Desert Dancer (Critique | 2016) réalisé par Richard Raymond

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Synopsis : “L’histoire vraie d’Afshin Ghaffarian, un jeune homme qui a tout risqué pour accomplir son rêve de danseur, dans un Iran où la danse est interdite, et où la jeunesse s’enflamme et exprime son besoin de liberté.”

Premier long-métrage pour Richard Raymond, qui jusque-là avait “uniquement” réalisé un court-métrage nommé The Bridge et produit un film nommé Heartless. Un film aux accents dramatiques, et qui empruntait au fantastique, réalisé par Philip Ridley avec Jim Sturgess et Clémence Poesy. Pour son premier film en tant que réalisateur, Richard Raymond s’attaque à une histoire basée sur des faits réels. C’est maintenant de plus en plus courant, et par moment on en vient presque à être étonné de voir des films aux histoires originales. Cependant, il y en a qui ont le mérite de ne pas chercher à faire de l’argent avec simplicité en usant de noms célèbres en faisant des biopics “faciles”. C’est le cas notamment avec ce Desert Dancer, qui nous retrace l’histoire vraie d’un jeune iranien passionné de dance, mais qui a l’obligation de se cacher dans son propre pays pour pouvoir assouvir ses envies et pratiquer sa passion. Desert Dancer, un film Chrysalis Films qui sort dans l’ignorance la plus totale sur quelques écrans français et c’est bien dommage.

Qu’on se le dise, Desert Dancer, n’est pas le film du siècle. Ce n’est pas le film qui va vous mettre une baffe technique ou même scénaristique. Usant de codes narratifs déjà existants, le film ne surprend pas à ce niveau. Une narration linéaire, avec un prologue sous forme de flash-forward afin d’indiqué qu’il va arriver quelque chose au protagoniste. Quelque chose de douloureux et difficile. C’est désormais monnaie courante au cinéma et c’est regrettable, car on dévoile aux spectateurs un élément de séquence qui pourrait être surprenant. Un rebondissement qui ne se transformera à son arrivée dans la dernière partie du film qu’en un simple : “Ah oui, c’est ce qu’on a vu au début”. Un élément narratif qui n’est pas nécessaire dans le cadre de ce film, puisque les éléments prédominants se situent dans sa première heure. Sur les, un peu plus de une heure et trente minutes qui font sa durée, tout ce que l’on va retenir, sans compter l’aboutissement final, réside dans la contextualisation de l’histoire. Desert Dancer est un film où l’art trouve une noble place. L’art y est décrit comme meurtri, comme un moyen de divertissement et de plaisir, banni d’un pays où le régime politique en place ne souhaite que la répression. La force du film réside dans sa manière d’opposer l’art au régime politique iranien qui nous est décrit. De mettre face à face, un art visuel gracieux à un système politique qui mise sur la peur et la violence.

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Même si son scénario n’étonne en aucun cas le spectateur, c’est son histoire qui le marquera à son siège. Une histoire on ne peut plus simple, mais dont les arcs narratifs principaux vont être représentés par des séquences de dance. La rencontre passionnelle entre Afshin et Elaheh, la passion de Afshin pour la dance et l’opposition entre l’art et la violence. Ces trois éléments qui constituent l’essence même de l’histoire du film vont être représentés par des séquences de danses. Des danses aux chorégraphies gracieuses et élégantes. De véritables moments de fraîcheur enfermant littéralement les danseurs dans une bulle qui ne peut-être traversées par les problèmes politiques et sociaux qui les entourent. C’est l’art et leur passion pour cet art, qui les sauve et leur permet de se libérer de tout. Une ode à la liberté et à l’assouvissement des passions envers et contre tous qui fait du bien.

Une première réalisation c’est toujours le moment pour un apprenti cinéaste de s’essayer à ce qu’il souhaite. De faire tout et rien à la fois. Et c’est ce que met en oeuvre Richard Raymond. Une réalisation quelconque, mais qui fonctionne et aux cadres suffisamment soignés pour mettre en image et embellir l’action. Les cadres sont beaux, les mouvements fluides et amples lors de chorégraphies. On n’en demande pas plus pour que l’émotion passe au travers de l’image. Si ce long-métrage est aussi charmant et charmeur, c’est grâce à ses principaux interprètes. L’énergie et l’émotivité que dégagent Reece Ritchie et Freida Pinto est remarquable. Des acteurs qui donnent du corps et du caractère à des personnages qui en veulent. Des personnages aussi lumineux que se veut être le film. Un film énergique, gracieux et solaire à l’image de la pensée du protagoniste. Comme une envie de changer les choses et de rendre la vie des Iraniens plus belle, grâce à la pureté d’un art. Un art comme la danse, qui peut être à la fois doux et intense. Élément élégamment retranscrit par un montage qui n’est pas en pilotage automatique et focaliser sur l’action. Montage didactique oui, mais qui durant les séquences de danse, cherche avant tout à embellir les mouvements, et ce, même s’il faut faire durer les plans et ne pas faire de plans de coupe. Chose qui aujourd’hui est de plus en plus rare.


En Conclusion :

Desert Dancer, un film solaire et énergique dans lequel l’art fait face à une violence physique et politique. Un drame social, à la mise en scène et la réalisation convenue, mais aux séquences de dance gracieuses. Légères et brutales à la fois, les séquences de dance comportent l’entièreté des émotions que peuvent ressentir intérieurement les protagonistes. La réalisation et les chorégraphies minutieuses retranscrivent avec justesse ces émotions transmises par les belles performances de Reece Ritchie et Freida Pinto. Un film qui ne marquera pas l’histoire, mais qui, par son histoire et son énergie solaire, vous fera passer un moment agréable.

[usr 3.5]


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