Greenland, la destruction massive américaine de l’été ?

Synopsis : « Une comète est sur le point de s’écraser sur la Terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. John Garrity décide de se lancer dans un périlleux voyage avec son ex-épouse Allison et leur fils Nathan pour rejoindre le dernier refuge sur Terre à l’abri du désastre. Alors que l’urgence devient absolue et que les catastrophes s’enchainent de façon effrénée, les Garrity vont être témoin du meilleur comme du pire de la part d’une humanité paniquée au milieu de ce chaos. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Premier gros blockbuster américain de l’été à sortir au cinéma en France, Greenland a pour mission de ramener les spectateurs dans les salles climatisés durant cette période de Covid-19 et de canicule. Les conditions idéales pour aller s’enfermer dans une salle au frais pour aller voir un blockbuster de fin du monde bien gras. Projet initialement porté par le cinéaste Neill Blomkamp et l’acteur Chris Evans, c’est au final le réalisateur Ric Roman Waugh et l’acteur Gerard Butler, duo déjà à l’œuvre sur La Chute du Président (2019), qui ont récupéré le bébé après l’abandon par les deux précédent pour des raisons d’incompatibilité avec leurs emplois du temps respectifs. 

Le postulat de départ du scénario est assez simple : une comète s’écrase sur terre et provoque une série de cataclysmes sans précédents qui pourrait entraîner une extinction massive. Un père (Gerard Butler), sa femme (Morena Baccarin) et leur fils vont tenter d’échapper à cette fin du monde en se réfugiant dans un abri se situant dans le Groenland. Un objectif simple et assez commun au genre qui laisse présager un film déjà-vu, mais efficace. Sur le papier, Greenland a tout du blockbuster de fin du monde, avec sa dose de destruction massive à grande échelle. Mais pourtant, le long-métrage déjoue les attentes du spectateur en jouant la carte de l’intimisme, filmant cette fin du monde à l’échelle humaine en privilégiant l’humanité de ses personnages.

Pour une fois, Gerard Butler ne fait pas « graou-graou » comme dans 300 de Zack Snyder (2006) ou n’essaye pas d’empêcher la fin du monde comme dans Geostorm (Dean Devlin, 2017). Ici, l’acteur est un père de famille qui veut juste sauver sa femme et son fils en échappant à la fin du monde, de la même manière que Tom Cruise tente de protéger sa famille au milieu d’une extermination de masse extraterrestre dans La Guerre des Mondes de Steven Spielberg (2005). Greenland se rapproche donc plus de la fin du monde à échelle humaine du papa d’E.T, toutes proportions gardées dans la comparaison, face à la destruction massive à grande échelle d’un Roland Emmerich ou d’un Michael Bay

La comparaison avec les blockbusters de ces deux derniers réalisateurs n’est pas anodine, Greenland est un véritable contrepied dans le genre par rapport à son budget. Contrairement aux 140 millions de dollars d’Armageddon, ou les 125 du Jour d’après, ou encore les 200 millions du film 2012, le budget de Greenland s’élève seulement à 44 millions de dollars, privilégiant le regard humain au spectaculaire. Malgré quelques facilités scénaristiques assez téléphonées, notamment le recours à des Set-Up / Pay-Off un peu facile (le diabète du petit qui sert de ressort scénaristique afin de provoquer la séparation de la petite famille durant l’apocalypse, par exemple), l’écriture de Greenland surprend par la sensibilité de ses personnages, par la justesse de son propos sur notre paranoïa face à la fin du monde, où Gerard Butler délivre sa meilleure performance depuis longtemps, bien plus humanisé que dans Geostorm, sa dernière tentative d’empêcher à la fin du monde. 

Le long métrage réserve malgré tout son lot de scènes de catastrophes spectaculaires qui font un peu tâche face à la concurrence. Son budget minime est trahi à l’écran par des plans de ciel en feu qui ressemble un peu à des fonds d’écran d’ordinateur. Mais Greenland revendique fièrement son côté fauché et s’assume comme une pure série B très efficace, qui surprend par son regard intimiste où l’humanité des protagonistes est privilégiée. 

« Sans réinventer le genre du film catastrophe, Greenland s’assume comme une pure Série B qui surprend par la sensibilité de son écriture, avec un Gerard Butler plus humain que dans ses précédents rôles. »


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