Disney +, décryptage complet de la plateforme de vidéo à la demande

« La vidéo à la demande, le futur du cinéma ou se qui en causera sa mort ? A quelques encablures de sa sortie française, l’on vous propose depuis l’Amérique du Nord un décryptage de la plateforme de vidéo à la demande dédié aux productions de la firme aux grandes oreilles. Netflix, Amazon Prime Vidéo, OCS, Shadowz, Starz, Mubi, Criterion Channel, Club Illico (service québécois comparable à un Orange.fr), Tou.tv (programmes québécois) et on en passe des meilleurs. Disney, nouvelle/future plateforme sur laquelle l’on peut/pourra compter ? »


Ce test a été réalisé à partir d’une connexion à 15Mbits/s non-fibré, mais câblé en direct sur un écran intelligent Samsung UHD 4K.


07 avril 2020. Six mois après les États-Unis, ainsi que l’Amérique du Nord, la France s’apprête à accueillir une nouvelle plateforme de vidéo à la demande et non des moindres : Disney+. Rarement une plateforme de visionnage en ligne n’aura aussi bien portée son nom. Disney+, celle ou les spectateurs et spectatrices vont pouvoir (re)découvrir l’intégralité des programmes produits par l’entreprise aux grandes oreilles… et plus encore. En ces temps moroses de confinement, il faut avouer que la période est absolument parfaite pour l’arrivée d’une telle plateforme. Une forte attractivité à prévoir, due au confinement volontaire ou imposé, ne pouvant qu’être bénéfique pour la période de lancement de la plateforme. On en parle, on va en parler, la nouveauté est toujours source d’interrogation et de curiosité. Doit-on céder face à cette nouveauté ? Les services de vidéo à la demande se multiplient et on ne va pas se mentir, s’il y a bien un service qui permettrait de combattre le piratage, c’est bien un service de vidéo à la demande compétitif. Ce qui demanderait un rapport qualité/prix exemplaire pour le public cible. Disney+, le bonheur à porté de mains ?

Disney, Pixar, Marvel, Star Wars et National Geographic. Aussi effrayant que cela puisse paraître sur la plan de la liberté de création, le rachat des grandes franchises et de studios tels que la 20th Century Fox permettent de lever le voile sur une programmation hors normes. Hors normes, tout en restant cependant dans un seul et même carcan : celui du cinéma familial et de divertissement. Si la concurrence est rude, Disney+ à l’avantage d’avoir un catalogue fermé contrairement à ses homologues Netflix et Amazon Prime Vidéo. Ouvrir une de ces deux plateforme de vidéo à la demande, c’est se heurter à une recherche de plusieurs minutes avant de trouver quoi regarder (à moins que l’on sache précisément ce que l’on désire voir). Un catalogue étendu qui pioche tout autant dans la production indépendante dite auteuriste que dans le grand spectacle et la comédie familiale. Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts. Face à une telle proposition, impossible pour ces plateformes de créer un système de catégories et de sous-catégories qui permettrait aux spectateurs de gagner du temps. Mis à part les bien nommés classifications par genre (Comédie, Action, Films, Série… ainsi que les recommandations). Qu’on le veuille ou non, l’anarchie gagne rapidement du terrain malgré un système de Wish List on ne peut plus pratique afin de se mettre à jour son propre programme vidéo.


