Deep Blue Sea 3, série b de compétition en eaux douces

Synopsis : « Emma Collins, une éminente biologiste marine, et son équipage ont installé un laboratoire au milieu de l’océan, au-dessus d’une ville insulaire qui a été engloutie, afin d’observer l’accouplement des grands requins blancs. Malheureusement, les requins-taureaux améliorés sont également là avec leur propre objectif d’évolution : se croiser avec les grands requins blancs, plus imposants et plus rapides, afin d’engendrer une nouvelle race de squales. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Stand alone (suite sans aucun rapport) au film réalisé par Renny Harlin, aujourd’hui considéré comme culte par les amateurs du genre, Deep Blue Sea 2 affichait sans modération les tares du long-métrage fauché et prétentieux. La prétention de chercher à reproduire ce qui avait été fait dans le premier film et jouer uniquement sur la notoriété de ce dernier. Beaucoup trop sérieux dans sa manière de mettre en scène les attaques de requin. Trop sérieux dans sa manière de capitaliser grossièrement sur ses moments de suspense qui amenaient aux attaques tant attendues. Développé et réalisé comme un thriller à suspense tout en reposant sur le scénario d’une série b dont la moindre intention provient du film originel. Un nanar qui ne s’assume pas, et qui par déduction, peinait à divertir à cause d’un réel manque de second, voire troisième, degrés.

Il aura fallût moins de deux ans à la filiale Home Entertainement de chez Warner Bros. pour produire et sortir dans l’indifférence la plus totale, un troisième opus sobrement intitulé Deep Blue Sea 3. Cette fois écrit et réalisé par John Pogue, scénariste à qui l’on doit les scénarios des films U.S. Marshals, Rollerball et Le vaisseau de l’angoisse, Deep Blue Sea 3 s’annonçait, rien qu’avec son marketing, comme une série b. Affiche qui ressemble à une note d’intention de marketing pour aller chercher du financement, bande annonce qui arbore des catch phrases mémorables (The more we mess with nature, the harder it bites back) et qui dévoile de bien belles pirouettes et explosions. Un programme réjouissant pour une série b du samedi soir, mais s’assume-t-il en tant que tel ?

Installés sur une île laboratoire artificielle en plein milieu de l’océan, une biologiste (youtubeuse à ses heures perdues) et son équipe, étudient le développement des grands requins blanc. Jusqu’au jour ou des requins-taureaux améliorés viennent semer le trouble. Difficile de croire à la bonne volonté d’un scénariste qui se prend allègrement au sérieux avec un tel synopsis. Le second degrés se doit d’être omniprésent et l’amusement garanti. Scénariste derrière U.S. Marshals ou encore Rollerball, John Pogue est également le scénariste à qui l’on doit l’inénarrable En Quarantaine 2. Suite du remake américain du film d’horreur espagnol Rec, En Quarantaine 2 fait parti intégrante de la liste des films d’horreur les plus ratés de l’histoire. Pitoyable sur bien des points, là ou le premier film avait la décence d’avoir quelques petites idées de mise en scène afin de contenir, et de développer, une ambiance angoissante. Scénariste capable de tout, pour un film qui s’adresse à un public bien spécifique. Ces films qui font sourire et pouffer de rire grâce ou à cause, de choix de mise en scène ou d’écriture ridicules. Ces films aux histoires déjà contées et dont chaque rebondissement scénaristique va pouvoir être prémédité par le spectateur. Ces films qui se vivent et prennent tout leur sens dans des séances collectives ou le rire et le plaisir, devient communicatif d’un spectateur à l’autre.

Deep Blue Sea 3 est de ces films là, de ces films de genre qui offrent aux spectateurs ce qu’ils sont venu chercher. Qui offrent aux spectateurs ce qu’il veut à chacun des moments. Si Deep Blue Sea 3 navigue en eaux troubles durant ses laborieuses 45 premières minutes de contextualisation, il suffira d’une première mort pour que la machine se lance. Une première mort aussi hilarante que spectaculaire pour comprendre que oui, Deep Blue Sea 3 est un film d’action qui ne se prend aucunement au sérieux. Et ce, sans sombrer dans le potache ou le comique facile. Le rire est amené par des choix de mise en scène écrits et amenés en fonction de ce que voudrait voir ce type de spectateurs bien précis. Chaque situation y est prévisible, car écrit de cette manière. On sait que ça va arriver, on veut que ça arrive. Aucune émotion, aucune empathie pour des personnages archétypaux qui n’ont pas d’histoire ou de caractère, mais le plaisir de les voir mourir de la manière dont le spectateur le souhaite. Mourir avec panache, mais surtout de la manière la plus drôle et divertissante qui soit, tout en restant spectaculaire.

Contrairement à la fameuse saga des Sharknado qui abusait de son positionnement de nanar assumé (l’inverse même de la définition du nanar) afin de se dédouaner de toutes cohérences scénaristique ou artistique dans le simple but de faire n’importe quoi, Deep Blue Sea 3 est un généreux nanar. Un nanar à l’écoute du spectateur amateur du genre, un nanar qui offre à ce dernier un intense climax de 45 minutes où se chevauchent combat à main nue, explosions, plongée avec les requins et de belles morts spectaculaires. Avec son histoire inintéressante qui cache ses réelles intentions derrière un laborieux message écologiste, Deep Blue Sea 3 ne peut que difficilement être qualifié de bon film. Il n’y a rien de bon à faire avec une telle histoire, avec de tels personnages, mais le plaisir est là. Le plaisir de découvrir une oeuvre généreuse dans ses moments d’action et à l’écoute du spectateur, amateur du genre. Une oeuvre qui porte à croire qu’elle s’assume comme telle, comme un film d’action à prendre au second, voire troisième degrés.


Actuellement disponible sur les plateforme de vidéo à la demande aux États-Unis et Canada.

« Deep Blue Sea 3 s’adresse aux amateurs de séries b aux accents nanardesques. Du combat, des explosions, des pirouettes et des morts aussi spectaculaires que ridicules. Un film à l’écoute des spectateurs amateurs du genre. »

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