Grimsby – Agent Trop Spécial (Critique | 2016) réalisé par Louis Letterier

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Synopsis : “Nobby Butcher n’a pas de boulot, mais cela ne l’empêche pas d’être heureux. Il a tout ce dont il peut rêver dans la vie : le foot, une petite amie géniale… et neuf gamins. Pour que son bonheur soit complet, il ne lui manque que son petit frère, Sebastian, dont il a été séparé quand ils étaient enfants. Après trente ans de recherches, Nobby retrouve finalement la trace de Sebastian à Londres. Il ignore que celui-ci est devenu le meilleur agent du MI6… Leurs retrouvailles tournent à la catastrophe, et voilà les deux frères en cavale. C’est alors qu’ils découvrent un complot visant à détruire le monde… Pour sauver l’humanité – et son frère – Nobby va devoir se lancer dans sa plus grande aventure. Pourra-t-il passer de l’état de bouffon niais à celui d’agent secret ultrasophistiqué sans faire trop de dégâts ?”

Depuis sa création, le cinéma a fait naître des icônes. Charlie Chaplin, Buster Keaton pour ne citer qu’eux, et citer certains des plus grands acteurs qui se sont forgé une réputation par le prisme de la création d’un personnage de fiction. Des acteurs dont les noms et gestuelles sont assimilés à un personnage à part entière et non à un acteur qui incarne un nouveau personnage dans chaque nouvelle oeuvre. Personnages dorénavant iconiques et ancrés à tout jamais dans le monde du septième art. À l’image du théâtre, le cinéma permet à un acteur de ne plus être lui même et d’endosser le temps d’une représentation, voire plus, le costume d’un autre. Le costume d’un être fictif qui peut-être en corrélation avec les traits de caractère de l’acteur, mais également tout l’inverse. Sans chercher la comparaison avec ceux qui ont été cités précédemment, Sacha Baron Cohen s’est fait un nom au cinéma grâce à une personnalité débridée. Il est un personnage à part entière qui ne se cache pas derrière un masque en particulier, mais derrière un genre.

Un genre qui lui appartient, qui est celui de la comédie burlesque, trash et qui ne connaît pas de limites. Le spectateur ne sait pas qui est véritablement Sacha Baron Cohen, quel est le véritable caractère de cet acteur de 44 ans qui a réalisé des études d’Histoire avant de prendre des cours de Théâtre. Cependant, le spectateur connaît bel et bien Ali G, Borat, Brüno et aujourd’hui Nobby. Des personnages hauts en couleurs, bâtis de toutes pièces par Sacha Baron Cohen. Des personnages qui vont au-delà des films pour lesquels ils ont été créés. Sacha Baron Cohen leur permet de sortir de l’écran et de les faire vivre dans notre réalité afin de promouvoir les films. Un bon moyen afin de briser la barrière ayant pour but de séparer la réalité de la fiction, mais également de faire de chacune de ses apparitions un spectacle à part entière.

Sacha Baron Cohen est un showman, un homme du spectacle qui n’a absolument aucune limite et il y en existe de moins en moins. Le seul obstacle pouvant se mettre en travers de son chemin est l’industrie cinématographique hollywoodienne. Ce qui au départ, lui permet de faire des comédies trash et burlesques, ainsi que de créer des personnages tous plus fous les uns que les autres. Grimsby – Agents Trop Spécial, n’a sur le papier rien de similaire à des projets farfelus tels que Borat, Brüno ou Le Dictateur. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le film n’en est pas moins irrévérencieux, absurde et imprévisible grâce à une montée en puissance dans le registre de la comédie trash et du vulgaire. Derrière la parodie du cinéma d’espionnage que représente en surface ce long-métrage se trouve une comédie totalement délirante.