Grâce à son catalogue fermé, Disney+ peut se targuer d’avoir une plateforme ou le programme de vos rêves est à porté de clic. A l’image d’une des règles fondamentale en web, trouver son programme en moins de trois clics est à la porté de tout le monde sur Disney+. Une plateforme facile d’accès, disposant de catégories et sous-catégories qui facilitent grandement la navigation. Si l’on retrouve les classiques « Comédies », « Action et Aventure », « Documentaires » ou encore « Animaux et Nature », ce sont des catégories plus spécifiques à la plateforme qui la rendent intéressante. « Spider-Verse », « Nostalgie » -qui regroupe des longs-métrages allant des années 60 à la fin des années 90-, « Retour en Arrière » -qui regroupe des films et séries, animées et en prises de vues réelles, datant des années 90 et début des années 2000-, mais également les « Classiques », ainsi que les « Courts-Métrages ». Sans parler de la catégorie « Collections » qui regroupent les films d’une même franchise telles que la « X-Men Collection », « Pirates des Caraïbes Collection », « Avengers Collection », « Dark Vador Collection » (comprenant les films en prises de vues réelles et les séries animées dans lesquelles le personnage apparaît), « Explorer le Monde Collection », « L’Age de Glace Collection » ou encore « Les Muppets Collection ». La plus intéressante demeurant la collection « Au Travers les Décennies qui sous-catégorise toutes les œuvres de la plateforme par décennie (de 1920 à 2010). Une belle idée qui, encore une fois, permet de rendre les programmes plus facilement d’accès.

Si était utilisé l’expression hors normes il y a quelques phrases de cela, ce n’était pas pour rien. Elle n’a rien d’hors normes de part la quantité de contenu proposé, mais elle est bien hors normes de par ce qu’elle propose. Blanche Neige et les 7 Nains, Cendrillon, Pinocchio, Peter Pan, Toy Story, La Reine des Neiges, Là-Haut, Star Wars, Avatar, Avengers, The Lone Ranger, Tomorrowland, Steamboat Willy et tous les courts-métrages Disney, Piper et tous les courts-métrages Pixar produits à ce jour… pour ne citer que ces quelques exemples. Que l’on aime ou non les productions Disney modernes, ouvrir Disney+ c’est ouvrir une boîte à émerveillement instantané. Et ce, pour plusieurs générations. Des séries qui ont certainement bercées votre enfance (Spider-Man, X-Men, La Bande à Picsou, La Cour de Récrée…), des comédies familiales qui vous ont marqués enfants et/ou adolescents (À Nous Quatre, Mean Girls…), des comédies familiales aujourd’hui cultes (Maman j’ai raté l’avion, Madame Doubtfire, La Mélodie du Bonheur, Docteur Dolittle, Sister Act, Qui veut la peau de Roger Rabbit…) des blockbusters spectaculaires qui vous ont émerveillés (Pirates des Caraïbes, X-Men, Avengers, Avatar…). Avoir à sa disposition en moins de trois clics des films et des séries qui nous ont divertis, émerveillés et permis de nous évadés de notre quotidien le temps d’un visionnage à quelque chose de l’ordre de l’incroyable.

Lorsque l’on prend un abonnement à Disney+, l’on sait à quoi s’attendre. L’on sait ce que l’on va pouvoir voir et ne pas voir. Des productions familiales, bon enfant, ainsi que du grand spectacle. S’ils avaient annoncé en amont ne pas vouloir intégrer de productions Rated-R, il est tout de même dommageable de ne pas découvrir une sous-catégorie « Films Rated-R », surtout avec une plateforme qui dispose d’un système de classification aussi pointilleux. A chaque lancement de films ou d’épisode de série (animé ou en prises de vues réelles), la plateforme vous rappel la classification de l’oeuvre pourquoi elle ce classement. Ce qui nous amène à parler de l’accessibilité pour nous petites têtes blondes. Qui dit Disney dit évidemment cinéma d’animation pour les plus jeunes, mais également programmes Disney Channel par exemple. Et à ce niveau, difficile d’émettre une quelconque critique négative envers le travail réalisé sur Disney+. En effet, lors de la création d’un compte ou de la modification d’un compte, vous avez la possibilité d’en faire un compte enfant. Ce dernier ne va pas seulement supprimer le contenu pouvant heurter la sensibilité des très jeunes, il va dévoiler un tout nouveau système de classification. Pour ne pas dire une toute nouvelle plateforme. Couleur de fond plus douce, des icônes plus rondes, mais également des catégories et sous-catégories à la fois drôles et plus parlantes. Création d’une catégorie « Princesses », « Mickey et ses Amis » ou encore « Super-Héros » tout en conservant la catégorie « Action et Aventure » sous le regard héroïque de Buzz l’Éclair de Star Command. Très certainement le profil pour enfant le plus soigné et le plus agréable existant à ce jour. On en attendait pas moins de la part de la firme aux grandes oreilles. Ne serait-ce que pour ça, Disney+ pourrait avoir dans le futur une belle place au cœur des foyers ou résident un ou plusieurs enfants.


