Insidious : La Dernière Clé réalisé par Adam Robitel [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Le docteur Elise Rainier, la brillante parapsychologue, va affronter le cas le plus effrayant et le plus personnel de son histoire : elle doit intervenir dans sa propre maison…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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En 2010, James Wan, jeune cinéaste ayant déjà fait ses preuves dans le cinéma d’horreur avec le premier volet de la saga Saw (2004), se révélé comme un cinéaste prometteur avec Insidious, un petit film d’horreur à petit budget qui revenait aux antipodes d’un cinéma d’épouvante à l’ancienne, loin des artifices du cinéma d’horreur actuel, nourri aux jumps-scares à effet numériques, se démarquant par sa maîtrise de mise en scène et un bestiaire de créatures rendant hommage aux films de la Hammer, reflétant les peurs profondes de l’enfance. Avec Insidious, James Wan se révèle comme un cinéaste qui sait mettre en scène l’horreur de manière intelligente, avec une maîtrise qui se concrétise avec The Conjuring (2013), film d’épouvante inspirée des véritables affaires paranormales d’Ed et Lorraine Warren (le cas le plus connu étant l’affaire Amytiville), qui ancre l’horreur dans notre réalité. Une mise en scène en mouvement, une caméra qui se balade dans la maison de manière fluide et fantomatique. Le second volet de la saga, The Conjuring 2 (2016), toujours signer par James Wan, puise dans le cinéma d’épouvante des années 80 avec des références comme Poltergeist réalisé par Tobe Hooper (1982). Le cinéaste avait déjà fait ses preuves en signant une suite à la première franchise, Insidious : chapitre 2 (2013), qui se plaçait dans une parfaite continuité avec le précédent volet, les deux films formant un tout cohérent dans le mariage entre la mise en scène maîtrisée du réalisateur et l’écriture du scénariste – acteur Leigh Whannel, interprète de Specs, l’un des deux chasseurs de fantômes dans la franchise Insidious, de Adam, l’un des deux hommes enchaînés dans la salle de bain dans Saw, dont il était déjà scénariste pour son ami James Wan).

Pour le troisième volet de la franchise, Insidious : chapitre 3 (2015), James Wan, toujours producteur de la saga, confie la réalisation à son scénariste Leigh Whannel, qui écrit et réalise un troisième volet qui s’inscrit dans la saga comme un prequel aux deux premiers films, suivant les aventures de Élise (interprétée par Lin Shaye), la médium du premier volet, et des deux chasseurs de fantômes geeks, dans leur première affaire paranormale avant le cas du jeune Dalton dans le premier opus. Si ce troisième film peinait à égaler la maîtrise de mise en scène des deux premiers volets, on pouvait reconnaître à ce troisième volet des idées de terreurs assez intéressantes et un bestiaire dans l’esprit de l’univers initier par Leigh Whannel et James Wan. Pour ce quatrième et dernier chapitre, intitulé La Dernière Clé (The Last Key dans sa version originale), la réalisation revient à Adam Robitel, scénariste du dernier volet de la saga Paranormal Activity, The Ghost Dimension (2015), James Wan conservant sa place de producteur, et Leigh Whannel son rôle de scénariste et d’acteur. Que pensez donc de cette conclusion de la franchise d’horreur à succès ?

Le troisième et quatrième film forme dans leur ensemble un prequel cohérent à la saga, en terme scénaristique, tout en restant plus ou moins dans l’esprit des deux premiers volets, notamment grâce à l’écriture de Leigh Whannel. Mais s’il y a un élément dans ce chapitre final qui trahit les débuts prometteurs de la franchise, c’est bien sa mise en scène. Insidious: La Dernière Clé rompe de manière définitive avec l’apparition du titre de la franchise dans un générique 3D d’une terrible laideur, en totale rupture avec l’apparition terrifiante du titre dans les deux premiers volets qui rappeler l’esthétique d’un cinéma d’horreur à l’ancienne. Si la réalisation de Leigh Whannel dans le troisième volet jouait avec l’obscurité, la tension et l’attente de l’horreur, notamment dans une scène remarquable où le scénariste-réalisateur éliminait au fur à mesure les sources de lumière autour de sa victime (un procédé de mise en scène propre au style de James Wan), Adam Robitel se contente de nourrir ses moments de terreurs de jumps-scares habituels au cinéma d’épouvante actuelle, jouant sur les gros effets sonores agressifs, à l’exception de quelques moments plutôt bien trouvés en terme de tension, mais sans pour autant éviter les facilités grossières. Le bestiaire de ce quatrième film n’apporte pas de réelles nouveautés à l’univers de la franchise, si ce n’est le caméo gratuit d’une des premières créatures imaginé par James Wan. La créature qu’affrontent les personnages dans ce chapitre final, Key Face (interprété par Javier Botet, sous un maquillage et un costume plutôt convaincant), se démarque par sa forme cauchemardesque qui rejoint l’esprit des créatures de la saga dont certaines resteront sans aucun doute gravées dans l’imaginaire horrifique du cinéma d’épouvante actuel.

Par quelques tours de passe-passe scénaristique, le film referme scénaristiquement la boucle de la saga, refermant littéralement les portes ouvertes par les débuts de la franchise, à l’image du deuxième volet où James Wan et Leigh Whannel répondaient habilement aux questions du premier film, formant une conclusion au premier segment de la saga. La conclusion de ce prequel en deux parties s’avère quant à elle assez feignante, Leigh Whannel utilisant les grosses ficelles scénaristiques et des flash-backs grossiers pour faire la connexion entre la fin de ce chapitre final et le début du premier volet. Insidious : La Dernière Clé marque l’enterrement définitif d’une franchise victime de son succès, après deux films maitrisés de bout en bout et un troisième et quatrième film où Leigh Whannel et Adam Robitel ont épuisé l’univers créé par James Wan jusqu’à ce que la franchise Insidious perde totalement son intérêt pour ne devenir qu’un potentiel de bénéfice sur une franchise horrifique à succès. Un chapitre final qui s’inscrit comme étant le plus mauvais film de la franchise, à l’exception de quelques bonnes idées qui s’inscrivent dans le bestiaire horrifique de la saga.

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Ce film est interdit aux moins de 12 ans


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