Kingsman : The Golden Circle réalisé par Matthew Vaughn [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis.
Face à cet ultime danger, les deux services d’élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Celui qui a débuté sa carrière de réalisateur avec le thriller Layer Cake semble avoir pris la tangente depuis quelques années. Depuis 2010 et le succès mondial d’un certain Kick-Ass, le cinéaste américain Matthew Vaughn n’a cessé d’en mettre plein la vue des spectateurs. Dans le genre bien à part du blockbuster, Hollywood tant à toujours aller plus loin. Produire du divertissement pour du divertissement, dans le simple but d’amasser de l’argent. Et si de temps à autre il est possible de produire un film recherché sur le plan artistique qui puisse contenter les cinéphiles et le grand public, pourquoi pas ! Kick-Ass en 2010, X-Men : First Class en 2011 puis Kingsman : The Secret Service en 2015. Trois films, trois “adaptations” de comic book de qualité, qui, au-delà du nom de leur metteur en scène et de leur grande accessibilité, partagent un troisième point commun : la consommation d’amphétamines. À l’inverse d’un Zack Snyder dont la mise en scène très terre-à-terre colle avec son esthétique typée film noir néo-réaliste dans l’âme, Matthew Vaughn cherche à faire décoller le spectateur. Quitte à divertir ce dernier, à lui offrir du grand spectacle cohérent et logique dans son déroulé, même si royalement surréaliste, le cinéaste américain y va à deux cents pour cent. Il assume ce surréalisme par une réalisation nerveuse et prône de plus en plus un cinéma aussi loufoque que spectaculaire.

Dans ce sens, Kingsman : The Golden Circle se présente comme le climax de la construction d’une œuvre (sa filmographie NDLR) qui n’aura cessée de nous surprendre. Que l’on aime ou que l’on déteste, l’on ne peut renier le jusqu’au-boutisme du cinéaste. De la bande originale à la mise en scène en passant par l’écriture et le montage, aucun élément technique n’est laissé au hasard. Une cohérence globale permettant à l’œuvre finale d’être qualifiée comme jusqu’au-boutiste, et au choix, jouissive ou détestable à souhait. Qualifiable comme la rencontre improbable entre la comédie The Brothers Grimsby et le film d’espionnage Skyfall (pour prendre l’exemple de film James Bond moderne), Kingsman : The Golden Circle est un blockbuster hollywoodien qui ne laisse pas indifférent. Encore moins que son ainé. Suite plus ou moins directe du premier film paru il y a deux ans maintenant, Matthew Vaughn passe outre les présentations. Ces dernières faites au travers du premier film, il peut de ce fait démarrer son film avec une scène d’action sous amphétamines.

Doté d’une mise en scène nerveuse, d’une bande originale dopée et d’une chorégraphie de combat aérienne, ce premier « set piece » lance le film sur les chapeaux de roues. Scène d’action impressionnante qui va lancer le récit et lui permettre par la suite de dérouler avec une fluidité irréprochable. Si l’on peut reprocher au scénario son manichéisme, sa prévisibilité et son manque de recherche (extrêmement proche de celui du premier film dans sa construction narrative), difficile cependant de lui reprocher de ne pas être d’une impeccable fluidité dans son déroulé scénaristique. Même si critiquable, Kingsman : The Golden Circle repose sur un scénario suffisamment bien mené afin d’enchaîner les scènes d’action avec aisance, tout en donnant justifiant avec logique le retour d’un certain Harry Hart (interprété par Colin Firth). Élément scénaristique que le cinéaste Matthew Vaughn voulait garder secret, contrairement aux producteurs qui ont préféré bâtir le marketing du film autour de ce retour. Bravo ! Par ailleurs, Matthew Vaughn développe le background de la licence Kingsman avec l’arrivée des Statesman. Penchant américains des espions anglais, ces derniers apportent par le biais de leur caractérisation haute en couleur et drôle, car assurément caricaturale, un vent de fraîcheur non négligeable. Manière non-dissimulée de montrer que le terme Kingsman n’est pas qu’un simple nom ou film, mais bel et bien une franchise que les producteurs se feront un plaisir d’user jusqu’à la moelle.

Même si bien écrit et jouissif à souhait grâce à une mise en scène et une réalisation de haute volée, notamment lors d’un climax furieusement jubilatoire même si sans réelles surprises puisque reprenant les codes techniques employés dans le premier opus, Kingsman : The Golden Circle accuse le coup du trop-plein. Ce ton décomplexé qui faisait le charme et la singularité du premier opus, fonctionne bien moins sans l’effet de surprise. Pour y pallier, Matthew Vaughn met les bouchées doubles. Plus de « set piece », plus de musique, plus de personnages et plus de musiques. À trop vouloir en faire, le cinéaste gâche quelque peu le plaisir du spectateur et arrive à rendre quelque peu agaçant ce qui faisait la force de Kingsman : The Secret Service. Dommageable, même si on ne boude pas son plaisir si l’on aime la patte Matthew Vaughn (réalisation/mise en scène nerveuse), l’humour régressif et le whisky.

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