Ou sont les indépendants ? Si effectivement Disney+ est une excellente plateforme de vidéo à la demande pour le public cible (celles et ceux qui cherchent du divertissement familial), qu’en est-il de l’autre public ? Ce public de puristes, et de curieux, simplement à la recherche de ces œuvres dernièrement achetées par la firme Disney. On pense allègrement au catalogue 20th Century Fox et ses studios Fox Searchlight et Fox 2000, fermé le 22 mars 2019 pour ce dernier. Si les comédies et films familiaux sont présents sur la plateforme (Percy Jackson, L’Odyssée de Pie ou encore Le Diable s’habille en Prada), verront nous un jour les drames ? Ces grands films signés Steven Spielberg ou Terrence Malick; ces franchises telles que La Planète des Singes ou Alien; ces séries telle que This is Us ou Buffy contre les Vampires. Des programmes pour le moment jugés trop violent pour une plateforme comme Disney+. On comprend mieux pourquoi une suite (ou remake déguisé en fausse suite) à la dernière trilogie La Planète des Singes, a dernièrement été officialisée.

Des mêmes puristes et cinéphiles qui seront néanmoins heureux de remarquer un grand nombre d’extras qui ornent les pages de visionnement de certains films. Tous les films d’animations Disney et Pixar se voient offerts avec bons nombres de contenus bonus présents sur les dernières versions Blu-Ray des films dont il est question (de Blanche Neige et les 7 Nains au plus récent La Reine des Neiges 2). Du contenu toujours très intéressant, à l’image de quelques documentaires exclusifs à la plateforme, présentant les coulisses de créations des productions Disney. Programmes très corporate évidemment, mais néanmoins intéressants pour celles et ceux qui s’intéressent au cinéma et veulent aller plus loin que le visionnement des œuvres.

A ne pas omettre les quelques soucis d’algorithmes que l’on a pu recensé. Comme tout bon studio de production qui se veut avant tout attirant, Disney laisse ses fonds de tiroir dans des zones d’ombres bien moins faciles d’accès que ses grands succès. On pense à la sainte trinité A La Poursuite de Demain, The Lone Ranger et Tron L’Héritage, films en prises de vues réelles de grande qualité chacun dans leur domaine respectif (tout en demeurant du cinéma d’action et d’aventure). Des films qui pourraient être mis en avant dans une sous-catégories Œuvres Méconnues par exemple. Il en va de même pour le très récent Jean-Christophe et Winnie ou encore les films d’animation Dinosaur, Atlantide l’empire perdu ou encore Kuzco l’empereur mégalo, moins mis en avant que ceux qui sont jugés comme des classique du catalogue Disney. Un effort peut être fait à ce niveau ci, tant ce sont des œuvres souvent inconnues ou mésestimées.

Des œuvres proposées dans de nombreuses langues, mais pas toutes. Pour continuer et terminer, on omettra pas de parler de la large proposition de Disney+. À l’image de ses homologues, Disney+ propose un large choix de langues et de sous-titres (avec la possibilité de modifier à chaque fois la taille et la police d’écriture des sous-titres) pour toutes les œuvres proposées. Néanmoins, certaines ne disposent pas de toutes les langues. On note par exemple le manque d’un doublage français pour un film comme Peter Pan ou une série comme Spider-Man pour ne citer qu’eux. De réels manques qui devraient pouvoir être mis à jour avec le temps. Côté technique, si Disney a pensé à celles et ceux qui disposent d’écrans Ultra HDR avec quelques films et séries en 4K et UHD (voir liste plus bas), ils semblent avoir négliger celles et ceux qui ne disposent pas d’une large bande passante. Impossible de modifier la qualité du film que l’on visionne et si la plateforme juge que votre bande passante est faible, elle ne vous laissera pas lancer le visionnement. Remarque à confirmer avec le temps et l’utilisation de la plateforme de plusieurs manières. Ce test a été réalisé à partir d’une connexion à 15Mbits/s non-fibré, mais câblé en direct sur un écran intelligent Samsung UHD 4K.


