Deadpool 2 réalisé par David Leitch [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « L’insolent mercenaire de Marvel remet le masque ! Plus grand, plus-mieux, et occasionnellement les fesses à l’air, il devra affronter un Super-Soldat dressé pour tuer, repenser l’amitié, la famille, et ce que signifie l’héroïsme – tout en bottant cinquante nuances de culs, car comme chacun sait, pour faire le Bien, il faut parfois se salir les doigts. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Si fondamentalement n’importe qui pourrait revêtir son costume pour former une armée de Deadpool, il fait office d’exception et de personnage unique face à ceux du Marvel Cinematic Universe. Décomplexé, irrévérencieux, abjecte envers les autres, mais pas dénué d’humanité pour autant, Deadpool est unique et c’est pour ça que le public l’aime tant. Face à une armée de personnages trop occupés à éviter que toutes les races vivantes dans notre galaxie ne soient annihilées, Deadpool fait sa vie, combattant quelques méchants gangsters de temps à autre afin de se dégourdir les jambes. Faites du sport ! Fort d’un superbe succès, tant sur le territoire américain (363 millions de dollars de recettes), ainsi qu’à l’international avec pas moins de 783 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 58 millions de dollars, il est sans surprises de voir ce long-métrage s’octroyer une suite à peine deux ans après sa sortie. Sobrement titré Deadpool 2 (pourquoi toujours faire compliqué ?), le film repose sur un postulat on ne peut plus simple : Bigger is Better. Reprendre le ton du premier film, cette irrévérence et son aspect méta que le public a tant aimé, mais aller encore plus loin, et ce, sur tous les aspects. Des promesses, des promesses et encore des promesses, mais qu’en est-il au final ?

L’outrance de son protagoniste, ce ton désinvolte ou encore l’audace de réaliser puis produire une œuvre aussi volontairement provocante, tels sont les quelques caractéristiques qui avaient permis à Deadpool premier du nom de charmer son public. Un public en mal de comédies super-héroïques dont l’aspect méta et la corrosivité de l’humour n’ont pas d’égaux. Longtemps jugé inadaptable, surtout en des temps où le cinéma populaire n’a jamais été aussi lisse, Deadpool avait réussi à prouver le contraire avec un film hilarant si l’on adhère à ce style d’humour méta, potache, juvénile, insolant, irrévérencieux, lourd et on pourrait longuement continuer. Cependant, si le personnage principal portait avec force et envie l’œuvre dans son intégralité, cette dernière souffrait d’un scénario laborieux, d’une réalisation factuelle, d’une mise en scène extrêmement pauvre, ainsi que d’un rythme oscillant entre scènes d’action endiablées et un besoin maladif de combler entre les « set pieces d’action » parce que oui, il fallait bien raconter comment Wade Wilson est devenu Deadpool. Somme toute, un film d’introduction réalisé par un cinéaste qui manquait d’audace. Deux ans après, WadeDeadpoolWilson et le public ne font qu’un à l’image de deux belles pièces tirées du jeu Tetris, qui n’attendent qu’une chose : se rejoindre sous le feu des projecteurs. Ce que les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (déjà tous deux scénaristes du premier film), accompagnés par un certain Ryan Reynolds (encore une fois excellent, le lycra lui va comme un gant) ont très bien compris. Maintenant que les présentations sont faites, c’est le moment de produire un show sans retenue, de se sortir les doigts et de marquer au fer rouge le spectateur.

“Toujours aussi irrévérencieux et méta, tout en étant plus nerveux et visuellement soigné, Deadpool 2 surpasse son ainé de la plus belle des manières.”

