Jeune Bergère, portrait intimiste d’une jeune femme travailleuse et déterminée



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Synopsis : « Stéphanie est une jeune mère célibataire. Parisienne d’origine, elle a tout quitté pour réaliser son rêve et vivre plus près de la nature. Installée en Normandie, au cœur des prés salés du Cotentin, elle se réinvente en apprenant le métier de bergère. À la tête de son troupeau, elle découvre au quotidien les joies et les difficultés de sa nouvelle vie rurale. »

Jusqu’ici tout va bien, Apprentis Parents, Escape Game, Sang Froid, Celle que vous croyez, Les Éternels, Mary Stuart Reine d’Écosse ou encore les documentaires Nice Girls Don’t Stay for Breakfast et Jeune Bergère. Le mercredi 27 février 2019 ressemble au couloir principal d’un établissement scolaire 3 secondes après le retentissement de la sonnerie. On ne sait où donner de la tête et ce qu’il faut retenir de ce flot de sorties. Comme à l’accoutumée, il est bon de dire qu’il y en a pour tous les goûts. Ce qui n’est pas totalement faux. Si on se fis à nos goûts, on vous dirait par exemple que le film Sang Froid est une purge sans non alors que Mary Stuart Reine d’Écosse une merveille que vous devez absolument voir. Malheureusement si se côtoient navets et chef-d’oeuvre en une même journée de sortie, cette dernière se transforme finalement en une chasse aux sorcières. Les sorcières étant les films qui ont le moins de chance de ramener du monde dans les salles de cinéma. Évidemment, si le dernier revenge movie avec Liam Neeson va truster le plus grand nombre d’écrans possible, il va être difficile d’en dire autant d’un documentaire comme Jeune Bergère. Alors que, derrière son titre tiré de derrière les fagots, se cache un joli petit film qui ne révolutionnera pas le genre, mais vous offrira un “retour” au cinéma direct pas des moins intéressants.

Jeune Bergère raconte l’histoire de Stéphanie, originaire de la ville de Paris qui un beau jour, quitta son emploi et la capitale française pour bâtir une ferme dans la campagne normande, en partant de rien. Le postulat du film documentaire réalisé par Delphine Détrie est extrêmement simple. Une simplicité qui va être la force motrice du film dans son intégralité et au sein de laquelle la réalisatrice va piocher de temps à autre afin de révéler, petit à petit, l’intérêt véritable de ce film. À l’image d’un film de fiction, pour avoir un bon film documentaire, il faut avoir de bons personnages. Des personnages qui sont ici de véritables personnes. Il faut trouver le ou les profils, dignes d’être bien plus que de simples personnages de cinéma. Avec le parti pris du cinéma direct et d’un storytelling qui ne cherche pas à se servir des codes instaurés par le cinéma, la réalisatrice prend des risques dès le départ. Le spectateur est directement plongé dans le bain. Aucune introduction, ni présentation, mais le début d’une journée comme une autre au cœur de la campagne normande aux côtés de celle que l’on va apprendre à découvrir au fur et à mesure des minutes.

Stéphanie n’est pas actrice. Elle ne cherche pas à être sympathique ou à créer une empathie dès les premières minutes du film. Elle parle peu et ne semble pas être quelqu’un qui parle pour ne rien dire. Les premières minutes sont longues, assez pesantes pour un spectateur qui ne sait pas à qui il a faire, ni où il est et ce dont il va être question malgré un titre de film fortement évocateur. Un parti pris narratif risqué, mais qui s’avérera payant sur le long terme grâce à son intervenante principale qui (par le biais d’interactions avec la réalisatrice) va se livrer petit à petit au spectateur, indirectement. S’effaçant au montage et derrière sa caméra, la réalisatrice devient par la force des choses la représentation du spectateur auquel s’adresse indirectement l’intervenante. Un véritable parti pris narratif qui permet au film de ne pas être catalogué comme simple reportage télévisuel alors que son dispositif filmique pourrait tendre vers cette remarque. Il n’y a qu’une parole qui est celle de l’intervenante. C’est elle qui raconte son histoire par le biais des événements qui vont lui arrivés et c’est elle qui va délivrer le propos final et global du film, par le prisme de son histoire. Une belle preuve que faire de belles images ne suffit pas, c’est avant tout le contenu qui permet à un objet cinématographique de captiver et intéresser.

Derrière son titre évocateur, Jeune Bergère est un film dans l’air du temps qui développe le portrait d’une femme seule qui se bat pour être respectée par les autres et être traitée d’égale à égale. Une femme de caractère qui se bat contre les inégalités, en plus de devoir bâtir son propre empire de ses propres mains et à partir de zéro. Les obstacles sont nombreux, mais la volonté et la persévérance de cette jeune maman lui permette de tout donner afin d’achever ce qu’elle avait décidée de commencer. En cette période où le moindre film de fiction qui met en avant un personnage féminin est catalogué comme féministe, à tors comme à raison, n’y aurait-il finalement pas plus beau, fort et revendicateur que le portrait d’une femme, tel que celui réalisé par Delphine Détrie avec les outils du cinéma direct ? Il n’y a rien de plus fort que la réalité et même si le film Jeune Bergère se retrouve rapidement limité à cause de son sujet et de son nombre d’intervenants réduit au nombre d’une, il n’en demeure pas moins un film documentaire perfectible sur quelques points techniques, mais porté par ce qu’il raconte indirectement par le biais de sa Jeune Bergère.

« Le cinéma direct dans sa plus belle simplicité, utilisé pour capter la réalité et délivrer un message de détermination et de volonté par le prisme du portrait de cette Jeune Bergère. »



CONCOURS



A l’occasion de la sortie du film Jeune Bergère dans les salles de cinéma françaises, on vous fait Gagner 3×2 Places de Cinéma afin d’aller voir le film avec la personne de votre choix. Un film indépendant distribué par KMBO Films dont le catalogue regorge de petites merveilles tels que Lucky, The Young Lady et Relève : Histoire d’une Création.

Pour participer, il vous suffit de Partager/RT un des posts rédigés à cette occasion, sur Facebook ou Twitter. Bonne Chance et Bonne Séance !
Date de Participation : du vendredi 22 février 2019 au jeudi 28 février 2019 inclus
Jeu-concours limité à la France Métropolitaine


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3 commentaires sur “Jeune Bergère, portrait intimiste d’une jeune femme travailleuse et déterminée

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