Geostorm réalisé par Dean Devlin [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : «Grâce à une coopération sans précédent entre États, un réseau de satellites contrôle désormais le climat et protège les populations. Jusqu’à ce que le dispositif se dérègle… S’agit-il d’un complot ou d’une faille dans le système ? S’engage alors une véritable course contre la montre… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position « je m’installe comme à la maison » ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Quand on parle du blockbuster de catastrophe américain, il est difficile de ne pas citer le cinéaste Roland Emmerich. Il est considéré, dans le genre, comme un maître pour l’aspect spectaculaire de sa mise en scène et la maestria avec laquelle il met en scène la catastrophe à échelle planétaire. Si ses films ont tendance, pour certains, à diviser le public, il n’en demeure pas moins que Roland Emmerich possède un sens de l’humour et que ses œuvres, en plus d’être de véritables plaisirs coupables pour certains, dressent un portrait politique de l’Amérique, certes peu poussé (nous sommes bien d’accord) à l’image d’un de ses précédents films, White House Down (2013), un pur Die Hard à la Maison Blanche assumé qui ne manquait pas d’humour.

Dean Devlin, scénariste sur la plupart des films du cinéaste américain reconnu précédemment cité (Independance Day, Godzilla, etc.), co-écrit et réalise Geostorm, un film qui marche clairement, voire un peu trop, dans les pas de la filmographie du cinéaste. Le film se déroule en 2019 où un système de régulation climatique, mis en place par l’union de plusieurs gouvernements de différents pays, permet de régulariser le climat et d’empêcher des catastrophes naturelles. Soudainement, l’utilisation de ce système est détournée pour devenir une arme, la veille d’un transfert du commandement à la communauté internationale, menaçant de déclencher une géo-tempête.

On retrouve dans le pitch de Geostorm, la « patte » de Roland Emmerich et son goût pour les catastrophes naturelles à l’échelle planétaire (Le Jour d’après, 2012). Comme dans la plupart des films de Roland Emmerich, le film de Dean Devlin s’intéresse à la bureaucratie, à ce qui se passe du point de vue politique et à l’échelle humaine, avec des personnages stéréotypés au possible par leurs fonctions dans le scénario, point que l’on a souvent reproché aux films catastrophes les plus connus et reconnus. Mais la différence est que ce dernier parvient à humaniser ses personnages, notamment par l’humour dont fait preuve l’écriture de ses histoires. On aurait pu s’attendre à retrouver certaines qualités d’écriture de son cinéma avec son scénariste aux commandes de ce blockbuster dont la sortie fut repoussée maintes fois, notamment en Mars 2016 où la Warner préféra privilégier la sortie de Batman v Superman.

Dean Devlin ne s’affirme guère dans Geostorm, que ce soit dans l’écriture ou même dans la mise en scène. Le film ne fait que véhiculer tous les défauts apparents dans la filmographie de Roland Emmerich, en particulier dans l’écriture. Le jeu d’acteur sonne faux au possible : Gerard Butler, dans le rôle du père de famille qui doit laisser sa fille pour aller dans l’espace afin de sauver le monde, cabotine totalement, même lorsqu’il s’agit de faire du second degré. Jim Sturgess, éreintant, surjoue et cherche à paraître cool à chacune de ses répliques. Le scénario, co-écrit par Dean Devlin, hésite constamment entre un second degré raté et un premier degré qui rend l’intrigue faussement complexe (l’idée du membre du gouvernement américain, qui cherche à utiliser le dérèglement climatique pour déclencher un renversement politique, est grotesque au possible).

Enfin, ce qui est censé être l’atout majeur dans un film de catastrophe, à savoir les effets spéciaux et la destruction de masse, deviennent l’un des pires défauts du film. Les effets visuels sont d’une laideur numérique immonde. Le traitement des catastrophes naturelles donne une impression de travail bâclé. L’action est illisible : il manque cruellement la maitrise d’un réalisateur comme Roland Emmerich. L’un des meilleurs réalisateurs lorsqu’il s’agit de filmer la catastrophe et le gigantisme à l’échelle humaine. Geostorm aurait pu s’affirmer comme un pur plaisir coupable, un blockbuster efficace à l’image des films de son mentor. Malheureusement, Dean Devlin signe une pâle copie du cinéma de Roland Emmerich et transforme ce que le cinéaste maitrise avec brio en un ramassis de clichés scénaristiques et visuels plus laids les uns que les autres.

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