Departure réalisé par Andrew Steggall [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Beatrice et son fils passent une semaine dans une maison de vacances, dans un coin isolé du sud de la France. Le jeune Elliot fait la connaissance de Clément, un adolescent mystérieux, qui poussera peu à peu Elliot et sa mère à affronter leurs désirs. Pour chacun, c’est un changement profond qui se profile…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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J’aime découvrir les premiers films au cinéma. J’adore vous les proposer et remarquer les fêlures, les blessures. Également, les petits défauts et au final les grands moments, le souffle. Et surtout la naissance d’un univers, la découverte d’un talent ou de talents. Parfois quand on découvre un premier film, il peut être parasité par la star qui cherche à amener le nouveau réalisateur vers la lumière. Ici, les visages semblent familiers. On a déjà vu ces acteurs, mais où ? Quand ? C’est cette familiarité qui vous berce, vous emmène dans leur histoire sans l’écraser. Departure est un premier film simple, beau, mais loin d’être léger : la fin d’un été, la fin d’un amour, le commencement d’un autre, la fin de l’adolescence pour une plongée dans l’âge adulte. Et c’est parce que cette histoire est universelle, intemporelle qu’elle touche au cœur. Pourtant, croyez-moi, ce n’était pas gagné tant Andrew Steggall fait preuve d’une patience infinie pour installer les personnages, la crise qui couve. Au point que les premiers plans pourraient laisser pointer l’ennui, mais…

Elliot et Beatrice : le calme avant la tempête…

… mais l’ennui n’est jamais aussi beau que lorsqu’il est filmé avec patience comme dans des tableaux. Andrew Steggall a deux talents qui explosent dans son premier film. Le fait de savoir placer sa caméra pour bénéficier de la lumière naturelle et créer de véritables moments picturaux. Et ensuite le fait de proposer de la musique qui vous hante à la sortie de la salle de cinéma. Que ce soit Oliver Daldry pour une balade folk ou l’extrait de l’opéra d’Antonín Dvořák, la Rusalka dont le sens prend toute son importance. Soit l’histoire d’une nymphe qui veut devenir un être humain pour être embrassée, aimée. Tout ce qu’attendent Elliot et Beatrice (magnifiques Alex Lawther et Juliet Stevenson). Ce fils et cette mère qui se retrouvent dans cette maison du Sud de la France qui va être vendue. Cette maison qui fut celle de l’engagement de Beatrice et de son mari parce que l’amour n’était plus là. Mais depuis quand ? Depuis l’origine sans doute ?!

Departure est un film sur les secrets de famille. Ils sont cachés dans l’armoire, et les parallèles avec le rêve d’amour d’Elliot pour Clément (magnétique Phénix Brossart), jeune rebelle parisien chez sa tante pour ne plus être violent avec les infirmiers s’occupant de sa mère. De la rencontre de ces deux écorchés vifs va naître un amour qui pourrait prendre forme si… si la mère d’Elliot ne vient pas semer la pagaille dans cette rencontre avec ce faux dur. Dureté des affrontements entre le fils et la mère, entre les deux ex-époux (Finbar Lynch incarne un époux et père froid), entre les deux adolescents se concluant le temps de la fin d’un été. Parce qu’Andrew Steggall prend son temps, il arrive à vous emporter avec une simple feuille qui s’envole, avec un brasier composé des souvenirs, avec un regard sur ces gouttes d’eau ruisselant sur un corps défendu, de rayons de soleil qui jouent sur les visages. Et surtout le vide de ce petit village : peu d’habitants finalement, peu de mouvements pour tenter de remplir ce vide avec ceux qui restent.

En résumé, touchant sans être larmoyant, Departure est un véritable coup de cœur. Une histoire d’amour adolescente tardant à éclore, pour permettre à une mère et son fils de se comprendre, enfin… Réalisateur à suivre, Andrew Steggall filme la fin d’un été dans des scènes dignes de peintures naturalistes afin de suivre ces corps qui se cherchent, s’apprivoisent pour peut-être s’aimer.

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