Les Hommes du Feu réalisé par Pierre Jolivet [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Philippe, 45 ans, dirige une caserne dans le Sud de la France. L’été est chaud. Les feux partent de partout, criminels ou pas. Arrive Bénédicte, adjudant-chef, même grade que Xavier, un quadra aguerri : tension sur le terrain, tensions aussi au sein de la brigade… Plongée dans la vie de ces grands héros : courageux face au feu, mais aussi en 1ère ligne de notre quotidien. “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Présent dans le paysage de l’audiovisuel français depuis 1980, le scénariste et réalisateur Pierre Jolivet ne se relâche pas. Six ans après la sortie du polar Mains Armées et trois ans après celle du drame Jamais de la Vie porté par Olivier Gourmet, le voici de retour avec Les Hommes du Feu. Comme son nom l’indique clairement, Les Hommes du Feu est un film dédié à la profession de pompiers. Une profession sous représentée au cinéma, sauf si l’on inclut de nombreux direct to vidéo venus du monde entier. L’on n’omettra cependant pas de grands titres tels que Backdraft, World Trade Center ou encore Piège de Feu avec Joaquin Phoenix et John Travolta. Du côté du cinéma français, ce n’est pas la même paire de manches. Pierre Jolivet apporte donc sa pierre à l’édifice et offre à cette profession un film digne de ce nom. Une œuvre cinématographique qui, sur le papier, a tout d’une publicité pour pousser à l’engagement, mais n’en est finalement rien. Ou presque. Au-delà de son aspect publicitaire pour la profession, Les Hommes du Feu est un vrai film de cinéma. Pierre Jolivet conte une histoire, celle de Bénédicte une adjudant-chef, première femme à faire son entrée dans une caserne du sud de la France située dans le département de l’Aude. De la place de la femme jusqu’au machisme assumé des pompiers, en passant par l’acceptation de l’homosexualité d’un de leurs collègues, le scénario ne fait l’impasse sur aucune des thématiques fortes liées à la profession. Simple, sans être pour autant simpliste, le film Les Hommes du Feu repose sur un scénario qui ne cherche à être plus que ce qu’il n’est. À savoir un film de cinéma qui rend hommage au métier de pompier avec une certaine sincérité et humanité. C’est cette humanité qui se dégage du film et qui met sur un piédestal l’œuvre dans sa globalité.

Roschdy Zem et Emilie Dequenne, deux excellents acteurs qui vont de l’avant et donnent tout pour leurs personnages.

Extrêmement bienveillant envers ses personnages, Pierre Jolivet (réalisateur, mais également scénariste du film) n’omet pas de les remettre à leur place si le besoin se fait ressentir. À l’instar d’un banal moment de vie, qu’il soit premiers ou secondaires, les personnages vont de moment de joie à des moments de peine. Les personnages ne sont jamais en repos, toujours en mouvement, toujours face à des émotions et situations toutes plus dures les unes que les autres. Remarquablement écrits, ce sont les dialogues qui vont inculquer au film la sincérité qui vont permettre à ce dernier de toucher émotionnellement le spectateur. D’une justesse assez incroyable, ils apportent aux situations un sentiment de naturel et ne pointent jamais du doigt ce qui est clairement dénoncé par le film. Sexisme, machisme… tout est clair, mais uniquement démontré par la mise en scène ou en sous-texte. Les confrontations et têtes à têtes qui auraient pu tendre le film à devenir moralisateur et sirupeux se transforment en moment de vie, en beaux moments qui vont clore une situation ou au contraire relancer l’histoire. Par ailleurs, les dialogues donnent du corps et du caractères à des personnages bien écrits qui dépassent les simples stéréotypes sur lesquels repose tout de même la base scénaristique. Au premier ou au second plan, ils ne sont pas que de simples faire-valoir, mais apportent tous et toutes quelque chose au film. Une caserne vivante, une caserne à laquelle se lie très rapidement le spectateur, permettant une immersion indéniable et à l’émotion de se faire ressentir beaucoup plus aisément. Au-delà de son scénario de qualité, Les Hommes du Feu surprend, voire impressionne par sa mise en scène. Dynamique et nerveuse, la mise en scène n’offre pas un moment de répit aux personnages toujours en mouvement. C’est à l’image du métier, de l’image que le spectateur a de ce métier difficile tant physiquement que psychologiquement. Un dynamisme que ne perd jamais le film, de l’ouverture des portes de la caserne à son magnifique dernier plan à la fois iconique et représentatif de la concision dont fait preuve le réalisateur. Un simple plan fixe, mais doté de trois niveaux de lecture grâce à une mise en scène précise. Un plan qui en dit long sur la précision dont fait preuve Pierre Jolivet dans sa mise en scène et du non-dit dont il fait usage dans son scénario.

L’on n’en attendait rien, et force est de constater que le film Les Hommes du Feu est un beau film. Plus qu’un film moralisateur envers les spectateurs ou les pompiers (ce qu’il est néanmoins en sous-texte), Les Hommes du Feu est un bel hommage à la profession et un beau film de cinéma. Sincère, humble, bienveillant, précis et concis dans sa mise en scène, mais également remarquablement bien écrit. Dynamique et énergique à l’image de la profession, le film offre de beaux moments tant visuellement qu’émotionnellement. Rien n’est forcé, tout paraît juste et naturel.

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