Dolemite Is My Name, le retour tant attendu de Eddie “Dolemite” Murphy !

Synopsis : « Quand Hollywood l’a écarté dans les années 1970, le talentueux Rudy Ray Moore décide de se produire ses propres œuvres, dont le célèbre film de blaxploitation “Dolemite”. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Aujourd’hui catalogué au rang du cinéma nanardesque ou de la série z pour sa grande majorité, la blaxploitation fut un mouvement très important aux États-Unis dans l’histoire du cinéma, mais pas uniquement. Il est la représentation même de l’évolution d’une société et d’un soulèvement du peuple qui déclare avoir envie de se faire entendre tout autant que d’autres. L’on est dans une période où les meurs évoluent par la force des choses et où la société prend conscience que le peuple noir a tout autant le droit à la parole et à l’action que toute autre personne et quelques soit son origine. Si aujourd’hui encore les discriminations font malheureusement partie de nos vies, les choses ont néanmoins légèrement évolué dans le monde du cinéma. Machisme et racisme, même combat dans un business où le patriarcat persiste envers et contre tous. Voir un film comme Dolemite Is My Name être mis en chantier puis récupéré par la plateforme de streaming Netflix est une belle chose tant dans le message lancé par la plateforme que par leur aide afin de montrer à tous et toutes une œuvre qui par le prisme de l’histoire d’un homme, parle de tout un pan de l’histoire du cinéma américain.

Biopic dédié à l’humoriste et comédien Rudy Ray Moore, aussi connu sous son nom d’artiste Dolemite, Dolemite Is My Name s’avère puiser sa force dans le choix de son acteur principal. Dix ans après sa dernière apparition dans un premier rôle, l’acteur américain Eddie Murphy fait son retour sous le feu des projecteurs. Un nom qui résonne en chacun de nous pour des comédies absurdes et extravagantes, qui derrière des défauts inhérents au genre de la comédie populaire des années 90 (et début des années 2000) ont bercés plusieurs générations d’enfants et d’adolescents aujourd’hui devenus grands. On aime Eddie Murphy, on aime son rire communicatif et sa manière d’être devant la caméra. Le charisme des grands, ce charisme qui fait de lui cet acteur qui a du mal à s’effacer derrière un personnage pour fondamentalement faire du film un véritable seul en scène. Ici en l’occurrence celui d’un humoriste qui n’arrive pas à trouver sa place, mais dont l’abnégation va permettre de devenir quelqu’un tout en aidant les autres à montrer le meilleur d’eux-mêmes sous le feu des projecteurs.

Dolemite Is My Name raconte une success-story telle qu’on en voit chaque mois (semaine ?) au cinéma. Une structure narrative linéaire qui repose sur des bases bien solides, pour ne pas dire éculées depuis plus d’une décennie maintenant. C’est extrêmement simple et le terme simpliste ne serait pas galvaudé, ou trop fort, afin de parler du scénario de ce Dolemite Is My Name. Face à une industrie où de nouvelles œuvres sortent chaque semaine par paquet de douze, il faut aller de l’avant et chercher comment marquer le spectateur. Tenter, oser, créer de nouvelles choses et ne pas se reposer sur un coussin moelleux dans lequel le film pourrait s’enfoncer inexorablement jusqu’à disparaître définitivement. Si son scénario reste fondamentalement bien écrit, car répondant aux codes que l’on enseigne dans les livres et écoles depuis trop longtemps maintenant, il ne marque pas, car ne se délivre jamais du pilotage automatique. Vous avez déjà vu cette histoire. Pas avec ce personnage, mais vous en connaissez tout autant le début que la fin, sans parler du placement des différentes péripéties (remises en questions ndlr). D’une simplicité redoutable, c’est effectivement à ce niveau même que le film aurait gagné à reposer sur un réel concept. Un concept narratif, pour lui permettre de gagner cette touche qui lui aurait permis d’être unique, ou tout du moins, de tenter quelque chose qui ne fasse pas de ce Dolemite Is my Name un simple téléfilm au casting de luxe.

Derrière son manque de créativité implacable, se cache un découpage et une photographie qui manquent de charme et d’idées, malgré une direction artistique absolument impeccable. Si l’on parle souvent de la direction de la photographie (du cadrage, des couleurs…), car c’est de manière totalement logique et naturelle l’un des éléments qui prédomine lors de la découverte d’une oeuvre, l’on parle cependant beaucoup moins de la direction artistique, des costumes, maquillages et accessoires. Si un biopic tel que Judy (pour parler du plus récent à l’heure où l’on écrit ces quelques lignes) fascine grâce à sa force de mise en scène et d’interprétation, Dolemite Is My Name est de ceux qui vont créer l’implication du spectateur par la création d’un univers. Remettre sous le feu des projecteurs les années 70 sous leur meilleur jour. Le côté positif, festif, coloré, musical et convivial de cette période, même si poussée à ce stade de positivisme, l’on assiste à une mise en scène utopique des années 70. Ce qui n’est pas un défaut en soit. Les costumes sont étincelants, rutilants. Ils donnent de la personnalité à celles et ceux qui les portent, qui osent les porter. Une harmonie artistique qui va permettre la création d’une ambiance et porter à croire à cette histoire, à ces personnages qui existent au sein même de cet univers. De quoi donner au film une authenticité et occulter ses défauts certains.

Dolemite Is My Name n’a pas de quoi nous faire épiloguer sur plusieurs paragraphes. S’il a des défauts majeurs dont un certain manque de créativité dans sa manière de mettre en image ses personnages, il est avant tout un biopic à double lecture. Une double lecture certaine qui lui inculque cet intérêt certain auprès des spectateurs. Quand le biopic dédié à un humoriste qui peine à se faire entendre et respecter, devient l’histoire d’un retour. Le retour du grand Eddie Murphy sous le feu des projecteurs dans un premier rôle qui va lui permettre de redevenir celui qu’il était. A cause d’une mise en scène qui manque de panache et d’un scénario peu marquant, les personnages s’effacent derrière le charisme de chacun.e des acteur.rice.s. Un casting de rôle secondaire luxueux qui va décupler le plaisir d’un spectateur qui assiste à un seul en scène événementiel de par ses nombreux intervenants. Keegan-Michael Key, Craig Robinson, Mike Epps, Titus Burgess, Snoop Dog, Chris Rock, T.I., Da’Vine Joy Randolph ou encore Wesley Snipes. Un casting exceptionnel qui porte un Eddie Murphy en très belle forme. Il délivre une prestation qui dépasse le simple show humoristique, mais va puiser en intériorité quelque chose de plus fort afin de donner du corps à son personnage. On ne voit qu’Eddie Murphy, on ne voit à la fin que le retour face à son public d’un acteur que l’on aime et qui aime son public. Une superbe interprétation qui porte le film plan par plan, et ce, même si on aurait apprécié avoir un film qui techniquement soit à la hauteur de ce casting et de cette prestation. Une énergie, une fougue communicative portée par son casting de luxe et un acteur principal explosif ! Pas un grand film, mais assurément un grand moment de divertissement.

« S’il lui manque une photographie digne de ce nom (moins dirigiste) et un concept narratif pour briller, Dolemite Is My Name se fait un nom grâce à une énergie galvanisante. Feel-Good Movie drôle et sincère envers la Blaxploitation porté par la verbe communicative d’Eddie Murphy. »

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