Knight of Cups (Critique Vidéo | 2016) réalisé par Terrence Malick

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Synopsis : “Knight of Cups suit la quête de Rick, un scénariste en vogue, entre Los Angeles et Las Vegas. Au milieu de décors urbains grandioses, il cherche à briser le sort qui l’a plongé dans une mélancolie profonde. Sur sa route, des femmes telles des muses l’aideront à leur façon à trouver sa voie.”

Terrence Malick, un des plus grands cinéastes encore vivants. Chacun des films qui forgent sa filmographie est une oeuvre à part. Une oeuvre qui aura et suscitera encore et toujours un engouement de la part de spectateurs. Sa filmographie compte à l’heure actuelle sept films : La Ballade Sauvage, Les Moissons du Ciel, La Ligne Rouge, Le Nouveau Monde, The Tree of Life, A La Merveille et Knight of Cups. Sept films réalisés en l’espace de 45 ans. Aucun autre cinéaste n’aurait pu créer autour de lui une telle aura. Seul celui qui à l’image de Stanley Kubrick cherche à cultiver le secret autour de sa vie en ne se montrant pas de manière officielle en public aura pu réussir telle prouesse. Prouver aux yeux de tous en l’espace de quatre films qu’il fait partie des plus grands et que lorsqu’il souhaite changer littéralement son cinéma il le fait sans dédaigner. Depuis 2011 et la Palme d’Or, The Tree of Life, Terrence Malick a entamé une nouvelle étape dans sa carrière. Un prolongement dans sa carrière, des mêmes thématiques, mais une forme différente, bien loin de la zone de confort a laquelle nous a habitué le cinéma hollywoodien.

Terrence Malick est un cinéaste mystérieux. On ne sait véritablement et de source sûre, que très peu de chose sur lui et sur sa vie. Que ce soit aussi bien du côté personnel comme professionnel, puisqu’une photo de lui sur un tournage s’avère être aussi rare qu’un kangourou en dehors de l’Australie. Un mysticisme qu’il tient à préserver et qu’il cultive. Terrence Malick est maintenant synonyme de mystère. Par définition, ce qui est mystérieux intéresse et attire l’homme, curieux et avare en informations de naissance. Ce cinéaste s’est forgé une image médiatique, une image médiatique qui n’est peut-être pas représentative, de qui il est, mais qui est représentative de ce qu’il fait transparaître au travers de ses œuvres cinématographiques. Le cinéma est un art, et contrairement à un homme aussi puissant soit-il, l’art pourra prospérer, traverser les générations. Une oeuvre pourra être vue, décriée, adulée et ne cessera d’évoluer en fonction de l’évolution de l’homme et de sa société. Grâce à ce revirement dans la forme même que peut prendre un long-métrage, Terrence Malick a su évoluer et sortir d’un carcan qui semblait l’étouffer. Un carcan formé par le conformisme hollywoodien qui veut qu’un film ait un début, un milieu et une fin.

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Sortir de cette forme de cinéma c’est proposer une nouvelle définition aux spectateurs qui devront s’y adapter et et pour le cinéaste, perdre un large public en route. Ce qui ne semble pas déconvenir au cinéaste. Au travers du triptyque The Tree of Life, A La Merveille et Knight of Cups, Terrence Malick démontre que le cinéma c’est avant tout raconter une histoire avec des images et lui donner forme par le montage. Les cadres sont soignés, la photographie est lumineuse et l’opérateur fait le choix audacieux de la courte focale. Ce qui donne à l’image ce format singulier qui décuple la force immersive pouvant ressentir le spectateur. L’impression constante d’être aux côtés des personnages, au plus près d’eux. La caméra est sans cesse en mouvement et va de cette manière aller et venir sans pour autant prendre en compte les moindres gestes du protagoniste. Une sensation constante de flottement règne dans ce film. Sensation renforcée par un faible nombre de répliques et par les diverses voix off aux tonalités de voix légères et douces. Dans ces films, Terrence Malick dissocie avec force la voix de l’image. L’image nous conte une histoire qui va être renforcée et agrémentée par la voix. Rare seront les moments où les deux interviendront simultanément et où la voix aura une influence sur l’image. Les images sont suffisamment fortes en sens et en symbole pour que le spectateur n’ait pas besoin d’informations supplémentaires afin qu’il puisse comprendre leur intérêt respectif. Finalement, les voix off et leurs répliques poétiques, souvent métaphysiques vont être moyen d’évasion de l’histoire contée par les images. S’évader en se demandant principalement à qui s’adressent les personnages ? Ou encore s’évader vers un sujet encore plus large, sujet  existentiel, à connotation religieuse tel que la vie, la mort, la peur…

Knight of Cups représente une plongée au cœur d’une vie de débauche. Une plongée aux côtés d’un scénariste à Hollywood, la vision critique de Terrence Malick sur Hollywood et le cinéma hollywoodien. Un monde de débauche où l’amour et la luxure se confondent, donnant vie à une nouvelle forme d’amour : l’amour par intérêt. En traitant du monde de la luxure à Hollywood, le cinéaste donne un réel sens à l’utilisation d’une imagerie et technique moderne. La courte focale, la photographie lumineuse… représentent et mettent en valeur tout ce qu’il y a de plus artificiel. Le protagoniste est à l’image de la société dans laquelle il évolue, il en est devenu tout aussi artificiel et peut-être dénué d’émotions. Knight of Cups peut être vu comme une première conclusion à ce que le cinéaste avait déjà développé au travers de ses deux précédentes œuvres. Les sujets de la vie, de l’amour et de la famille sont encore une fois au cœur du récit, mais ils vont cette fois faire qu’un.


En Conclusion :

Knight of Cups où la rencontre parfaite entre une manière de faire et son sujet. Une technique tout ce qu’il y a de plus moderne et artificiel pour des personnages qui semblent l’être. Tout est y est beau, y est lisse et semble parfait. C’est ce que l’on souhaite montrer, mais ce n’est qu’une façade. Derrière cet aspect lisse et de perfection se cachent des personnages torturés et qui cherchent des réponses. Un film qui, à l’image de The Tree of Life ou A La Merveille, ne convient pas à un large public, mais qui saura trouver son public. Public qui réussira à y voir une certaine richesse, prouvant que le cinéma est un art avant tout visuel, qui peut créer des personnages et des histoires majoritairement par le montage.

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Les compositions signées Hanan Townshend vont venir embellir les images et enrichir émotionnellement le récit. Décupler la force des quelques répliques déclamées par les voix off là est l’intérêt de la musique pour ce film. Des compositions qui ne sont pas mises en avant, mais qui sont omniprésentes et qui permettent au film de découler avec fluidité. C’est notamment grâce aux compositions que le film dispose de son aspect fantomatique et enivrant. Un bonheur à écouter. De très belles mélodies auxquelles on fait bien plus attention et dont on se rend compte de l’importance au cours du film une fois qu’on les as écoutées en dehors du visionnage du film.

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Bande Originale disponible à l’écoute avec des titres supplémentaires, sur DEEZER.


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