Fahrenheit 451 réalisé par Ramin Bahrani [Cannes 2018 Film REVIEW]

Synopsis : « Dans un monde dystopique, la lecture est prohibée et les livres brûlés par les pompiers. Guy Montag est justement de ceux-là, et exécute ses missions sans aucun état d’âme. Mais un jour, il tombe sur un ouvrage, et décide inexplicablement de le garder et le cacher. Guy devient alors un hors la loi. »

Si l’année passée était une première, on a décidé de réitérer l’expérience et de faire profiter une nouvelle rédactrice. Du 8 au 19 mai 2018, nous sommes présents au 71e Festival de Cannes afin de découvrir les films qui feront l’évènement, ou non, les mois prochains dans les salles obscures, et ce, dans le monde entier. CinéCinéphile représenté cette année par la jeune journaliste Pauline Mallet qui nous donne son regard de cinéphile sur les films proposés en Sélection Officielle et dans les Sélections Parallèles.

Difficile de passer après un grand cinéaste tel que François Truffaut. C’était pourtant le pari osé de Ramin Bahrani que l’on connait notamment pour ses films tels que Goodbye Solo ou encre 99 Homes sorti respectivement en 2009 et en 2014. Il revient cette fois à Cannes, pour présenter son Fahrenheit 451, seconde adaptation du livre éponyme écrit par Ray Bradbury, durant une séance de minuit à l’ambiance bouillante. Il faut dire que le réalisateur s’est entouré des meilleurs. Pour incarner les personnages emblématiques du livre, la production a fait appel à Sofia Boutella, Michal Shannon et le très populaire Michael B. Jordan (très acclamée avant et après la séance). De très bons choix car c’est en grande partie grâce à eux que le film n’est pas totalement insipide.

Reprenant l’univers que François Truffaut avait également choisi d’adapter en 1966 et qui déjà était loin de faire l’unanimité, Ramin Bahrani prend le risque d’inclure, en plus des éléments présents dans le roman, des maux de la société actuelle. Et malheureusement, bien qu’on admire l’effort, bien que peu subtile, c’est un peu le même bilan que pour la première adaptation. Plus en adéquation avec notre époque (multipliant les clins d’œil notamment au niveau des œuvres littéraires) qui est celle des réseaux sociaux utilisés à outrance, le film à de la suite dans les idées mais n’arrive jamais à les exploiter. Tout comme l’univers, une dystopie servie sur un plateau dorée, dont le potentiel n’est jamais mis en avant. Si l’univers dépeint ne reste qu’une surface peu remarquable, le scénario n’est guère mieux et ne remonte pas le bas niveau du film.

Trop léger, le récit ne surprend jamais et l’on devine assez facilement la tournure des événements ou encore les arcs narratifs des personnages. Dans un monde où la cruauté est maîtresse, les spectateur peine à ressentir le potentiel danger. Là où le film prend des points positifs c’est au niveau de son casting. Bien qu’on ait connu les acteurs dans de bien meilleurs films, Michael Shannon et Michael B. Jordan restent de très bons éléments. Quant à Sofia Boutella, son potentiel est gâché par l’écriture de son personnage,la dénommée Clarisse, qui ne reste qu’un faire-valoir.

Le long-métrage de Ramin Bahrani laisse un goût de déjà-vu et reste peu mémorable notamment à cause de ses facilités scénaristiques et de la multiplication de ses références peu subtiles qui entraînent, malgré elles, des comparaisons trop évidentes (on pensera bien sûr à quelques épisodes de Black Mirror devant les scènes chez Guy Montag, le personnage campé par Michael B. Jordan).

Fahrenheit 451 réalisé par Ramin Bahrani avec Michael Shannon, Michael B. Jordan, Sofia Boutella. Disponible sur OCS Go et diffusion sur OCS City le 3 juin.

« Si l’univers dépeint ne reste qu’une surface peu remarquable, le scénario n’est guère mieux et ne remonte pas le bas niveau du film. »


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