Godzilla 2 – Roi des monstres, Longue vie au roi !


Synopsis : « L’agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater. Alors qu’elles cherchent toutes à dominer la planète, l’avenir même de l’humanité est en jeu… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

En 2014, Gareth Edwards remettait sur le devant de la scène Godzilla après la version très critiquée mise en scène par Roland Emerich en 1998. Le réalisateur américain n’a qu’un objectif : remettre le monstre géant au centre du jeu, en mode défenseur des humains et de l’environnement. À l’époque, Gareth Edwards vient de réaliser un petit film au budget restreint où il a tout fait (effets spéciaux, scénario et photographie) : Monsters, une claque ! Pour Godzilla, il reprend ses astuces et propose un film anxiogène cependant peu épaulé par les cinq scénaristes aux commandes. Une histoire simpliste dont le seul but est d’éliminer son casting cinq étoiles. Juliette Binoche disparaît au bout de 15 minutes, Bryan Cranston et son joli postiche sur la tête au passage ne tiennent que 30 minutes… quant à Aaron Taylor-Johnson, si les muscles sont de sortie, le côté psychologique de l’homme martyrisé par Godzilla l’oblige à un jeu monolithique. Heureusement, le monstre est une réussite mais le scénario ne vole pas haut.

Succès en salles, la Warner place son MonsterVerse avec Kong : Skull Island qui rencontre aussi son public. Place désormais au retour du roi des monstres avec ce Godzilla 2. Si Kong était impressionnant de maîtrise, comment faire mieux pour ce second volet du lézard géant d’autant que Gareth Edwards (qui a signé l’excellent Rogue One entre temps) souhaite désormais se poser ? Nouveau départ avec juste un scénariste d’origine du premier volet et la place de réalisateur offerte à Michael Dougherty, même profil qu’Edwards, deux petits films d’horreur à son actif mais en revanche un passé de scénariste : Superman Returns (un peu trop lent) et X-Men : Apocalypse (dont les qualités sont à revoir). On peut craindre le pire.

Pourtant dès l’ouverture, le réalisateur propose l’émotion d’une famille détruite par l’affrontement de Godzilla avec les Muto du premier volet. On place les personnages, on recontextualise par un petit rappel de l’épisode précédent pour qu’aucun spectateur ne soit perdu et on se lance à la découverte des autres titans. Car surprise, Godzilla n’était pas le seul ! La trouvaille du scénario est d’amener notre créature gigantesque à affronter les autres monstres réparties sur toute la surface du globe. Trouvaille financière parce que le but est d’amener le roi des monstres à rencontrer le roi de la jungle : King Kong.

Si le scénario est basique : retrouver toutes les créatures, leur permettre d’éclore et voir un combat final entre Godzilla et cette hydre à trois têtes, Ghidorah, il laisse la part belle aux effets spéciaux et surtout à une réflexion sur le futur de l’espèce humaine. Au moment où les manifestations pour le climat prennent une place importante, au moment où le réchauffement climatique a des effets dévastateurs sur notre quotidien, cette aventure de Godzilla apporte une pierre supplémentaire sur l’avenir de l’homme. Ici, comme dans Avengers : Infinity War, mais sans la présence de Thanos, des extrémistes décident de restaurer l’équilibre de la planète grâce au réveil des monstres. Seuls eux pourraient rétablir le monde tel qu’il doit être. Les plus forts seront alors les seuls survivants.

C’est à ce moment que les effets spéciaux entrent en scène pour nous permettre de découvrir les différents monstres qui vont s’opposer à Godzilla. Mais vont-ils tous réellement se mettre en travers de sa route ? Les différentes rencontres avec le roi permettent un tour de force exemplaire. Chaque combat ressemble aux affrontements dignes des films des années 1950-1960. Pour signifier la différence entre les bons et les méchants, la photographie choisit le bleu pour Godzilla quand le rouge est la marque de ses ennemis. Il y a une sorte de plaisir régressif à découvrir ces combats tout droit sortis des meilleurs vieux films japonais. Sans jamais douter de la qualité des effets spéciaux, ce nouveau volet a une saveur inédite. Sous son aspect simpliste, Michael Dougherty réussit à nous faire croire en cet affrontement au message écologique fort.

Ghidorah est le symbole de ce monde corrompu par l’argent où seuls les plus forts s’en sortent en écrasant les plus faibles. Godzilla représente les plus faibles, ceux oubliés par les puissants. Le lézard géant prend sa place de roi pour mieux équilibrer le monde. On pourrait penser dès lors que les humains seront mis de côté mais en choisissant de confier les rôles principaux à Kyle Chandler, Vera Farmiga, Charles Dance et la jeune Billie Bobby Brown découverte dans Stranger Things, le réalisateur fait le choix assumé d’avoir de fortes personnalités à la barre pour contrebalancer la puissance des monstres. Si Charles Dance reprend un rôle de méchant désormais habituel, l’ambivalence du couple formé par Kyle Chandler et Vera Farmiga éclairent la façon dont il faut aborder ces monstres : entre compréhension et rejet.

Cette aventure “godzillesque” tient toutes ses promesses. Tout en délivrant son message écologique, elle apporte sa dose d’affrontement nécessaire à tout film d’action et un côté fantastique par les effets spéciaux mis en place. Si par moment, le propos semble lourd et le scénario ne fait pas toujours dans la dentelle, les bonnes intentions de l’équipe du film sont réelles. Le Kaiju est présent pour nous aider bien qu’il se nourrisse de l’énergie nucléaire. Et s’il était la solution au trop plein nucléaire qui nous entoure ? En tout cas, le film n’élude pas la question de la surconsommation à outrance, des dangers que l’homme fait courir à la planète mais propose dans le même temps l’envie d’un retour aux sources et la possibilité de, sans doute, reprendre le contact avec les espèces animales par l’invention de l’Orca, cet appareil pour permettre aux titans et aux humains de se comprendre et vivre enfin en harmonie sauf si l’appareil tombe entre de mauvaises mains.

Godzilla 2 – roi des monstres offre son lot de combats épiques, de moments tendres et surtout une belle réflexion sur la coexistence entre les titans et les humains. Le film apporte tout ce qu’un blockbuster est censé offrir au public mais sans jamais le prendre pour un idiot, ce qui n’est pas une mince affaire par les temps qui courent. Tout en étant sympathique, dispensable et sans doute l’oublierez-vous assez vite, ce deuxième volet ouvre la porte à toute la mythologie des Kaiju, ce qui est en soit déjà énorme. Et si vous restez jusqu’à la fin du générique, vous comprendrez alors que les aventures de Godzilla sont loin d’être terminées. Mercantile sans doute, mais ce pur produit Warner tient toutes ses promesses, offre le spectacle attendu et vaut le prix du ticket payé… ce qui en somme, pour une fois, n’est pas trop demandé.


«Si par moment, le propos semble lourd et le scénario ne fait pas toujours dans la dentelle, les bonnes intentions de l’équipe du film sont réelles. »


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