Happy Birthdead réalisé par Christopher Landon [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ?


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Encore un film d’horreur ! Après le retour du tueur au puzzle de Saw dans Jigsaw qui se veut une “suite-prequel-reboot”… en clair, relançons la franchise malgré la mort du sadique en chef dans le dernier volet, voici la nouvelle production du studio Blumhouse. Vous le connaissez : petit studio, petit budget fauché et gros succès à la clé. Les derniers exemples en date sont bien entendu Split de Shyamalan et Get Out de Jordan Peele aux budgets de 8 millions de dollars maximum pour un retour sur investissement exceptionnel : 278 millions pour le premier et 253 pour le second avec des nominations aux Oscars à la clé.

Sur ces bons résultats, débarque cet Happy Birthdead. Encore une fois, on traduit le titre original Happy Death Day, beaucoup plus parlant, en un autre titre anglais, mais passons… L’originalité de ce petit film d’horreur est que notre héroïne détestable au possible va sans cesse revivre le jour de son anniversaire qui se solde toujours de la même façon : une mort atroce ! Vous avez une impression de « déjà vu » ? C’est normal, ces boucles temporelles sont la base de comédies enlevées et enjouées dont la référence reste Un jour sans fin de Harold Ramis avec Bill Muray. Ou encore plus récemment Edge of Tomorrow de Doug Liman, film d’anticipation où Tom Cruise revivait sans cesse la même journée. Appliqué à un film d’horreur, n’y aurait-il pas comme un effet de lassitude ?

La réponse est bien évidemment: non ! Pour quelle raison me direz-vous ? Simplement pour l’abattage de Jessica Rothe : elle passe par tous les stades, de l’incompréhension au refus, de l’amusement (la sortie nue vaut à elle seule un joli moment délirant) à la résignation… en passant par la recherche pour aboutir à celui de la transformation. Ce sera sans doute là le petit reproche : elle devient au fur et à mesure des journées d’anniversaire qu’elle revit, moins garce, moins « bitch » comme on le dit chez nous pour se poser et tenter de vivre enfin l’amour aux côtés d’un jeune étudiant sensible et délicat (le jeune Israel Broussard, découvert chez Sofia Coppola dans Bling Ring). Cependant, ce côté fleur bleue du film rappelle la transformation de Bill Muray, de misanthrope au possible à être humain ouvert sur les autres et près à l’amour au final. On pardonnera ainsi aisément au scénariste Scott Lobdell, ce léger passage obligé.

Bien entendu, revivre son meurtre au quotidien est effrayant, vous ferez quelques petits bons dans votre fauteuil, croyez-moi. Mais vous rirez aussi énormément pour tenter de découvrir quelle sera la nouvelle façon de mourir de Tree : le couteau ? L’explosion ? La pendaison ? Ou mieux l’accident idiot… avec un budget de 5 millions de dollars, Christopher Landon (à qui l’on doit le fameux Paranormal Activity, The marked Ones qui relança la franchise) s’en sort avec les honneurs. En effet, c’est frais, drôle, effrayant et jamais répétitif. Vous devez vous dire : « attendez, il nous dit que l’héroïne est dans une boucle temporelle et ce n’est pas répétitif ? Il est tombé sur la tête ! ». En fait, non ! Cette boucle temporelle qui pourrait rendre l’histoire répétitive montre tellement d’inventivité dans son traitement, propose une belle dose de sadisme également (vous adorerez voir Jessica Rothe être tuée chaque soir) et place de l’humour bien senti que l’on est heureux de voir Tree se réveiller chaque matin pour revivre et mieux mourir ! Le final réserve une petite surprise quant au coupable même si en tendant bien l’oreille, vous pourriez très vite deviner qui il est. Mais pour une fois, ce n’est finalement pas le plus important.

En résumé, sur le mode Un Jour sans Fin, une production Blumhouse intéressante et originale avec quelques petits moments de stress, de frousses et de trouilles bien sentis. Sympathique sans être révolutionnaire : un film qui doit beaucoup à son actrice Jessica Rothe.

Avertissement : le film est interdit en salles aux moins de 12 ans.

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