Ip Man 4 : Le Dernier Combat, ou, Ip Man qui tatane de l’américain

Synopsis : « Dans le dernier opus de la saga mythique, Ip Man se rend aux Etats-Unis à la demande de Bruce Lee afin d’apaiser les tensions entre les maîtres locaux du Kung-fu et son protégé. Il se retrouve très vite impliqué dans un différend raciste entre les forces armées locales et une école d’arts martiaux chinoise établie dans le quartier de Chinatown à San Francisco. Dans une apothéose de combats ultra-maîtrisés, avec la grâce et la sérénité qui le caractérisent, Donnie Yen donne vie, pour la première fois sur grand écran en France, au légendaire maître chinois de Wing Chun. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Sortie tardivement sur nos écrans français, Ip Man 4 : Le dernier combat vient conclure une saga d’arts martiaux considérée comme l’une des meilleures dans son genre, toujours réalisé par Wilson Yip, après deux premiers épisodes très réussis et un troisième volet plus mitigé, où Ip Man faisait face à Mike Tyson. Dans ce quatrième et dernier volet de la saga, Ip Man (le légendaire Donnie Yen) se rend aux Etats-Unis pour rejoindre son protégé, le célèbre Bruce Lee qu’on ne présente plus, afin d’apaiser les tensions entre les maîtres locaux du Kung-fu et son ancien élève. Très vite, Ip Man se retrouve impliqué dans une guerre locale entre l’armée américaine et une école d’arts martiaux chinoise de Chinatown, à San Francisco, où il fera face notamment au sergent Barton Geddes (le très caricatural Scott Adkins). En résumé, Ip Man étant de passage aux USA, va se retrouver dans un conflit local, malgré lui, où il va devoir tatane de l’américain pour leur apprendre ce qu’est le respect. Cette phrase peut sembler assez caricaturale, mais pourtant, c’est ce que nous donne plus ou moins à voir ce quatrième volet. 

Au niveau de l’action, les combats de ce nouvel épisode sont chorégraphiés par le célèbre coordinateur de combats Yeon Woo-Ping (MatrixKill Bill) qui donne largement le change à ce niveau. Inventif sur la forme, parfaitement rythmé au niveau du montage et du découpage, percutant et viscéral dans les coups, Ip Man 4 tatane sévère et il le fait sentir au spectateur. Les amateurs du genre seront donc servis en terme de chorégraphies, tandis que les plus novices y verront une porte accessible vers un genre codifiée qui leur donnera sûrement envie d’aller découvrir quelques classiques du film d’arts martiaux, tels que La Fureur du Dragon (Bruce Lee, 1972) ou la Fureur de Vaincre (Lo Wei, 1972). 

Si Ip Man 4 est un épisode plus accessible par ses scènes de combats qui peuvent plaire autant aux amateurs qu’aux initiés, son scénario manque parfois sacrément de subtilité, notamment dans sa dimension politique. Si l’on peut saluer la volonté du cinéaste d’ancrer son récit dans le contexte du Chinatown des années 60 et de sa guerre locale sur fond de racisme, il suffit de voir débarquer l’américain Scott Adkins déguisé en caricature du Sergent Hartman de Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987) pour vite comprendre que la vision politique de son cinéaste ne va pas être de tout repos pour le spectateur.

Entre la vision très caricaturale du mode de vie capitaliste des années 60 (une immersion dans un foyer d’une famille américaine typique qui provoque un rire gênant) et le racisme local envers les habitants de Chinatown poussé à son maximum dans sa représentation, la volonté plus que louable de Wilson Yip de dépeindre un portrait social et politique des conditions de vie des immigrés chinois de Chinatown se voit contre balancé par une somme de clichés qui fait très vite basculé le portrait politique vers une parodie digne du Saturday Night Live. Néanmoins, les maladresses du portrait politique sont très vite oubliées lorsque le cinéaste offre une conclusion narrative plus que satisfaisante à son personnage, baignant dans une belle mélancolie où l’écriture aborde des thématiques universelles telles que l’héritage des traditions et la filiation père-fils, avec une subtilité qui en ferait presque oublié le portrait caricatural de la première heure du long-métrage.

Ip Man 4 se conclut alors sur un final mélancolique plutôt émouvant qui évoque les souvenirs de son personnage et son héritage dans un montage traversant les images marquantes des précédents volets de la saga, offrant au passage un bel adieu au célèbre maître de Bruce Lee. Une conclusion plus qu’honorable pour une belle saga d’arts martiaux au cinéma

« Parfois lourd et caricatural dans sa dimension politique, Ip Man 4 est rattrapé par une belle mélancolie et des chorégraphies soignées. Le Dernier Combat offre donc une conclusion plus que satisfaisante à une des meilleures franchises d’arts martiaux cinématographiques de ces dernières années. »

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