ce qu’il y a de plus linéaire et convenu. Un scénario qui est une réussite, car il réussit à donner du cachet aux personnages. Grâce à des dialogues savamment écrits, cette fiction n’a rien d’utopique ou d’idéaliste. Elle est tout à fait réaliste dans son écriture des personnages et dans les confrontations qu’ils vont pouvoir avoir ensemble ou envers la vie (terme généraliste utilisé pour ne pas avoir à détailler les événements qui vont se dérouler au cours du film).

Ce qui va permettre au film de réussir dans l’expressivité des sentiments des personnages ne va pas uniquement être sa mise en scène minimaliste ou le resserrement – ou inversement – de l’espace sur les personnages par le biais du cadre, mais bien les acteurs eux-mêmes. Le film La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins est porté par d’excellents acteurs qui ont fait le cinéma hier et qui le feront demain. Là où Glenn Close réussit avec un personnage léger et en arrière-plan à faire de son personnage une femme forte et intrigante sur la fin, Kathy Bates touche et épate le spectateur. Elle apporte à son personnage une froideur, ou à l’inversement, une sensibilité et une tendresse folle. On la connaissait notamment par le biais du psychotique Misery. On la redécouvre ici sous un nouveau jour qui lui va à ravir. Réaliser un film avec une inconnue en tête d’affiche est un pari risqué. On le ressent au travers du non-succès du film à l’international et notamment en France où personne ne connaît ce long-métrage. Cependant, quelle belle surprise que de (re)découvrir une jeune actrice talentueuse, touchante et au jeu nuancé. Découverte en 2011 avec le film La Voleuse de Livre, la jeune canadienne Sophie Nélisse délivre une superbe interprétation. Elle porte avec brio le film, même si bien épaulé par des acteurs secondaires remarquables. Une froideur décuplée par un certain charisme et une bonne humeur communicative. Ce qui fait de cette Gilly Hopkins un personnage réaliste, avec ses bons et ses mauvais jours. Ses crises et ses remises en questions. Ses bons et ses mauvais moments. Un beau personnage pour une excellente actrice que l’on reverra à coup sûr et très prochainement.


En Conclusion :

La Fabuleuse Histoire de Gilly Hopkins est ce qu’on appel un beau film. Un film qui ne surprend pas, à cause d’un scénario linéaire et convenu. Ce qui ne l’entache pas et ne lui permet pas de ne pas être un beau film, un divertissement bienveillant et familial de qualité. Porté par un scénario aux dialogues savamment bien écrits et un casting épatant emporté par la talentueuse Sophie NélisseStephen Herek livre une adaptation de qualité. Un film qui ne marquera pas les esprits, mais permettra de passer à une ou plusieurs reprises un très bon moment.

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