Headshot réalisé par Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto [Sortie de Séance DtV]

Synopsis : “Un amnésique dont le mystérieux passé de machine à tuer revient à la charge alors qu’il doit combattre un baron de la drogue.”


Tu éteins les lumières de ton salon, tu allumes ta télé ou ton ordinateur et lance le film. Oui, l’on n’est pas dans une salle de cinéma, mais bien dans un salon pour regarder un film en DVD, Blu-Ray ou VoD. Certains films n’ont pas le privilège de la sortie cinéma, mais se savourent tout de même chez soi.

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2010, 2012 puis 2014. Merantau, The Raid puis The Raid 2: Berandal. Du début de carrière au cinéma à la consécration seulement trois films après pour un réalisateur et son acteur fétiche. Gareth Evans (à ne pas confondre avec Gareth Edwards, réalisateur de Godzilla et Rogue One : A Star Wars Story) derrière et Iko Uwais devant la caméra. Acclamé par la presse et les spectateurs, The Raid 2: Berandal (seulement 50.000 entrées en France, mais avec une sortie sur les plateformes de téléchargement illégales trois mois auparavant) fût été une véritable révolution pour le cinéma d’action moderne. Une mise en scène nerveuse et des chorégraphies en adéquation avec une réalisation à l’épaule qui cherche à immerger le spectateur au cœur de combats brutaux. Le tout souligné par un montage qui ne cherche pas le surdécoupage pour créer un dynamisme supplémentaire, mais qui appuie et s’appuie sur les chorégraphies créées de toutes pièces par Yayan Ruhian et l’acteur Iko Uwais lui-même. Beau à voir, mais extrêmement violent et brutal, il y a un avant et un après The Raid 2: Berandal. Au point, où l’on en vient à se demander comment certains cinéastes et monteurs usent encore et toujours du surdécoupage (1 plan par seconde, voire plus) pour donner une impression de violence et un certain dynamisme aux séquences. Et ce, très souvent au détriment de la lisibilité et de la beauté des combats. Une façon de faire incompréhensible et de plus en plus conventionnelle, mais qui n’est pas à l’ordre du jour.

Plan sanglant représentatif de ce qui vous attend si vous regardez Headshot !

Même s’il n’atteint pas la perfection technique de son ainé, Headshot n’en demeure pas moins un “revenge movie” nerveux, viscéral et aux chorégraphies de combat des plus brutales. De sa réalisation, à sa mise en scène en passant par la construction narrative de son scénario, Headshot emprunte tout au film de Gareth Evans. Ce qui ampute à ce Headshot l’effet de surprise qu’il aurait pu offrir aux spectateurs, mais il s’avère suffisamment maîtrisé pour lui permettre de supplémenter à bien des niveaux la concurrence internationale. Un protagoniste amnésique, un baron de la drogue qui en veut à tout le monde et une jeune femme prise en otage par ce dernier. Trois éléments représentatifs de l’histoire que conte le film. Trois éléments qui constituent l’intégralité de l’histoire. Prévisible, conventionnelle, stéréotypée, caricaturale, mais aux séquences bien liées entre elles pour permettre au film de découler d’un seul trait. Un scénario cependant bien trop classique pour ne pas paraître prétexte et effacer de la tête du spectateur cette impression d’enchaîner les séquences à la manière d’un jeu vidéo où l’on enchaînerait les arènes et les combats.

Toujours plus nerveux et brutal dans ses coups, le film enchaîne les séquences de combat comme Bridget Jones enchaînerait les boîtes de mouchoir. Chorégraphiées par la Team Uwais, les combats sont lisibles et aisément identifiables comme : “fait pour le cinéma”. Les mouvements sont rapides, mais amples, bien découpés et entrecoupés par de rapides moments de pause (mouvements de soumissions, clefs de bras, un des assaillants qui se réfugie derrière ou sous un élément de décors…). Tout est mis en place pour ne pas gaver le spectateur et lui gâcher son plaisir. Ce dernier en redemande, ne sachant jusqu’où tout cela va bien pouvoir aller. Filmé intégralement caméra à l’épaule, les réalisateurs Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto sont imprégnés par la patte artistique de Gareth Evans. Totalement indépendante des chorégraphies de combat, la caméra suit les mouvements amorcés par les personnages, mais jongle avec habilité entre plans larges et plans serrés. Le tout toujours dans le but de fluidifier les combats, de les rendre encore plus nerveux et de ne pas occulter le plaisir jubilatoire des spectateurs. Une belle utilisation de la steady-cam qui prouve que si utilisée en adéquation avec les chorégraphies et la mise en scène, le double mouvement (mise en scène + réalisation) peut-être un avantage et non un inconvénient.

Puisque oui, le plaisir procuré par ce Headshot est indéniable. Nerveux, dynamique, viscéral, Headshot est un film d’action à la générosité sans limites. Une générosité trop imposante par moment, où certaines effusions sanguines auraient pu être réduites.

[usr 3,5]


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