La Belle et La Bête [Critique]

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“1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.”

La Belle est La Bête est un conte intemporel, qui renaît chaque décennie des cendres de la précédente version afin de coller à sa nouvelle époque. Avant d’avoir été dérivée dans plusieurs registres tels que la comédie musicale grâce à la version Walt Disney parue en 1991, l’histoire de La Belle et La Bête remonte à 1740. Paru dans un recueil de contes nommé “La Jeune Américaine et les contes marins” et écrits par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, c’est seulement dix-sept années plus tard que cette histoire connue un succès populaire grâce à une réécriture qui insistait lourdement sur l’histoire d’amour, au détriment du coté féerique de l’histoire originelle. Cette seconde version a en 1946, donnée vie à une version cinéma réalisée par Jean Cocteau avec dans les rôles-titres Josette Day et Jean Marais. Film absolument extraordinaire grâce à une mise en scène minutieuse et à une réalisation mystérieuse, ce film ne pourra être surpassé et c’est pour cette raison que Christophe Gans ne s’y est pas attaqué. En effet, contrairement au film de Cocteau, Christophe Gans a choisi de revenir aux origines de ce conte en effectuant une adaptation cinématographique de l’histoire écrite par  Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Véritable conte de fées, ce nouveau film prend à bras le corps tous les moyens technologiques existants pour faire vivre au plus grand nombre une histoire fantastique dans le sens propre comme au figuré.

Débutant toute chose par le bien connu “il était une fois”, Christophe Gans ne se cache pas derrière un rideau et nous dévoile sans plus tarder que son film est un conte qui pourra être vu à la fois par des enfants et par leurs parents. Véritable histoire d’amour entre une bête et une belle qui arrivent à s’aimer grâce à leurs beautés intérieures, le film reprend les bases du conte de fées, mais incrémente ce dernier de métaphores compréhensible par un public plus âge. Disposant de plusieurs degrés de lecture, La Belle et La Bête est un film au scénario conditionné, mais créatif et ingénieux. Pouvant être perçu comme une simple histoire d’amour naïve et sans surprise, il peut surtout être compris comme étant riche en connotations négatives sur l’homme et sur sa façon d’être. Contrairement au film de Cocteau qui utilisait uniquement le présent pour faire découvrir les deux personnages, Christophe Gans va plus loin dans la description des personnages en utilisant un contexte économique pour nous faire comprendre les besoins de la Belle, mais également un univers féerique et surréaliste pour nous permettre de découvrir la Bête.

Plus proche que jamais du cinéma de Guillermo del Toro, Christophe Gans embrasse pleinement le récit de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve avec son utilisation des fées diseuses de rêves – astuce intelligente permettant d’incorporer de manière fluide des flashbacks au récit -, de géants protecteurs ou même de différents dieux à la symbolique écologique. Récit mêlant le fantasme et la réalité, La Belle et La Bête est un film de genre fantastique qui use de bien belle manière le bestiaire dont il dispose. Bestiaire dans lequel on retrouve à la fois des créatures surréalistes, réalistes et divines. Cette dernière catégorie est intéressante, car elle repose sur un seul personnage – dont je tairais le nom – qui est omniprésent, mais dont la présence ce fait uniquement ou presque par le biais de la nature qui entoure nos personnages. La nature est un élément très important dans cette nouvelle adaptation du conte puisqu’il dispose d’environnements vastes et de décors majestueux, aux couleurs chatoyantes ou très ternes. Toujours dans la volonté d’offrir aux spectateurs un véritable conte fantastique et populaire, Christophe Gans illumine ses décors et les sublimes grâce à de superbes effets spéciaux aux couleurs toujours plus surréalistes et enjôleurs.

C’est beau, c’est spectaculaire, c’est féerique, c’est millimétré – avec des effets de lumières absolument divins – et toujours avec la même volonté de mettre en avant le côté fantastique et féerique du conte de 1740. Malgré toutes ses belles choses, La Belle et La Bête n’est pas parfait puisqu’on regrettera une direction d’acteur trop théâtrale et dans la démonstration, ainsi que de seconds rôles caricaturaux et lourds avec en tête André Dussolier et une Audrey Lamy insupportable. Face au charisme imperturbable de Vincent Cassel et à l’élégance de Léa Seydoux qui reste malgré tout trop dans la retenue, les seconds rôles font tâches et agaces. La Belle et La Bête n’est pas un film parfait, mais c’est un conte spectaculaire, féerique et beau qui nous prouve qu’avec un film misant énormément sur les effets spéciaux on peut également avoir une réalisation de très bonne facture, parsemée de véritables fulgurances dans le choix des cadres, un scénario bien écrit même si déjà connu de tous ainsi qu’une direction artistique absolument superbe sublimée par une belle photographie qui met bien en valeur le contenu dans son ensemble.

4/5

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Concept Arts du film La Belle et La Bête signés François Baranger :

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0 commentaire sur “La Belle et La Bête [Critique]

    1. J’ai envie de dire que je te comprends et je te comprends concernant le film. Après on peut pas être du même avis sur trois films d’affilés, ce serait trop beau (cf : Les Trois Frères, le retour et Mea Culpa) !

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