Vous avez aimé Deadpool premier du nom ? Vous allez adorer Deadpool 2. Toujours aussi méta et irrévérencieux, pour ne pas dire encore plus régressivement coupable dans les blagues et autres références, Deadpool 2 pousse le curseur à son maximum. Un maximum qu’il ne pourra dépasser en l’état, grâce, et non pas à cause puisque c’est tout à son honneur, à un scénario qui en fait toujours plus sans se soucier de ce qu’il renvoie. Le but est de faire rire, de divertir le public qui avait répondu présent lors de la sortie du premier film. La surprise n’est plus, remplacée par une surenchère d’humour (encore une fois l’irrévérence et l’aspect méta), d’action, mais également d’émotion. Puisque oui, si Deadpool premier du nom était un film d’action romantique dans son fondement, Deadpool 2 est un film d’action familial. Voici le moment où on ne dira rien de plus pour éviter toute révélation pouvant entacher votre plaisir devant la découverte du film. S’il ne surprend malheureusement pas à cause d’une structure narrative à l’identique de celle utilisée pour le premier opus, Deadpool 2 possède son lot de rebondissements scénaristiques. Choix scénaristiques caractérisables comme audacieux et intéressants pour certains afin de permettre au film d’avoir un véritable impact émotionnel, alors que d’autres laissent un arrière-goût amer. Cette saveur de facilités scénaristiques permettant de résoudre certains choix avec de simples claquements de doigts et sans avoir à prendre des décisions qui pourraient avoir de véritables impacts. Impacts tant sur l’avenir de personnages, que sur le développement de leurs backgrounds et états émotionnels. Saveur peu agréable que l’on ressent (trop) fréquemment dans ce genre de production. En subsiste tout de même un scénario qui n’est pas composé uniquement de « set pieces d’action », mais qui comporte bel et bien de beaux moments (d’humour et d’émotion) en dehors de ces dernières.

Si l’humour et l’émotion sont au rendez-vous, il ne faut pas omettre l’action. Sur ces deux heures de durée (2h00 on ne peut pas faire plus beau), Deadpool 2 surclasse allègrement son premier opus grâce à une nervosité généreuse oscillant subtilement entre moments de repos et les fameux « set pieces d’action » bien énervés. David Leitch succède à Tim Miller et apporte avec lui l’expérience accumulée sur les très récents John Wick et Atomic Blonde. Si d’un point de vue technique le cinéaste déçoit légèrement à cause de chorégraphies moins gracieuses (même si lisibles, impressionnantes et exploitant magnifiquement les capacités de chaque personnage) ainsi que d’une réalisation plus factuelle qu’à l’accoutumée, sa mise en scène n’en demeure pas moins intense. Rarement statiques, si un personnage arrête son mouvement, un autre voire plusieurs viendront prendre le relais afin de relancer la dynamique. Nombreux à l’écran, les personnages ne sont pas tous logés à la même enseigne, mais les principaux (Deadpool, Cable et Domino) sont épaulés par une pléiade de seconds rôles dénués de background, mais dont l’intérêt réside dans la façon dont ils vont être utilisés par Deadpool. Encore et toujours, Deadpool est le centre névralgique du film, tous sont là pour lui permettre de faire le show pour le meilleur comme le pire.

Si les suites sont rarement meilleures que les premiers films, Deadpool 2 à l’honneur d’intégrer la liste des exceptions. Toujours aussi décomplexé et irrévérencieux, Deadpool 2 pousse le curseur à 200% sur tous les aspects et arrive même à surprendre avec des moments d’émotion. Entre ses références attendues, mais jubilatoires à entendre, son rythme intense, ses scènes d’action énervées exploitant avec justesse les capacités de chaque personnage, son lot de personnages haut en couleur et sa direction de la photographie du plus bel effet nous permettant d’oublier les couleurs ternes et fades du premier film (étalonnage hollywoodien avec une colorimétrie qui mise énormément sur les tons pop et chatoyants pour créer un contraste très prononcé), Deadpool 2 provoque le plaisir attendu par les amateurs du premier film. Malheureusement, on regrettera un découpage trop frénétique, une histoire feignante, ainsi qu’une bande originale qui n’a aucun impact. Le rythme du film n’est pas créé par la bande originale, mais bien par le phrasé d’un Deadpool en roue libre et qui ne cesse à aucun moment de parler. Souvent pour ne rien dire, mais c’est comme ça qu’il arrive à agacer ses compères pour mieux nous faire rire. Oubliez Avengers : Infinity War, préférez lui Deadpool 2 pour passer un moment doux, sensible et charnel avec vos ami.e.s.


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