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Louis Letterier est un réalisateur français connu à l’international pour avoir dirigé des films tels que L’Incroyable Hulk, Le Choc des Titans ou encore dernièrement Insaisissable. Il est donc ce qu’on appelle un faiseur, à savoir un réalisateur qui sait faire du divertissement et qui en a fait sa marque de fabrique. Aussi talentueux soit-il, il nous a prouvé jusque-là qu’il était uniquement destiné à mettre en image des divertissements aux qualités plus ou moins variables. Ce n’est en rien péjoratif, puisque faire un bon divertissement, aussi spectaculaire soit-il, n’est pas chose facile. Demandez à Olivier Megaton, il vous en dira des nouvelles (quoique, demandez plutôt à ceux qui voient ses films). Malheureusement, il n’a jamais démontré qu’il était capable d’inculqué de bonnes idées de mises en scène au sein de ses propres réalisations. Louis Letterier se contente de mettre en image les scénarios qui lui sont fournis par des boîtes de production et il s’avère que Sacha Baron Cohen a trouvé le bon filon avec ce réalisateur parisien d’origine. Sacha Baron Cohen, scénariste et par ailleurs producteur, décide. Louis Letterier exécute, tout en essayant de dynamiser ce récit, de lui donner un certain peps. Et de dynamisme, le film ne manque pas.

Affichant une durée d’environ 1h20 sans générique, le film démontre de par cette dernière qu’il va aller droit au but et ne va pas chercher à aller au-delà du simple divertissement. Ce qui n’est en rien un mal et va au contraire permettre au duo Cohen/Letterier de faire un divertissement qui met pied au plancher sans point d’arrêt. Prévisible et extrêmement classique, tant dans sa narration que dans ses différents rebondissements liés à l’histoire fraternelle, c’est grâce à sa mise en scène sous LSD et son humour sans concessions qu’il réussit à captiver le spectateur. Toujours plus fort, toujours plus fou, pourrait être la devise de ce film qui n’a de cesse de repousser les limites du trash. Sacha Baron Cohen va tellement loin qu’il réussit à faire en sorte que ce film, Grimsby – Agents Trop Spécial, dépasse le stade de la simple vulgarité et atteigne celui du surréalisme. Il en devient très rapidement si vulgaire et outrancier, qu’il en devient surréaliste et donc de plus en plus drôle. Les différents procédés de réalisation employés tels que la vue subjective, démontre la volonté de faire de ce Grimsby – Agents Trop Spécial, un divertissement surréaliste, quasiment vidéoludique. Le long-métrage emprunte beaucoup au monde du jeu vidéo, tant dans son montage extrêmement dynamique, voire épileptique, que dans sa mise en scène, ainsi que dans son histoire. Une sombre organisation qui cherche à s’emparer d’une bombe atomique pour raser le monde, c’est du vu et revu, notamment dans au travers de licences vidéoludiques qui se vendent par millions.


En Conclusion :

Avec Grimsby – Agents Trop Spécial, Sacha Baron Cohen tourne en dérision les codes du film d’espionnage afin de s’en servir à des fins humoristiques et d’entertainement (séquences d’action). Oui, il s’agit bel et bien du film de Sacha Baron Cohen puisque c’est ce dernier qui mène la bande, Louis Letterier n’est là que pour le mettre en avant et lui permettre de “briller à l’image”. Au delà du divertissement jubilatoire qu’il représente, on reprochera au film sa narration convenue et qui ne lui permet pas de sortir de son carcan narratif. Les diverses scènes d’actions explosives et à la mise en scène sous amphétamine, permettent au film de maintenir le spectateur la tête hors de l’eau et de jouer la carte du contraste avec les blagues et situations graveleuses causées par Nobby. Un film porté par Sacha Baron Cohen et Mark Strong, un duo aussi inattendu qu’explosif. Quand un idiot finit, qui n’a aucune limite va déflorer un agent secret/acteur à l’image lisse. C’est complètement fou et imprévisible jusqu’à sa dernière scène. Un pur régal si on apprécie un humour on ne peut plus trash et provocateur.

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