Update France par @emmanuelcalafiore

Ce devait être le grand chambardement… le bouleversement ultime de la SVOD dans notre pays, l’arrivée de Disney+ le 24 mars. Résistant un maximum, la firme aux grandes oreilles ne voulait pas décaler la sortie du service de streaming malgré les appels du pieds du gouvernement français. D’un côté, en période de confinement, cela permettait de distraire les familles plus rapidement… de l’autre, c’est aussi une demande pour réduire le flux internet. Depuis que la France est confinée, les plateformes Netflix et Amazon se sont pliées aux exigences françaises : fin de la HD pour leurs films et séries afin d’éviter le ralentissement du net. Disney a tenu bon mais la menace de faire intervenir les opérateurs Orange, SFR, Bouygues et Free pour réduire le débit de la bande passant, empêchant ainsi la 4K Ultra HD des films Disney (seulement une petite dizaine pourtant) a eu raison du calendrier.

Désormais la plateforme de streaming Disney+ arrivera le 7 avril… mais il semble que cette annonce ne concerne que la France et non les autres voisins européens. Kevin Mayer, responsable de la division Direct to consumer de Disney affirme vouloir « soutenir l’effort collectif pour le bon fonctionnement des infrastructures à haut débit. » Pour vérifier que tout soit au point pour le lancement du 7 avril, Kevin Mayer a annoncé que dans les prochains jours, la firme surveillera « le trafic internet et (travaillera) en étroite collaboration avec les fournisseurs d’accès pour, si nécessaire, réduire davantage les débits et nous assurer qu’ils ne sont pas surchargés par la demande des utilisateurs. » En prenant cette sage décision, Disney devrait encore en sortir renforcé par la suite en France. À noter que ce report concerne uniquement la France. Les lancements prévus au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne et en Allemagne auront bel et bien lieues le 24 mars 2020 comme prévu.


Disney+ est une énième plateforme de vidéo à la demande, mais elle est une excellente plateforme de vidéo à la demande. Si on regrettera le manque de diversité due à la non-volonté de proposer des films dramatiques et pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes, difficile de ne pas cacher son plaisir devant ces classiques. Devant des classiques du cinéma d’animation, devant des comédies et films à grand spectacles qui ont bercés tant de génération. Il y a des choses à revoir, des manques à combler, mais avec son catalogue attrayant et sa plateforme extrêmement bien conçue afin d’être la plus accessible possible, Disney+ vise juste. Disney+ vise son cœur de cible et plus encore. Arriveront-ils à maintenir le cap sur la longueur, arriveront-ils à se renouveler ? Et allons nous finalement nous lasser de voir sans cesse le même genre de films ? Certainement que oui, mais ça, seul le temps nous le dira.


Comment accéder à Disney+ ?

  • Via votre box internet via l’application My Canal (aucun accord actuellement en vigueur avec Orange, SFR ou encore Free).
  • En téléchargeant directement l’application Disney+ sur votre mobile, tablette ou box multimédia (Apple TV, Shield TV, Fire TV, Android TV…).
  • Mais également via les systèmes intelligents et indépendants tels que ROKU, Chromecast, PlayStation 4 pour Sony, Xbox One du côté de chez Microsoft et Téléviseurs connectés si vous posséder un téléviseur indépendant LG ou Samsung.

Création de Comptes

  • Possibilité de créer et partager jusqu’à 7 comptes sur une même adresse mail. Possible de regarder sur plusieurs écrans tout en utilisant le même compte.

Tarif par mois

  • 8.99$/mois outre-Atlantique contre 6.99€ pour un mois en France

Tarif à l’année

  • 89.99$/année outre-Atlantique contre 69,99€ pour une année en France

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