Eddie The Eagle (Critique | 2016) réalisé par Dexter Fletcher

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Synopsis : “Eddie Edwards n’a jamais rien eu d’un athlète, bien au contraire. Pourtant, depuis qu’il est petit, il n’a qu’un seul rêve : participer aux Jeux Olympiques. Au fil des années, ni son piètre niveau sportif, ni le manque de soutien, ni les moqueries n’ont entamé sa volonté. Et c’est ainsi qu’en 1988, celui qui n’a jamais lâché a réussi à se retrouver, on ne sait trop comment, aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary. Avec l’aide d’un entraîneur aussi atypique que lui, ce sauteur à ski pas comme les autres va secouer le monde du sport et conquérir le cœur du public en accomplissant une performance olympique aussi improbable qu’historique…”

Le biopic. Un genre cinématographique qui n’est pas aussi récent qu’on pourrait le croire, mais qui au fil des années a gagné en popularité. Une croissance due dans un premier temps au fait qu’il est plus simple d’attirer en salles un certain public en utilisant un nom ou une référence faisant partie de la culture, populaire ou non. Par ailleurs, c’est également un gain de temps et donc d’argent, les producteurs pouvant établir s’il est pour eux intéressant de parler de cette personnalité ou événement. Michael Edwards n’est pas une personnalité dont le nom a traversé les générations. Une notoriété, un pseudonyme qui résonnent peut-être dans quelques mémoires d’aficionados de sport, mais pas dans la conscience collective. Cependant, c’est bien son histoire, l’histoire de ce sportif pour le moins atypique, qui a été adapté au cinéma au travers du film : Eddie The Eagle.

Un biopic ? Oui ce film en est un. Biopic extrêmement conventionnel dans sa structure narrative, mais qui traite avant tout de l’échec. Un “feel good movie” qui se repose sur une personnalité qui n’a rien d’exceptionnelle mis à part une volonté de fer. La force véritable et peut-être majeure de ce biopic va finalement s’avérer de ne pas se focaliser sur son aspect biopic et réaliste, mais sur sa morale à connotation positive. Va être contée aux spectateurs l’histoire d’Eddie Edwards, de son enfance qui n’a rien de tendre, à son apogée en tant que sauteur à ski. Oui, ce long métrage relate une histoire vraie, une histoire qui va donc utiliser des faits historiques et réels tels que les Jeux Olympiques de 1988. Mais le terme biopic n’est finalement qu’un simple atout de vente. Eddie The Eagle est un divertissement à l’américaine, qui sous ses faux airs de film inspiré d’une histoire vraie, cherche avant tout à amuser le spectateur en lui contant une histoire à la morale gentille et bienveillante. Le terme naïf pourrait être utilisé pour qualifier ce film, à l’image du terme ringard. Cependant, le fait de ne pas se prendre au sérieux va faire de cette naïveté et de cette ringardise presque constante, un atout de charme.

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Eddie The Eagle est un film véritablement étrange. Cinématographiquement parlant, il s’agit d’un long-métrage conventionnel, dénué de toutes prises de risques tant techniques, qu’artistiques ou scénaristiques. Suivant les conventions du cinéma de divertissement américain, le film s’appuie sur un scénario linéaire passant par les diverses étapes obligatoires pour un récit de ce genre. De l’introduction afin de contextualiser le film, jusqu’à son dénouement final prévisible, en passant par les nombreux obstacles que seule la persévérance du protagoniste pourra lui permettre d’éviter. Classique, sans surprise et critiquable sur le papier, mais le film n’en est pas pour autant une purge dégoulinante de bons sentiments. Bien au contraire, Eddie The Eagle est un “feel good movie” qui accumule les tares, mais qui donne la forme et met le spectateur en joie. On sort de la projection de ce film avec le sourire, tout en ayant conscience des nombreux défauts qui le compose. Un sentiment extrêmement paradoxal, puisque le long-métrage s’expose et s’affirme comme extrêmement faible car usant de codes (scénaristiques et technique avec une utilisation grossière et exagérée de musiques par exemple) datés et clichés, alors qu’au final on a envie de dire de ce long métrage qu’il est réussi, car il réussit à faire passer un agréable moment. Ce qui est son but premier.

Nouvelle production Marv, dont le fondateur n’est autre qu’un certain Matthew Vaughn, Eddie The Eagle n’a rien d’un Kingsman : Services Secrets ou Kick Ass, mais va emprunter à ces derniers cette “coolitute” tant critiquée. Au travers de ses productions, Matthew Vaughn cherche à produire et réaliser des divertissements pouvant être jugés rafraîchissants, pop et dynamiques. Pour créer cette dynamique qualifiable comme “cool”, les films vont être affublés d’une technique éclatante. De la direction artistique chatoyante et lumineuse, usant par moment de ralentis histoire de ce donner un genre et de faire sourire le spectateur, jusqu’à l’omniprésence de musiques et bruitages exagérés. Et ce, sans oublier une caractérisation grossière et risible, ainsi que des dialogues qui vont dans le même sens, à savoir celui du : “je ne me prends pas au sérieux et je te le prouve”. Pas une minute de répit, pas une minute de silence sans musique. Le tout monté de manière dynamique afin de ne pas laisser le spectateur se reposer. On aime ou on n’aime pas, mais pour le coup, cette recherche de la “coolitude” colle parfaitement avec la personnalité du protagoniste. Débrouillard, inconscient, mais déterminé et qui ne fait pas attention au regard des autres, pensant avant tout à accomplir ses rêves. Moins de maîtrise et de prises de risques qu’un Kingsman : Services Secrets pour ne citer que lui, mais un tout parfaitement cohérent, permettant de passer outre tous les défauts afin de simplement passer un moment divertissant. Ni plus, ni moins.


En Conclusion :

Eddie The Eagle, le long-métrage qui a, et fait absolument tout pour qu’on le déteste et critique, mais qui au final permet de passer un bon moment au cinéma. Le film est à l’image de son protagoniste. Le réalisateur Dexter Fletcher et son équipe, accumulent les clichés, les fautes de goût et met en scène de manière à ce que les acteurs surjouent (ce qui donne notamment à Hugh Jackman l’impression qu’il consomme trop de substances illicites) afin que tout soit en corrélation avec la psychologie de son protagoniste. Un protagoniste, Eddie Edwards qui n’a pas peur du regard des autres, qui s’assume tel qu’il est, malgré ses problèmes et va au bout de ses envies, au bout de ses rêves. À l’image de ce personnage, Eddie The Eagle va au bout de son délire, ne se prive pas de faire dans le cliché et le ringard, mais s’assume totalement faisant de ce film une jolie comédie. Une jolie comédie très drôle par moment et touchante sur la fin grâce à une morale, certes convenue, naïve et assez étrange si on l’étudie de plus près, mais belle et qui ne fait franchement pas de mal.

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