[Décryptage B.O] Un Petit Boulot par le compositeur Mathieu Lamboley

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Synopsis : « Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L’usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers… »


[SPOILS] Cet article dévoile des passages clés de l'intrigue

Mathieu Lamboley , malgré une carrière encore à ses prémices, est déjà un habitué de la comédie française. Il a travaillé pour les films Lolo, en début d’année, mais aussi Toute Première Fois, et Libre et Assoupi. Si ces bandes originales n’ont pas laissé de trace inoubliable c’est pour deux raisons principales.

En effet, bien qu’elles soient toujours agréable à écouter, il y’a d’abord dans le cas de Toute Première Fois une avalanche de chansons empruntées qui viennent noyer les bribes d’inspiration du compositeur. Ce qui est (hélas, peut être) fréquent dans les comédies françaises récentes. Un distributeur mise sur la popularité d’un artiste pour ramener du monde en salle, et l’artiste y trouve son compte (Black M pour Aladin, Maître Gims pour Camping 3, etc).

Pour les films Lolo et Libre et Assoupi c’est la deuxième raison qui gâche le plaisir : la durée des thèmes. Presque aucun morceaux signé Mathieu Lamboley seul ne dépasse les deux minutes. Il est alors difficile de juger de leur qualité, tant l’écoute est brève.



Qu'en est-il pour Un Petit Boulot ?

Cette nouvelle B.O évite de mettre en avant une chanson d’un artiste à la mode pour offrir des thèmes aux personnages et aux situations. Par exemple le thème principal et ses différentes expositions, attribués au personnage de Jacques, entrent une résonance avec les thèmes se rapportant à son ami Tom (Gustave Kerverne) et au personnage d’Anita (Alice Belaïdi). Ceux ci sont des variations du thème de Jacques et le lient de manière inconsciente à son entourage. Par ce procédé en apparence simple, Mathieu Lamboley souligne que tous les personnages sont dans la même situation et s’entraident. Mais aussi et surtout que Jacques agit pour ceux qu’il aime. Une production moins inspirée aurait pu par exemple remplacer ces thèmes par des balades acoustiques à l’attrait commercial certain mais, à l’évidence, moins pertinentes.

Lorsque l’on a saisi le procédé, la musique du film change du tout au tout en proposant des pistes flamenco. Un style hispanique lorsque les personnages se retrouvent en Espagne jusque là rien d’anormal. Si la première piste flamenco contraste avec les précédentes pour marquer le dépaysement, les suivantes vont ré-introduire le motif mélodique de Jacques, pour sous entendre qu’il s’est intégré à sa manière.

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Cela a pour avantage d’instaurer au fur et à mesure une ambiance propre au film, composée d’un mélange entre pop, musique de polar et flamenco. Ce choix donne à l’ensemble une cohérence globale, là où la comédie privilégie souvent les point de synchro.
L’intelligence de la bande originale d’Un Petit Boulot est de contourner les pièges, et notamment celui de la facilité.

Une mandoline qui joue en trilles dans un restaurant italien et qui plus est avec un parrain local de la mafia c’est un lieu commun. Mais au lieu de verser dans l’hommage appuyé à la musique du Parrain de Nino RotaMathieu Lamboley fait jouer le thème principal. C’est d’autant plus remarquable que la scène en question marque le moment ou Jacques (Romain Duris) accepte de tuer la femme de Gardot (Michel Blanc) et donc, bascule dans le monde du mafieux. Lorsqu’un accident déclenché par l’un entraîne l’autre à tuer un des hommes de main, le thème principal est repris mais la mandoline remplace la guitare électrique pour jouer la mélodie. Les deux hommes ont à ce moment le même destin, et Jacques est complètement familier des méthodes mafieuses.

La durée moyenne des pistes est toujours courte, moins de deux minutes. Mais on peut expliquer cela par une utilisation sporadique de la musique dans le film. Elle va surtout fluidifier les transitions entre les séquences. Rien d’exceptionnel en soi mais l’écueil de l’illustration accompagnant la chute de chaque blague est évité, pour ne pas tomber dans la lourdeur. L’orchestration légère (peu d’instruments) ramène à une certaine simplicité des personnages et à leurs ambitions modestes. Ce qui, avec les dialogues, rend les situations moins pesantes, lorsque l’on en vient aux meurtres, apportant ainsi des contrepoints bienvenus.


Conclusion :

Avec Un Petit BoulotMathieu Lamboley signe une B.O rafraîchissante et inspirée qui, sans rien révolutionner, est cohérente et efficace. Cette carrière encore prometteuse ne devra pas être freinée par une timidité (?) qui prive l’auditeur de morceaux plus larges à se mettre à l’oreille.

Bande Originale envoyée par l’éditeur afin de rédiger cet article.
Bande Originale éditée par Milan Music, disponible au prix conseillée de 12.99€.

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