Kung Fu Panda 3 (Critique | 2016) réalisé par Jennifer Yuh

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Synopsis : “Po avait toujours cru son père panda disparu, mais le voilà qui réapparaît ! Enfin réunis, père et fils vont voyager jusqu’au village secret des pandas. Ils y feront la connaissance de certains de leurs semblables, tous plus déjantés les uns que les autres. Mais lorsque le maléfique Kaï décide de s’attaquer aux plus grands maîtres du kung-fu à travers toute la Chine, Po va devoir réussir l’impossible : transformer une horde de pandas maladroits et rigolards en experts des arts martiaux, les redoutables Kung Fu Pandas !”

Alors que Disney est actuellement en plein essor non pas grâce aux franchises Star Wars et Marvel, mais bien grâce au carton international et de surcroît mérité, du film Zootopie, Dreamworks Animation bat légèrement de l’aile. Leurs productions sont reconnaissables parmi les autres grâce à cette envie de faire de l’entertainement pour les plus jeunes. Ils utilisent la même recette depuis la création du studio et ont de cette manière pu se reposer sur des franchises. Shrek dans un premier temps, Kung Fu Panda actuellement, Les Croods qui est en passe d’en devenir une, mais également Dragons qui grâce aux très bons Dean DeBlois et Chris Sanders qui ont fait leurs gammes dans les studios… Disney ! À l’image de la filiale Disney Pixar, Dreamworks Animation se repose énormément sur la force de leurs franchises afin de divertir le public. Mais est-ce que le simple fait de vouloir divertir le public s’avère suffisant ?

À en voir les résultats du Box Office International ou encore les renommées que peuvent avoir majoritairement les productions Dreamworks Animation, il faut croire que non. Divertir c’est beau, mais il faut savoir faire preuve d’originalité et de créativité pour marquer au fer rouge la mémoire collective. Kung Fu Panda 3 est un film d’animation dans la veine des productions Dreamworks Animation habituelle. De la structure narrative au ton utilisé, c’est du Dreamworks Animation. Ni plus, ni moins. À cause de ce cahier des charges dont la prédominance est marquée par le besoin de rester au plus près des premiers opus de la franchise, Alessandro Carloni et Jennifer Yuh, réalisateurs du film, n’ont pu le sortir de ce carcan infernal. Ce qui peut être très bien perçu comme négatif, mais également positif. Kung Fu Panda 3 est un film d’animation qui saura divertir et égayer les plus jeunes et fidèles de la franchise. De par ses scènes d’action, cette bienveillance constante envers les personnages au travers des dialogues et mise en situation et la sympathie communicative de son protagoniste, Kung Fu Panda 3 en réjouira plus d’un. Protagoniste, nommé Pô, dans lequel on retrouve cette naïveté touchante que peuvent avoir des enfants émerveillés lorsqu’ils découvrent de nouvelles choses, mais également rapidement agacés et agaçants, ce qui rend la situation souriante. Cette palette émotionnelle transmise par Pô, fait en sorte que le film ai une véritable aura et fonctionne pleinement comme un divertissement enfantin, agréable et facile d’accès. Une bonne chose, mais ça ne va pas plus loin et ne cherche pas à aller plus loin.

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Afin de comparer avec ce qu’il y a de comparable, Dragons 2 allait bien plus loin ne serait-ce que dans le ton employé. Un ton, toujours aussi bienveillant, mais qui pour le bien du protagoniste n’hésitait pas à mettre le mettre face au danger, face à la mort. Une dramaturgie bien plus poussée et un fort accent dramatique ne dérangeaient pas la bienveillance à l’égard du protagoniste, bien au contraire. En cherchant à n’être qu’un divertissement jovial qui minimise l’accent dramatique, Kung Fu Panda 3 ne surprend à aucun moment et ne réussit pas à transporter. Le monde proposé est un monde utopique, un monde bucolique dans lequel un méchant cherche à s’emparer du pouvoir des plus grands maîtres du Kung Fu. Sauf que ce monde aux couleurs chatoyantes est si lisse qu’il n’est pas possible de croire en l’avènement et la monstruosité de cet antagoniste. Sa structure narrative conventionnelle, ses personnages secondaires qui ne restent qu’au stade de side kick et ses enjeux rébarbatifs déjà usés jusqu’à la corde dans les précédents opus n’aident guère à élever ce Kung Fu Panda 3 dans notre estime.

S’il y a bien un aspect sur lequel Dreamworks Animation semble travailler depuis maintenant quelques années, c’est le rendu visuel. Depuis la sortie de Dragons premier du nom, puis celle du film Les Croods, les techniciens semblent accordés plus de temps au travail visuel. Tout en conservant cet aspect “grossier” dans le rendu esthétique des personnages, qui en deviennent presque caricaturaux, mais qui permettent de conserver ce surréalisme cartoonesque propre aux univers que développent les productions Dreamworks, ils apportent un véritable soin aux détails. La gestion de la lumière est de plus en plus fine, à l’image de la gestion de la faune et de la flore. Certains arrières-plans s’offrent un rendu matte painting du plus bel effet, jouant énormément avec le côté “asiatique” du film. Kung Fu Panda 3 passe à un nouveau stade chez Dreamworks Animation à ce niveau. Un rendu bien plus réaliste, des textures plus fines et détaillées, avec un travail soigné apporté aux divers pelages et fourrures afin d’embellir les protagonistes. Même si le film se contente du minimum et n’ose pas prendre véritablement de parti pris dans son esthétique afin de ne pas brusquer ses fidèles et spectateurs, il se permet d’améliorer quelques détails et de ne pas se reposer sur ses quelques lauriers. À noter également les scènes d’actions dans le monde des esprits qui nous permettent d’admirer le niveau de détails lors des destructions de décors, ainsi que cette colorimétrie verte à la symbolique prononcée et intéressante au vu du contexte du film.


En Conclusion :

Si vous attendiez Kung Fu Panda 3 comme l’épisode de la renaissance ou l’épisode du changement, attention les yeux. Même si divertissant dans les grandes lignes grâce à son protagoniste attachant et touchant, ainsi qu’à ses quelques scènes d’action et son rendu visuel quelque peu correct, il ne reste qu’un simple divertissement. Un simple divertissement au scénario minimaliste et à la dramaturgie inexistante. Ce manque d’enjeux scénaristiques et cette bienveillance naïve, même si louable dans un premier temps, ne permettent pas au film de dépasser le stade du divertissement enfantin. Il ne marquera pas les esprits, à l’image de la bande originale réalisée par Hans Zimmer avec la collaboration de Lorne Balfe et de Lang Lang qui dynamisent le tout, mais avec des compositions conventionnelles qui cherchent à amplifier les émotions produites par la bande image. On notera la sympathique prestation de Manu Payet qui donne une nouvelle fois sa voix à Pô. Un doublage qui ajoute un charme, un flegme qui va bien à ce personnage.

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