Iron Sky : The Coming Race, retrouvailles politique saupoudrées de cocaïne

Synopsis : Vingt ans après les événements d’Iron Sky, l’ancienne base de la Lune est devenue le dernier refuge de l’Humanité. La Terre a été dévastée par une guerre nucléaire, mais dans ses entrailles se cache une puissance qui pourrait sauver les derniers humains … ou les détruire une fois pour toutes ! Face à la menace, un groupe d’aventuriers s’échappe de la Lune et pénètre au centre de la Terre pour y affronter une race reptilienne d’origine extraterrestre.


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Si je vous dis Iron Sky, vous pensez quoi ? Navet ? Nanar ? Comédie ? Radis ? Nazis ? Tant de terme, de qualificatifs qui peuvent tous correspondre à un ressenti suite au visionnage du film paru en 2014. Si l’on pourrait le qualifier de nanar, Iron Sky premier du nom n’en était pas pour autant un. Le nanar est un film tellement mauvais qu’il en devient drôle, risible, jubilatoire grâce à un ridicule involontaire. Il en existe des palettes entières, il y en a pour tous les goûts et même pour ceux qui n’aiment pas ce genre de film, souvent ridiculisé, mais également acclamé. Iron Sky est une comédie au postulat ridicule. Une comédie absurde, mais en aucun cas un nanar, car elle est assumé. Une histoire surréaliste, invraisemblable qui convoque des éléments issus de notre réalité, ainsi que des éléments mythologiques et d’autres, purement fictionnels. Une caricature grossière, absurde, irréaliste et décomplexée de notre société, tellement jusqu’au-boutiste qu’elle en devient drôle et jubilatoire si l’on arrive à se prendre au jeu. Tout le monde n’est pas réceptif à ce genre d’humour absurde grand-guignolesque, mais ceux qui le sont ont de quoi vouer un culte à la saga Iron Sky.

Ce qui n’était qu’un petit film extrêmement bien produit, car servi par de superbes effets visuels, est bel et bien devenu une marque à part entière. Iron Sky devient peu à peu une licence, une saga… le Iron Sky Universe. En cette époque où Marvel truste les sommets des box-offices de chaque pays, quoi de mieux pour une licence qui s’amuse et caricature notre société que de créer son propre « Universe », ne serait-ce simplement, pour se moquer de cet effet de mode qui consiste à réunir des personnages connus du public dans un seul et même univers pour les faire se rencontrer ? D’un côté, vous avez Captain America, Iron Man, Hulk… de l’autre vous avez Adolf Hitler, Staline et confrères. Deux salles, deux ambiances comme dirait l’autre. Si on ne va pas s’amuser à faire une critique ou une analyse d’un film tel que Iron Sky: The Coming Race, on se pose la question : qu’est-ce qui fait fondamentalement qu’un film tel que celui-ci fonctionne sans être catalogué de nanar ou de navet ?

Une question assez longue, pour une réponse des plus simples : c’est terriblement assumé et cohérent. Pour cette suite tant attendue par les amateurs du premier film, les scénaristes se sont laissé porter par leurs envies les plus folles. À l’image d’une mode en vogue, depuis quelques années maintenant, Iron Sky: The Coming Race met l’accent sur les références. Des personnages, des objets, des peintures, des récits… Iron Sky: The Coming Race enchaîne les références et s’en donne à cœur joie afin que le spectateur en vienne à rester captivé, attentif et dans l’expectation de ce que le scénario lui réserve comme nouvelle(s) surprise(s). Les références et idées saugrenues, tant scénaristiques que de mise en scène, s’enchaînent avec décadence et indécence. Dès son générique, qui pioche autant du côté de la saga James Bond que du style d’un certain Zack Snyder, le spectateur sait qu’il va faire face à une œuvre pas comme les autres. Une comédie pas comme les autres, mais une vraie comédie absurde qui n’est pas un navet ou un nanar. Il a tout du navet incontrôlable et risible, mais Iron Sky: The Coming Race réussit avec audace à être une véritable comédie, qui plus est drôle et ça, ce n’est pas donnée à toutes, grâce à une cohérence qui fait sourciller le « Universal Monster Univers ».

Pour faire rire comme pour émouvoir, pour que le spectateur puisse s’immerger dans l’action et y prendre part afin de ressentir des émotions, il faut que l’univers écrit et dépeint soit cohérent. Qu’il réponde à un ensemble de règles (lire notre article dédié au film John Wick : Chapter 3 – Parabellum où l’on décrypte l’univers dans lequel évolue le personnage) auxquels les scénaristes et metteurs en scène vont devoir se soumettre. Qu’on le comprenne ou non, une œuvre comme Iron Sky: The Coming Race répond à un cahier des charges. Un cahier des charges qui comprend un nombre de règles qui vont définir : ce qu’est Iron Sky. C’est un film décomplexé, extrêmement référencé. C’est une satire vulgaire, jusqu’au-boutiste dans la caricature de personnages politiques. Se permettre tout et n’importe quoi, mais de manière décomplexée. Si Iron Sky: The Coming Race est une excellente suite drôle et accomplie c’est grâce à la création de ce cahier des charges lors de l’écriture et la réalisation du premier film. Les bases sont posées, il suffit maintenant de les faire évoluer, d’aller encore plus loin, de ce permettre tout et n’importe quoi, tant que ça reste décomplexé et irrévérencieux.

C’est du théâtre, du théâtre de l’absurde pop, car se servant d’éléments qui font partie intégrante de la pop culture et de notre culture. Voir des nazis coloniser la Lune puis d’autres planètes est aujourd’hui normal dans le cadre d’un film Iron Sky. Encore plus, c’est ce que l’on attend, ce que l’on veut. L’on veut découvrir de nouvelles espèces, de nouvelles surprises qui invoqueront des personnages de notoriété publique détournés afin de faire rire et de divertir un spectateur qui aime la transgression et l’irrévérence, mais la bonne. Celle qui est bien faite, car au-delà de tout ça, Iron Sky: The Coming Race est un film diablement jubilatoire visuellement. Il n’est pas le budget d’un Avengers Endgame pour ne citer que lui, mais si on excepte quelques beaux caches misères et quelques intégrations ratés, visuellement c’est très beau. Un film bien produit, qui a su mettre son budget là où il fallait. Prochaine étape : réussir à intégrer une belle mise en scène, une mise en scène incarnée qui ne consistera pas simplement à faire courir ou subir ses personnages. Il y a néanmoins quelques belles idées et visuellement c’est très dynamique sans avoir uniquement recourt à de simplistes champs/contre champs (coucou à Joe et Anthony Russo).

Alors non, ce n’est pas le film de l’année. Non ce n’est pas un grand film, ni même une grande comédie. Mais c’est une belle réussite pour celui ou celle qui aime le cinéma z, un cinéma décomplexé jusqu’à l’extrême, qui ose et ne se prive de rien tout en étant cohérent dans ce qu’il propose afin d’offrir une oeuvre qui correspond aux envies et attentes des personnes en question.


« L’équivalent d’une injection de cocaïne directement dans la trachée. Délire pop/régressif tellement assumé qu’il en devient jubilatoire, car over the top jusqu’à la moelle. »


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